Tout finit par un baiser !

tout finit par un baiser Roman romantique pour adolescents

Tout finit par un baiser !

de Kate Klise

traduit par Dominique Kugler

Albin Michel Jeunesse, avril 2014
Wiz, 338 pages
9782226255563, 13,90€
disponible en numérique epub 9,49€

Tout finit par un baiser est un roman à quatre voix de quatre personnages qui s’entrecroisent, entre Paris et Madrid. Quatre américains, venus en Eurpoe pour une semaine. Une semaine qui va changer leur vie.

Andrew et Webb Nelson, père et fils, sont à Madrid pour une exposition. Daisy et Coco Sprinkle, mère et fille, se rendent à Paris pour quelques jours de vacances.  Un café renversé dans l’avion, un échange de bagage à l’aéroport… le hasard se joue d’eux pour les faire se rencontrer. D’un côté nos deux adolescents qui échangent par Internet, de l’autre des adultes qui se croisent, se téléphonent.

Cette comédie romantique est assez simple en apparence, pourtant surprises, rebondissements, disputes et secrets s’accumulent, formant des quiproquos délicieux pour le lecteur, qui lui, grâce à la narration à quatre voix, ne manque rien des détails de l’histoire. Cette narration à quatre voix est de prime abord un peu destabilisante car le temps narratif s’en trouve légèrement chamboulé. Pas de ligne droite ici mais pluôt un  parallèle constant entre les quatre visions de cette histoire.

Une histoire où l’amour es maître, mais où rejalli aussi le passe des personnages. On apprend peu à peu à mieux les connaître, à les apprécier… ce qui est d’autant plus difficile puisque le lecteur omniscient ne peut les aider à surmonter les quiproquos. Dans ce roman le rapport à la culture,  l’art et la musique notamment est intéressant et agit comme un lien.

Si les situations ne sont pas crédibles, on se prend pourtant à tourner les pages, avides de savoir ce que le tire annonce pourtant Tout finit par un baiser. Un titre d’ailleurs un peu présomptueux auquel je préfère la version anglaise d’origine : In the Bag.

Une comédie romantique plaisante et simple, idéale pour l’été !

cadeaumaestro

Touch de Jus Accardo

touchRoman fantastique pour adolescents

Touch

The Denazen Series, 1

de Jus Accardo

traduit par Frédérique Fraisse

Albin Michel jeunesse, 2014

Wiz, 380 pages
 978-2226254931, 14,90€
+ disponible en epub à 9,99€

Deznee vit seule avec son père, ou plutôt contre son père. Adolescente rebelle, elle prend un malin plaisir à faire tout ce que son père lui interdit. Quand Kale, un jeune garçon étrange entre dans sa vie, Deznee apprend enfin la vérité sur le travail de son père… Une raison de plus pour s’opposer à lui, et s’attacher à Kale, cet adolescent en fuite qui a pourtant d’étranges et inquiétants pouvoirs. Commence alors une course-poursuite et une quête de vérité.

Touch nous entraine dans un monde très semblable au nôtre, avec juste cette touche de fantastique dû aux pouvoirs de certains, les Six. L’action n’en est que plus efficace tant les situations peuvent se retourner facilement.

Ce roman est très bien construit et vraiment agréable à lire, car il combine à merveille action, amour, fantastique et suspense. Pourtant, je lui ai trouvé un manque d’originalité assez flagrant tant les pouvoirs et leurs explications ressemblent à ceux des X-Men. Kale peut tuer simplement en touchant, et il ne parvient pas à controler ce pouvoir, sauf lorsqu’il touche Deznee, d’autres peuvent se transformer en quelqu’un d’autre, lancer feu ou glace, persuader les autres… On reconnaît là tout ce que l’on croise notamment chez les X-Men, et c’est donc sans grande surprise que l’on aborde cet univers, sans étoiles dans les yeux. Un manque d’originalité qui n’empêche cependant pas l’histoire d’être intéressante, avec notamment des personnages charismatiques.

Un roman très inspiré mais habilement transposé avec des personnages adolescents charismatiques, qui ne manquera pas de plaire aux lecteurs.

The Denazen Series :
1- Touch
1.5- Untouch (nouvelle)
2- Toxic
2.5- Faceless (nouvelle)
3- Tremble

Série terminée en VO.

Et puisqu’on parle des X-Men, le nouvel opus sera au cinéma le 21 mai :

cadeaumaestro

Rendez-vous albums – Mai : la Famille

Après trois rendez-vous sympathiques, autour de l’amour, du printemps puis de Pâques, le thème choisi pour le mois de mai est à la fois beau et large. Aujourd’hui, avec les participants au Challenge Je lis aussi des albums, nous allons partager autour de la FAMILLE. L’occasion de vous parler tant des relations parents-enfants que des relations frères-soeurs, ou encore des familles monoparentales, recomposées, … et je ne sais quoi d’autres, j’en aurai la surprise en même temps que vous ! J’ai choisi de vous parler des jumeaux aujourd’hui, grâce à un album américain d’une auteur d’origine corréenne.

Bonne nuit les jumelles***

Bonne nuit, les jumelles !

de Hyewon Yum

adapté par Françoise de Guibert

Albin Michel jeunesse, 2012 978-2-226-23877-1

Deux petites filles nous racontent, chacune sur leur page, qu’elles sont jumelles. Elles sont pareilles, partage tout depuis le ventre de leur maman. Et depuis leur naissance elles partagent une couverture colorée. Sauf qu’à maintenant cinq ans, elle devient difficile à partager cette petite couverture. Et la dissonnance intervient alors. Plus de “nous” dans le texte, mais bien un “je”, suivi rapidement d’un autre. Et même une dispute !

