Les jours de tous les jours de Martine Delerm

Un superbe album à savourer au fil du temps

Album pour enfants dès 4 ans

Les jours de tous les jours de Martine Delerm 

Ed. D’eux, ill. Martine Delerm,

octobre 2024, 20,95$- 32p.

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Thèmes: temps, jours, enfance, jeux, quotidien

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Présentation de l’éditeur: “Il y a les jours de flocons, ceux de spaghetti à la napolitaine, de draps blancs dans le vent, de devoirs, de barbe à papa, de ces jours qui passent trop vite ou d’autres, trop pâles, trop lourds qu’on voudrait oublier. Une suite de jours, comme une recette qui prend goût une fois les ingrédients bien mélangés.”

 

Cet album, tout en douceur, explore les petits plaisirs mais aussi parfois les tracas du quotidien.

Au fil des saisons, cet album nous emmène dans une aventure qui titille les sens.

Le texte poétique imaginé par Martine Delerm nous fait revivre, le temps d’une lecture, les joies de l’enfance.

Ainsi, Les jours de tous les jours émeut par sa simplicité  et sa justesse.

Et tout cela magnifiquement illustré par l’autrice elle-même. Ses illustrations sont un véritable plaisir pour les yeux!

 

Tout en délicatesse et avec cette candeur propre à l’enfance, Les jours de tous les jours est un album très réussi que je vous recommande chaudement!

 

~Melissande~

 

+ De cette autrice, Nathalie vous a déjà présenté Antigone peut-être

+ Un autre album sur les joies et tracas du quotidien présenté par Hérisson: La vie en rose- La vie en gris d’Élisabeth Coudol

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Profitez en si vous ne connaissez pas pour découvrir cette maison d’édition québecoise les Editions d’Eux qui propose de très beaux livres : “Une maison d’édition qui considère la lecture comme un élément de transformation pour l’enfant. Des histoires fortes, des illustrations percutantes et le noble objectif de créer des lecteurs : voici D’eux.”

Pour capturer un crapaud magique de Pierdomenico Baccalario et Daniela Demurtas

Un très bel album , coloré et original!

Albums pour la jeunesse dès 4 ans

 Pour capturer un crapaud magique

de Pierdomenico Baccalario

et Daniela Demurtas

Ed. du Ricochet, ill. de Daniela Demurtas, octobre 2024, 16 euros

Thèmes: crapaud, magie, enfance, aventure, courage, vœu

 

Présentation de l’éditeur: “Coralie est triste, sa chienne a disparu sans laisser de traces… Il ne lui reste alors qu’un seul moyen pour la retrouver: partir en quête d’un crapaud magique pour exaucer son vœu le plus cher!”

 

Ce très bel album est un coup de cœur!

Tout en sensibilité et en finesse, Pour capturer un crapaud magique raconte la peine que l’on ressent face à une perte. Une des forces de cet album réside dans l’implicite.

En effet, par le biais d’illustrations et de quelques indices savamment distillés çà et là, on comprend dès les premières pages que Coralie est inconsolable depuis la disparition de sa chienne Luna.

Dans Pour capturer un crapaud magique, il n’y a pas de dialogues mais bien des indices dignes d’un ancien grimoire. Le but est de trouver un crapaud exauçant les vœux.

S’ensuit une aventure trépidante dans les bois où la fillette verra son courage et sa détermination mis à l’épreuve.

 

Étant une inconditionnelle des romans de Pierdomenico Baccalario, j’étais ravie de le découvrir dans un autre registre. C’est un véritable conteur et c’est un vrai plaisir de le lire!

Quant aux illustrations de Daniela Demurtas, elles sont splendides! Avec douceur et délicatesse, l’illustratrice nous emmène dans un univers où tout est possible (à condition de porter un chapeau violet!)

La première de couverture de Pour capturer un crapaud magique est parfaitement représentative du reste de l’album: en effet, les dessins sont tous très colorés. C’est un plaisir pour les yeux!

J’ai beaucoup apprécié cet album qui sort de l’ordinaire, je vous invite à le découvrir.

 

~Melissande~

 

+Le premier tome d’une des sagas de Pierdomenico Baccalario que j’ai adoré, présenté par Nathalie: La boutique Vif-argent 1 Une valise d’étoiles

+ Pour découvrir d’autres illustrations de Daniela Demurtas, c’est ici ou encore

Elle s’appelait Tomoji de Jiro Taniguchi

Un récit empreint de sensibilité admirablement illustré

Bande dessinée (manga) pour adultes

Elle s’appelait Tomoji

de Jiro Taniguchi

Scénario de Miwako Ogihara

Éditions Rue de Sèvres, octobre 2023, édition anniversaire 10 ans, 19 euros, relié, 176 pages

 

Thèmes: tranche de vie, Japon, temple

 

De cet auteur, j’avais déjà lu et apprécié La montagne magique. C’est pourquoi je savais que je ne serais pas déçue. En effet, les paysages illustrés sont à couper le souffle…  Taniguchi maîtrise parfaitement son art et sa renommée n’est plus à faire.

