La bâtarde d’Istanbul

batardeLittérature Turque

La bâtarde d’Istanbul

Elif Shafak

Traduit de l’anglais par Aline Azoulay

Préface d’Amin Maalouf

Éditions 10/18 (2007)

*****

Éditeur : Chez les Kazanci, Turcs d’Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l’amour et parlent avec les djinn, tandis que les hommes s’envolent trop tôt – pour l’au-delà ou pour l’Amérique, comme l’oncle Mustafa. Chez les Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés aux États-Unis dans les années 20, quel que soit le sexe auquel on appartient, on est très attaché à son identité et à ses traditions. Le divorce de Barsam et Rose, puis le remariage de celle-ci avec un Turc nommé Mustafa suscitent l’indignation générale. Quand, à l’âge de vingt et un ans, la fille de Rose et de Barsam, désireuse de comprendre d’où vient son peuple, gagne en secret Istanbul, elle est hébergée par la chaleureuse famille de son beau-père. L’amitié naissante d’Armanoush Tchakhmakhchian et de la jeune Asya Kazanci, la « bâtarde », va faire voler en éclats les secrets les mieux gardés.

*****

J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire au départ, parce qu’il n’y a pas d’indication de temps et que l’on passe d’une génération à l’autre. Mais assez vite, on identifie les personnages et on est emporté cette histoire virevoltante.

Les femmes de ce roman, qu’elles soient turques, arméniennes ou américaines sont vraiment plus fantasques les unes que les autres ! Les hommes sont, soit absents (morts ou à l’étranger), soit assez effacés, il faut bien le dire…

A travers le quotidien de ces familles turques et arméniennes, il y a l’Histoire avec un grand H. On parle ici du génocide arménien (1915-1923) et du ressenti, des traces, qu’il a laissé chez les descendants d’un côté comme de l’autre. Génocide toujours nié par la Turquie d’ailleurs et reconnu par une trentaine de pays seulement…

A la fin du livre, dans ses remerciements, Elif Shafak nous explique qu’elle a été amenée devant la justice turque, au titre de l’Article 301 du Code pénal turc, pour avoir “insulté l’identité nationale”. Pour cela, elle encourait 3 ans de prison mais a été finalement acquittée. (Pour les propos que tiennent certains de ses personnages dans le roman !)

C’est un livre qui donne envie de visiter Istanbul, décrite comme une ville labyrinthe au bord du Bosphore, pleine de sons, de couleurs et d’odeurs…

Et en parlant d’odeurs, j’ai eu envie de manger tout au long de ce roman. Les titres de chapitre ne sont que des choses qui se mangent : Cannelle, Pois chiches, Sucre, Noisettes grillées… Et il y a de multiples descriptions de plats arméniens et turcs, tous plus appétissants les uns que les autres !

Bref, ça a été une très bonne lecture que je vous recommande chaudement.

C’est à la fois divertissant, didactique et gourmand !

J’ai deux autres romans de cette autrice dans ma pal, Lait noir et Soufi mon amour. Je me régale d’avance.

*****

L’avis de Karine

Pour en savoir un peu plus sur le génocide arménien

Un roman lu dans le cadre des Escapades en Europe chez “Dans la bibliothèque de Cléanthe

https://www.danslabibliothequedecleanthe.fr/wp-content/uploads/2025/03/20250313_164956-1920x1080.jpg

Le challenge ABC (auteurs) chez Enna

ABC

Le challenge ABC Titre de Sophie (sur ce blog)

Et c’est le 3/26 pour

En sortir 26 en 2026

En 2026

Dernière Demeure P. Wentworth

DemeureDernière demeure

Patricia Wentworth

Traduit de l’anglais par Bernard Cucchi

Coll. grands détectives

Éditions 10/18 (2003 / vo 1948)

*****

Une Lecture Commune (même autrice) avec Hilde

*****

Éditeur : Pour Judy Elliott, en ces temps de guerre, la place de femme de ménage qu’on lui propose à Pilgrim’s Rest, vieille demeure familiale perdue dans la campagne anglaise, est une aubaine.