Ces petites jumelles incarnent parfaitement la difficulté qu’ont les enfants à se séparer de leur enfance, mais aussi l’obligation, même quand on est deux, d’être soi-même. Le traitement de cette histoire, tout en douceur et finesse, avec une histoire simple et complète à la fois, permet au lecteur, même jeune, de bien comprendre ce qui uni nos deux jumelles. Une belle façon de parler des relations frère-soeur, de ces liens qui se brisent jamais, même si l’on ne peut pas toujours être d’accord sur tout, aimer les même chose, ou tout partager !

bonne-nuit-extrait

Les illustrations de Hyewon Yum renforcent cette impression avec une mise en page qui joue sur la dichotomie. Une soeur à gauche, l’autre droite, voici presque notre seule solution pour les différencier, apprendre à les connaître. La grande soeur, de trois minutes, qui commence toujours, la petite, qui se plie finalement souvent à cet ordre… mais leur amour, toujours, derrière les mots, avec une main tendue !

Un très bel album, pertinent et sensible, qui permettra aux jumeaux mais aussi à de nombreux frères et soeurs de se reconnaître dans ce quotidien enfantin.

***

Petit clin d’oeil à ma petite soeur, avec 9 ans d’écart on partage encore souvent une couverture…

+ L’avis de Marianne
+
 Une participation au rdv de Virginie


Indiquez ici les liens de vos articles pour ce rendez-vous, avec comme nom le titre du livre et votre pseudo.

Tout est en anglais j’en suis désolée, mais c’est joli avec les couvertures. Voici la marche à suivre : 1- Clic sur Add your link 2- Mettre l’adresse url de votre article, le titre du livre et votre pseudo, ainsi que votre mail 3- Clic sur Next Step 4- Choississez la couverture du livre et clic sur Select 5- Skip this step C’est terminé, votre titre apparait ici, avec la couverture du livre normalement. Si vous parlez de plusieurs livres dans un seul article, il vous faudra par contre choisir, mais ce n’est que pour aujourd’hui, tous les liens seront ensuite repris dans le challenge bien sûr!



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Ce que j’ai oublié de te dire – Joyce Carol Oates

Roman pour grands adolescents

Ce que j’ai oublié de te dire

Joyce Carol Oates

Albin Michel, 2014
Wiz, 341 pages
9782226252586, 15€

Joyce Carol Oates est une auteur que je ne suis qu’en littérature jeunesse, et chaque fois je me demande si le fait que les personnages soient des adolescents en fait vraiment un roman jeunesse. Ce que j’ai oublié de te dire ne fait pas exception.

Merissa, Nadia, Tink, trois jeunes filles qui rythment ce roman. Merissa et Nadia racontent, chacune leur tour, le lycée, la vie, mais surtout la mort. Celle de Tink, celle qui les comprenait si bien et qui s’est suicidée six mois plus tôt. Tink était une fille étrange qui a changé leur vie. Mais sans elle Merissa ne sait plus vraiment qui elle est, ni si ce qu’elle a toujours voulu l’intéresse toujours. Elle veut exister et la seule solution qu’elle trouve est dans la douleur. Nadia, quant à elle se sent seule et rejetée et c’est dans l’amour pour un de ses professeurs qu’elle se sent vivante.

Dans ce roman à la première personne, avec trois parties et trois narrateurs, la vie est la quête essentielle. Vivre, savoir vivre, réussir à vivre encore, se sentir vivante… Nos personnages ne sont pas des écorchées vives, pas vraiment. Si la vie ne leur fait pas que des cadeaux, sans le suicide de Tink elles auraient continué leur vie sans grand remous.

Tink, personnage central de ce roman, elle et ses secrets, ses non-dits. Elle, fantômatique pour répondre aux interrogations de ses amies encore vivante, souvenir tenace. Elle, qui a su les changer, leur faire voir la vie autrement, pour repartir presque aussi vite. Un personnage que l’on a du mal à saisir pendant tout le roman.

Merissa et Nadia sont deux jeunes filles détestables et attachantes. Ces jeunes filles à qui tout réussi mais qui recherche à exister sont extrêmement fragile, même si leur entourage ne le remarque pas. C’est en nous immissant dans leur pensées les plus intimes que l’on comprend et partage leur douleur.

Ce roman aborde des thèmes variés mais difficiles. Le divorce, l’indifférence parentale, la solitude, l’amour d’un professeur, la maladie, mais encore anorexie, scarification, suicide. Rien n’est épargné à nos adolescentes et pourtant, malheureusement, tout semble si vrai. L’écriture de Joyce Carol Oates nous mène dans ces tréfonds de l’être humain avec brio, toujours à la première personne et sans jamais porter de jugement. Pas vraiment de solution non plus.

Si ce roman est absolument superbe il n’en demeure pas moins un récit extrêmement difficile. S’il peut être salvateur pour certains adolescents en péril, il pourrait aussi en faire couler d’autres tant les personnages semblent plus heureux dans la solution qu’ils trouvent à leur malheur.

Enfin un détail m’a légèrement dérangé, celui du poids des adolescentes en question. Pour une taille d’1m65, un poids de 45 kg semble normal, un poids de 55 kg vraiment énorme. On voit même son ventre ! Bien sûr cela permet de mieux visualiser les difficultés de représentation d’elles-même et des autres qu’ont ces jeunes filles, pour un regard adulte, mais je pense qu’il faut être très prudent avec ce genre de sujet sur nos adolescentes… Un roman à conseiller aux plus grands adolescents, et surtout pas comme “livre médicament”.

+ Challenge YA#3

+ + Challenge Rentrée littéraire d’hiver de Valérie

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