Il explore dans les moindres détails l’univers dans lequel évolue Tomoji Uchida. Dans Elle s’appelait Tomoji, Jiro Taniguchi nous invite à découvrir l’enfance de celle qui deviendra plus tard l’épouse de Fumiaki Itô. À eux deux, ils créeront un nouveau temple bouddhiste.

Le rythme est lent comme dans tout manga biographique qui se respecte, quelques planches en couleur enrichissent le volume. Les tons sont doux et invitent à la contemplation.

Dans Elle s’appelait Tomoji, plusieurs drames rythment l’adolescence de notre héroïne. L’auteur parvient toujours avec justesse à retranscrire certains sujets avec sensibilité. Ce sera la mort brutale de son père dans la fleur de l’âge qui précipitera la famille dans le désarroi et le dénuement. Par la suite, Tomoji fera différents choix qui la mèneront à son destin.

Pour être honnête, d’ordinaire je ne suis pas friande de récits biographiques mais Elle s’appelait Tomoji a piqué ma curiosité et je ne regrette pas de l’avoir lu. De plus, l’édition est magnifique!

Je pense malgré tout qu’il vaut mieux connaître le contexte afin d’apprécier ce manga à sa juste valeur. Malgré mon intérêt pour le Japon, je ne connaissais pas ce couple. Bien entendu, il y a toujours les notes explicatives de l’auteur en fin de volume.

On sent que Jiro Taniguchi a fait des recherches afin de reproduire le plus fidèlement possible la vie et l’environnement de Tomoji Uchida. Les illustrations sont vraiment très réalistes mais c’est un peu la patte de ce mangaka talentueux.

En somme, si vous aimez l’œuvre de Jiro Taniguchi ou si vous êtes tout simplement curieux; n’hésitez pas à découvrir ce beau manga!

 

~Melissande~

 

+ Une autre bande dessinée illustrée par ce mangaka:  Mon année: Printemps de Jirô Taniguchi et Morvan, présenté par Hérisson

Les dames de Kimoto de Cyril Bonin (d’après le roman de Sawako Ariyoshi), présenté par Nathalie

Les heures silencieuses ♥

heuresUn magnifique premier roman !

Les heures silencieuses

Gaëlle Josse

J’ai Lu (2020)

Éd. Autrement (2011)

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Cette femme, qu’on voit de dos sur la couverture, c’est Magdalena. Elle a 36 ans et déjà, de terribles secrets et de lourds chagrins pèsent sur ses épaules. Pendant les longues heures silencieuses de la nuit, Magdalena se confie à son journal. Et nous raconte sa vie -et ses regrets- depuis sa petite enfance.

Nous sommes à Delft en 1667. Le soir qui tombe est pour elle une angoisse.

Depuis l’enfance, je redoute la nuit. La lumière qui décroît dans le ciel, l’ombre qui tombe à terre en dévorant les couloirs et en assourdissant les formes m’emplissent d’inquiétude. Et en dépit de l’âge qui devrait me rendre raisonnable, je ne parviens pas à faire taire cette crainte.”

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Ce tout petit roman (89 pages) a été inspiré par le tableau ci-dessous (tronqué sur la couverture, ce qui fait que je ne comprenais pas quand elle parlait de certains détails du tableau dans le roman !)

Cela m’a fait penser au roman “La jeune fille à la perle” de Tracy Chevalier, également inspiré par un tableau, même si les deux livres sont très différents.

Que dire de plus ? J’ai adoré l’histoire de cette femme, qui mène une vie aisée mais est néanmoins très seule avec ses pensées et ses craintes. Elle n’a que 36 ans, mais pourtant on sent bien que sa vie est derrière elle ! Élevée comme “le garçon” de la maison par son père (qui n’a que des filles et le regrette), elle bénéficie, jeune, d’une liberté qu’elle perdra en se mariant.

On est totalement plongé dans cette époque et dans l’univers des marchands de la Compagnie des Indes orientales. Et on a le cœur serré en pensant aux drames vécus par cette femme, aux regrets qu’elle a de son enfance et aux remords qu’elle a d’avoir de “coupables pensées”…

J’ai également adoré l’écriture fine et délicate de Gaëlle Josse, tellement belle !

Son premier roman ! Il a reçu plusieurs prix.

Bref, je lirai d’autres romans de cette autrice, sans hésiter. ♥

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Une courte biographie de l’autrice sur le site des Étonnants voyageurs.

Écouter Gaëlle Josse interviewée par Cécile Coulon sur France Inter

D’autres avis : NouketteAnneNatioraHistoire et Fiction

Intérieur avec femme au virginal Emmanuel De Witte (1660)

Image prise sur Crotos (où il y a plus de détails)

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Un roman qui participe au challenge Instagram #ensortir24en2024

C’est le premier que je sors de mon panier !!

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