Pourtant, l’inspecteur Franck Abbott, lui déconseille vivement d’accepter. Des bruits sinistres circulent, on parle d’une série “d’accidents” mortels, d’une malédiction… Mais Judy n’en a cure. Il lui faut travailler. Entre-temps, Miss Silver reçoit la visite de l’héritier de Pilgrim’s Rest qui prétend avoir été victime d’une ou de plusieurs tentatives de meurtre…

*****

Cette collection “grands détectives” chez 10/18 ne m’a jamais déçue. J’y ai découvert les enquêtes du Juge Ti, les romans d’Anne Perry, d’Ellis Peters, Ngaio March, Heron Carvic, Lilian Jackson Braun (et ses chats !) et tant d’autres ! Il faut dire que j’aime beaucoup ce genre de polars, plutôt classiques (sauf certains !) et souvent historiques.

Dernière demeure est la dernière enquête de Miss Silver (il y en a eu 32). Une vieille femme perspicace au regard et à l’intelligence aiguisés. Qui n’est pas sans rappeler Miss Marple que j’aime beaucoup aussi.

Comme souvent dans ce genre de romans à énigmes, on se fait balader. Et je serais une très mauvaise détective, parce que je me fais avoir à chaque fois ! Mais ça fait partie du plaisir… Bref, comme d’hab, je n’ai rien vu venir et je me suis régalée.

*****

Un roman qui participe à plusieurs challenges

Le Mois Anglais

(qui cette année se poursuit jusqu’en août !)

chez Martine  et Lou

Thrillers et Polars chez Sharon

Le challenge ABC chez Enna

ABC

Challenge Les Dames en noir chez Zofia

challenge “Classiques” sur ce blog

La mort et la belle vie ♥ – polar

mortUn poète devenu policier

La mort et la belle vie ♥

Richard Hugo

Traduit de l’américain par Michel Lederer

Éditions 10/18 (1997/vo 1981)

*****

Plains, Comté de Sanders, Montana. Al Barnes, après avoir passé 17 ans dans la police de Seattle dont 10 comme inspecteur aux homicides, décide de raccrocher. Et il a pour cela une bonne raison. Pour avoir fait confiance à un suspect, il s’est pris 3 balles dans le corps et a frôlé la mort… A 40 ans et après 7 mois d’hôpital, Barnes-la-tendresse comme l’ont surnommé ses collègues, a besoin de tranquillité.

Pourtant, dans ce petit coin paisible du Montana où il vient de s’installer, il va se retrouver au cœur d’une enquête extrêmement dangereuse. Un homme qui pêchait au bord du lac a été massacré et le seul témoin (qui a beaucoup bu) affirme avoir vu une très grande femme se promener avec une hache…

*****

J’ai bien failli ne jamais présenter ce roman ici. Pas parce qu’il ne m’a pas plu, mais par manque de temps (j’ai plein de billets “en retard” !!)

Et puis, je l’ai tellement apprécié que je me suis dit que ça serait vraiment dommage de ne pas le faire connaître !

Au passage, merci à Sharon qui l’a présenté et m’a donné envie de le lire (il trainait dans ma pal polar depuis au moins 5 ans…) Comme elle, je regrette que Richard Hugo n’ait pas eu l’occasion* d’écrire la suite des aventures de ce policier pas comme les autres…

* Il est décédé d’une leucémie à 58 ans, en 1982. (Merci Wiki)

L’histoire est originale, il y a plusieurs rebondissements, et le personnage d’Al Barnes (flic au grand cœur et ex-poète) est excellent, mais je pense que plus que tout, c’est la façon dont c’est raconté qui m’a plu. Le style de l’auteur.

