Celles qui attendent de Fatou Diome

  Celles qui attendent
 
 
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Auteur : Fatou Diome
Editeur :
Flammarion

SP : Gilles Paris
 Date : 25/08/2010
Pages : 329 p.
Prix : 19 €
ISBN
  978-2-08-124563-1

 
 
Roman
– Littérature française / Littérature
sénégalais

 

Rentrée Littéraire

 

Thèmes : Famille, Pauvreté, Sénégal, Emigrés, Europe

 

 

 

 Présentation de l’éditeur :
“Arame et Bougna, mères, respectivement, de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins.

Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le
pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l’absence. Mais comment dépeindre la peine d’une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ? Coumba et
Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d’un destin autre que celui de leurs aînées du village.

Assoiffées d’amour, d’avenir et de modernité, elles s’étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à
peu leur chemin de croix. Mariées, respectivement à Issa et Lamine, l’Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la
tentation. Mais la vie n’attend pas les absents, derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique
sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles.
Le visage qu’on retrouve n’est pas
forcément celui qu’on attendait…. “

Avis :

J’ai souvent entendu parlé du Ventre de l’Atlantique de Fatou Diome, mais je n’ai jamais eu l’occasion de le
lire. Après avoir lu Celles qui attendent, je me dis qu’il ne faut plus attendre !

Ce livre décrit de façon très juste les relations humaines entre mère et fils, mère et belle fille, conjoint,
quand un l’Europe les sépare.

Pour s’assurer la réussite de leur fils, deux mères envoient leurs fils en Europe… Mariés juste avant de
partir, c’est l’attente de ces femmes que l’on va suivre.

Arame, Bougna, Coumba et Daba sont quatre femmes très différentes, mais quatre femmes très fortes, attachantes.
On a parfois envie de les secouer, de leur dire ce qu’elles ne voient pas, mais peu importe en fait, car l’essentiel c’est la vie, qui avance… toujours, sans attendre ceux qui sont
loin.

Les points de vue changeants nous aident à comprendre le monde de ces femmes, entre secrets de famille,
solitude, souvenir, espoir. De l’émotion, souvent cachée, sort du coeur de ces femmes qui restent étrangères entre elles.

Un très belle fresque humaine, qui dénonce les problèmes d’immigration autant que l’espoir qu’il donne, et qui
rend la vie encore un peu plus précieuse.

L’écriture de Fatou Diome est exceptionnelle de musicalité, de rythme, de sentiment, une vraie belle découverte
pour moi !

 

Extraits :

” Les coups de fil s’étaient largement espacés. Les femmes accusèrent le coup.
Mais on finit toujours par s’inventer une manière de faire face à l’absence. Au début, on compte les jours, puis les semaines, enfin les mois. Advient inévitablement le moment où l’on se résout
à admettre que le décompte se fera en années ; alors on commence à ne plus compter du tout. Si l’oubli ne guérit pas la plaie, il permet au moins de ne pas la gratter en permanence. N’en
déplaise aux voyageurs, ceux qui restent sont obligés de les tuer, symboliquement, pour survivre à l’abandon.”


 L’avis de Clara,

 

 

 

1pourcent

 

 

 Challenge du 1% littéraire 2010, repris par Schlabaya

Billet 3/7

Sens Interdit d’Alain Grousset et Danielle Martinigol

Sens Interdit

 


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Auteur : Alain Grousset

Auteur : Danielle Martinigol

Editeur : Flammarion

Collection : Ukronie

Date :  18/08/2010
Pages : 325 p.
Prix : 15 €
ISBN
 
9782081230439

 


  Roman de science fiction (adolescent)

 

 

Thèmes : Adolescence, Science Fiction (ukronie), Sens, Odorat

 

 

 

Présentation de l’éditeur : 

En 1918 la grippe espagnole a fait des millions de victimes et modifié radicalement l’odorat humain.

2010. Dès leur plus jeune âge, les enfants sont testés et afiliés à une caste d’Odorant : animal, minéral ou végétal. L’ordre
des Flagellants, des religieux extrémistes, maintient la société sous contrôle et affirme que la pandémie qui prive les humains de leur odorat est un fléau de Dieu. Mathis, l’orphelin blanc de
Tanzanie, va cependant bouleverser l’ordre établi.

 

Avis :

J’aime beaucoup la collection Ukronie chez Flammarion, et ce nouveau roman ne changera pas mon avis
!

Mathis, jeune orphelin va être entrainé bien malgré lui dans une course poursuite qui le mènera de la Tanzanie en
Suisse, puis à Paris. Beaucoup d’action, de l’aventure, mais aussi une grande réflexion sur l’ordre établi. Le dictat des religieux extrémistes, les recherches scientifiques, les grands groupes
pharmaceutiques… Nous ne sommes pas si loin que ça de notre monde. Seulement c’est un peu comme si les classes sociales que nous connaissons n’étaient pas liées à la naissance, l’argent ou les
études, mais seulement à l’odorat.

Une ukronie passionnante, qui nous permet aussi de nous rendre compte à quel point notre odorat est important
!

Ce roman pour adolescent réuni les clés du succès, avec un héros jeune et attachant, une histoire
d’amour, de l’action, des morts, et des secrets de famille. L’écriture est dans l’ensemble adapté au public adolescent, facile à lire et à comprendre, avec du vocabulaire pourtant.

Les petits points faibles du livre selon moi se situe dans l’écart trop grand entre les récits des aventures de
Mathis et la partie autour des Flagellants. Cette différenciation se comprend volontiers, et ne gène pas en elle même, mais elle révèle l’écriture moins facile de la partie religieuse, et peut
être une gène à la lecture pour les adolescents qui n’aiment pas trop lire… A voir !

Un bon point par contre pour les titres de parties, qui sont doublées de citations, telle “Se laisser mener par le
bout du nez” ou “Avoir quelqu’un dans le nez”

 

Un bon roman de science fiction, qui permet comme souvent en SF une réflexion sur certains points
de notre monde actuel!



 

  Extraits :

” Etre privé de l’olfaction ouvrait aux humains la voie vers le pardon de leurs fautes, leur
donnait les clés du paradis, cet Eden célesteoù ils pourraient enfin sentir tous les parfums célestes de la Création et vivre pour les siècles des siècles en Odeur de Sainteté. Or Mathis était
bien vivant, à Tarakea, en Afrique. Plutôt loin du paradis ! Et pourtant il sentait TOUT! L’Animal, le Minéral, le Végétal… Toutes les fragances et toutes les puanteurs, les bonnes comme les
mauvaises, son nez percevait tout.”

 

 

dialoguescroisés

 

 

 

Lu dans le cadre d’un partenariat avec la librairie Dialogues.

Vous pouvez d’ailleurs retrouver aussi ma chronique sur leur site ! 

 

 

Ce livre sort aujourd’hui !

 

 

Absente aujourd’hui pour cause papotage à Lyon… :)

 


Mercredi de l’album – juin

Dans le cadre des Mercredi de l’album, nous avions ce mois ci le loisir de vous faire découvrir un coup de coeur.
J’avais quelques idées, mais faute de temps je vous remet un article déjà publié… histoire de faire découvrir cet album à encore plus de monde !


La croûte
Auteur : Charlotte Moundlic
Illustrateur : Olivier Tallec

Editeur : Flammarion
Collection : Les albums du Père Castor
Date : mars 2009
Pages : 24 pages
Prix : 10€
ISBN :
978 2 0812 0855 1

Album (jeunesse)

Thèmes : Deuil, Enfance, Orphelin

Présentation de l’éditeur :
“Quand un maman meurt, rien n’est plus comme .

On continue à vivre, à jouer, à respirer.

Comment faire alors pour ne pas l’oublier?

On cherche son odeur, on entend sa voix, on voudrait toujours les garder avec soi, comme quand elle était
là…”

Résumé :

Un petit garçon vient de perdre sa maman… alors il essaye de la retrouver, de retrouver son odeur, de ne pas
oublier sa voix… et de prendre soin de son papa, qui semble aussi abbatu que lui…

Avis :

Un album extrèment poignant, avec une sensibilité folle, qui traite le thème du deuil avec énormément de
finesse… Attention je ne dis pas que c’est un album médicament, loin de là…. je suis même contre donner des livres sur un thème à des jeunes parce que c’est ce qu’ils vivent… mais par
contre peut être que cela est un bon moyen de parler du deuil, dans des situations moins dramatiques.