“J’appris bientôt, en posant des questions autour de moi, que le nouveau shériff, Ted Yellow Bear, basé à Thompson Falls située à une quarantaine de kilomètres de là, cherchait un adjoint. Je m’y rendis donc. Le shérif était un homme impressionnant, encore qu’au premier abord il suscitait plutôt un sentiment d’absurdité. Il mesurait dans les un mètre soixante-dix, pesait dans les 130 kilos et avait les oreilles décollées. Quant à son nez épaté, on aurait dit qu’il avait servi pendant des années de cible à fléchettes. Ses cheveux, d’un noir de jais comme ceux de la majorité des indiens, étaient aplatis sur son crâne comme s’il venait de retirer une casquette un peu trop serrée. Sa voix, d’autre part, sonnait comme celle d’un ours, bien que je n’ai jamais entendu un ours parler, pas même lors de mes visites au zoo de Seattle.

Dès que l’entretien commença, toute envie de me moquer de lui me quitta. Il était impressionnant sous un tas d’autres aspects. Ses grognements rauques ne dissimulaient pas le fait que ses questions étaient intelligentes et pertinentes. Au fil de la conversation, son charme et son bon sens devinrent évidents.”

*****

En faisant quelques recherches sur ce roman, je me suis aperçue qu’on en avait tiré un film (2014) qui s’est transformé en série à succèsAlex Hugo” (je ne l’ai jamais vue mais je pense que je vais regarder un épisode). Les grands espaces du Montana du livre ont, par contre, été transposés en France, dans les Hautes-Alpes…

Un roman qui participe à plusieurs challenges :

Le tour du monde en 80 livres chez Bidib (USA)

https://delivrerdeslivres.fr/tag/le-tour-du-monde-en-80-livres/

Le challenge Polar et Thriller chez Sharon

Ainsi qu’au Challenge American Year

chez The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires

Orgueil et préjugés – Austen

orgueil

Mois anglais 2017

Orgueil et préjugés

Jane Austen

Éditions 10/18 (1996 /vo 1813)

*****

Une Lecture Commune avec Blandine

*****

Elizabeth Bennet est la 2ème fille d’une famille qui en compte 5. Lors d’un bal, elle fait la connaissance de Darcy. C’est un jeune homme riche et hautain dont le comportement lui déplaît fortement. Elle se met alors à fréquenter un bel officier, Wickham. Mais elle se rend compte que les apparences peuvent être trompeuses et qu’il ne faut pas se fier aux premières impressions…
Sa sœur aînée, Jane, va tomber profondément amoureuse d’un jeune homme, Bingley. Mais celui-ci va s’absenter subitement et la laisser déprimée.
Tout le roman raconte les histoires d’amour des unes et des autres, les espoirs, les déceptions… Les personnages sont décrits avec humour, certains étant franchement proches de la caricature tel Mr Collins !

*****

Ce roman, écrit en 1796/1797, fut tout d’abord intitulé « Premières impressions », mais Jane Austen a dû changer le titre car un autre roman portant ce titre avait été publié entre temps.

Je vous conseille de ne pas lire la préface avant de lire le roman, car elle dévoile quelques passages de l’intrigue, mais je vous invite à la lire ensuite car elle apporte un véritable éclairage sur ce roman.

Au départ j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, mais on s’habitue assez vite au style un peu désuet (l’écriture datant de la fin du XVIIIème siècle !) pour plonger dans cette histoire charmante.
Une comédie de mœurs qui nous décrit la vie de familles de classes moyennes et riches à la campagne.

Le dossier à la fin de l’ouvrage offre tout d’abord une biographie chronologique de l’auteure suivie d’une notice explicative sur la publication, les différentes éditions, les traductions… Les notes sont toutes regroupées à la fin du livre (dans l’édition que j’ai lue, à savoir celle parue dans la collection Folio Classique).

Si vous aimez les histoires d’amour, laissez-vous surprendre par celle-ci !!

J’ai beaucoup aimé l’humour dont fait preuve Jane Austen dans sa description des différents personnages.

*****

De Jane Austen, j’ai lu Persuasion, ainsi que Northanger Abbey

Un site entièrement consacré à Jane Austen (en français)

Sur France Culture, 4 épisodes de “la compagnie des auteurs” consacrés à Jane Austen

*****

Un roman lu dans le cadre du mois Anglais proposé par Lou et Cryssilda en 2017

(Article rapatrié d’un site qui n’existe plus)

Et du 1er challenge “Je relis mes classiques” initié par Blandine