J’ai passé un temps fou devant cet album, pour des raisons très personnelles, et vraiment il est fabuleux, à mon
goût… alors il est officiellement mon coup de coeur album 2009 :)


Extraits :
Elle n’avait qu’à pas faire d’enfant si c’était pour partir avant la fin du troisième trimestre


L’illustrateur :

Olivier Tallec est un illustrateur que j’apprécie beaucoup, et son coup de crayon dans cet album ne m’a encore une
fois pas laissé indifférent.

Les mercredi de l’album c’est ici :
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Aesculapius de Andréa H. Japp

Aesculapius
– Les Mystères de Druon de Brévaux


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Auteur : Andréa H. Japp

Editeur : Flammarion
Date : 10/02/2010
Pages : 446 pages
Prix : 21 €
ISBN
978-2-08-122544-2

 
Roman historique (policier)

Thèmes :

Présentation de l’éditeur :

“Un comté de France, en ce début du XIVe siècle, où l’Inquisition fait rage.
Un médecin condamné à la ” Question pour avoir pratiqué des accouchements sans douleur. Une pierre rouge qui a fait couler beaucoup de sang et dont il faut percer le mystère. Des menaces sourdes.
Une peur tenace. Et si les ennemis du mire s’en prenaient à Héluise, sa fille, son élève et sa confidente ? Et puis la cabale, et puis l’exil intérieur, et puis la fuite. Héluise contrainte de
courir le pays. Druon de Brévaux, lui-aussi mire itinérant, obligé de battre la campagne pour proposer ses services.
Sans oublier Huguelin, garçonnet enlevé des mains sadiques d’une tavernière sans scrupules; la comtesse Béatrice en proie à un complot; une bête monstrueuse qui sème la terreur. Des traîtrises,
des revirements, des puissants qui se jouent des humbles, des innocents sacrifiés sur l’autel du pouvoir et tant de pièges à déjouer, d’énigmes à élucider. La Science arrivera-t-elle à déchirer
les voiles du mensonge et de l’obscurantisme? Aesculapius est la première aventure de Druon de Brévaux, médecin expert” du Moyen Âge pris dans les mâchoires d’une incroyable machination et en
proie à de nombreuses énigmes historiques et mortelles.


Avis :

Ce roman nous plonge rapidement au coeur de l’action, avec Jehan Fauvel, mire (médecin) réputé. On commence donc
peu à peu à saisir les personnages, l’intrigue (une mystèrieuse pierre rouge, dont personne ne semble connaître les pouvoirs, mais que tout le monde tente de s’approprier) et l’époque, avec la
présence parfois opprésante de l’inquisition.

Pourtant après quelques chapitres, on bascule vers un autre personnage, sa fille, et commence là la véritable
histoire de Druon de Brévaux… pour notre plus grand plaisir, car ce personnage est attachant, intelligent, rusé, et bien accompagné, par Huguelin, petit bonhomme qui a tout à apprendre
!

L’écriture est à saluer, même si elle nécessite un temps d’adaptation, car elle plonge en plein dans cette époque
médiévale qui touche à sa fin. Cependant les notes de bas de page et le vocabulaire récurrent aide à se sentir rapidement à l’aise.

Druon de Brévaux c’est un peu le Sherlock Holmes du Moyen Age, car ce roman histoire est aussi un roman policier.
Des meurtres, des mensonges, des complots, des enherbements (empoisonnements) de quoi faire réfléchir notre héros (qui n’est d’ailleurs lui même pas toujours bien franc, mais c’est aussi ce qui
fait qu’on s’y attache… je ne peux pas vous en dire plus, même si on apprend tout cela rapidement!!)

Un roman historico-policier très réussi, que j’ai pris beaucoup de plaisir à dévorer, et auquel je n’ai qu’un seul
reproche à faire : il aura une suite, parce que de la pierre rouge, on n’en sait toujours pas plus !

Un très bon Andréa H Japp, auteur découverte au lycée, et que je prend plaisir à suivre depuis !