Le voleur de sandwich

Le voleur de sandwichsRoman graphique dès 7 ans

Le voleur de sandwich

de Patrick Doyon
& André Marois

La Pastèque, 2014
168 pages
ISBN978-2-923841-26-7, 15€

Dans ce roman graphique canadien, Marin, un jeune garçon de primaire se fait voler son sandwich. Et le lendemain ça recommence ! Les bons sandwichs préparés avec amour par sa mère, ceux avec de la mayonnaise maison… Il ne va pas se laisser faire, et décide de mener l’enquête.

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Dans le Voleur de Sandwich, les illustrations occupent une place de choix, répondant régulièrement au texte, et offrant un roman graphique adapté aux jeunes lecteurs. On y découvre ainsi la boite à lunch et les petits mots du père de Marin, la classe, le cahier Canada (le même que la maîtresse!), le réfectoire, le directeur à la chemise tâchée… Tous les personnages prennent vie dans ce roman dynamique et plein d’humour. Marin nous entraîne dans son enquête et étudier les différents suspects permet de découvrir des personnages haut en couleur et très caricaturaux. Entre le gros, qui passe son temps à s’empiffrer, la pauvre, qui n’a jamais rien à manger, le jaloux, le blagueur, le concierge qui rôde dans les couleurs, le directeur qui ne mange que des restes de pizza froide, et la professeure allergique aux fruits de mer; les suspects ne manquent pas !

Ce n’est pas seul que Marin parviendra à démasquer le coupable, mais avec une aide à la fois logique et surprenante. Et le lecteur est dans le même cas que Marin, on a beau avoir la liste des suspects, impossible de deviner avant la fin de ce récit qui s’en prend ainsi aux sandwich. Une intrigue bien menée, qui ne prend pas les enfants pour des idiots comme souvent dans les petits polars, et joue vraiment avec le graphisme pour rendre l’histoire vivante.

Un roman drôle, beau et avec une bonne intrigue, pour cette tranche d’âge, ça fait plaisir !

 

+ Sur le site de l’éditeur, canadien, La Pastèque.

Pénélope Bagieu

Pénélope Bagieu

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Pénélope Bagieu California DreaminCalifornia Dreamin’

Pénélope Bagieu

Gallimard (2015)

Présentation de l’éditeur : Ellen Cohen rêve de devenir chanteuse. Sa voix est incroyable, sa personnalité aussi excentrique qu’attachante, son besoin d’amour inextinguible. À l’aube des années 1960, elle quitte Baltimore pour échapper à son avenir de vendeuse de pastrami et tenter sa chance à New York.

Mon avis : Ce roman graphique est une sorte de biographie de Cass Elliot (Mama Cass, future chanteuse des Mamas and Papas), une chanteuse décédée très jeune (32 ans) et presque oubliée chez nous aujourd’hui… Et pourtant, si on vous met la musique (voir ci-dessous) ça ne vous dit vraiment rien ? Une bd qui nous plonge dans le monde des années 60 (vie communautaire, alcool, drogue, musique…) Le dessin au crayon paraît parfois un peu bâclé, mais l’histoire est passionnante et j’ai passé un très bon moment avec “Mama Cass” !

Une vidéo de la chanson des Mamas and Papas qui a donné son titre à ce roman graphique.

Une petite vidéo (plutôt drôle) d’elle chantant “Dream a little dream of me” et quelques pages de la bd sur le site de l’éditeur.

De Pénélope Bagieu, Sophie vous avait déjà parlé de “La page blanche” également brièvement présenté dans l’article sur les albums incontournables de 2012.

Elles ont beaucoup aimé aussi : Noukette, Maël. 

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Pénélope Bagieu Cadavre Exquis

Du même auteur, j’ai aussi lu celui-ci (il y a déjà quelques années !) mais je me souviens qu’après un début un peu laborieux, j’avais au final beaucoup aimé !

Cadavre exquis

Pénélope Bagieu

Gallimard (2010)

Présentation de l’éditeur : Zoé a un boulot pas drôle : elle est hôtesse d’accueil dans les salons – de l’automobile ou du fromage – et doit faire bonne figure, debout toute la journée avec des chaussures qui font mal aux pieds. Le jour où elle rencontre Thomas Rocher, écrivain à succès, la vie semble enfin lui sourire. Mais pourquoi Thomas ne sort-il jamais de son grand appartement parisien ? L’amour peut-il vivre en huis clos ? Et quel est dans cette histoire le rôle d’Agathe, la belle, froide et machiavélique éditrice de l’écrivain ?

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Pénélope Bagieu est une jeune illustratrice (née en 1982). C’est grâce à son blog “Ma vie est tout à fait fascinante” qu’elle s’est fait connaître.

La bd de la semaine

Voilà, c’était ma « bd de la semaine » hébergée aujourd’hui par Yaneck

SignatureNat

A Silent Voice 1

a silent voiceManga Jeunesse – Handicap / Harcèlement

A Silent Voice 1

de Yoshitoki OIMA

Ki-oon, Shonen, 2015

Shoya est en CM2, et pour que la vie ne soit pas ennuyeuse, il passe son temps à lancer des défis à ses copains. Sauter dans la rivière du haut d’un pont, ou d’un balcon, est sa principale occupation. Quand Shoko arrive dans sa classe, il la prend pour un extraterrestre et ne sait pas trop comment agir avec elle. Shoko est sourde de naissance, et communique avec les autres grâce à un cahier. Une situation difficile, que tout le monde a du mal à gérer.

A Silent Voice commence 6 ans plus tard, alors que Shoya est au lycée. On le voit qui retrouve Shoko, laquelle s’enfuit en courant. Que c’est il passé en CM2 ? Ce premier tome est une introduction qui permet uniquement de connaître le CM2, le tome se finissant de nouveau sur la scène du départ. Une longue introduction donc, mais totalement nécessaire car elle met en avant, grâce au récit de Shoya, de nombreuses thématiques.

Chaque jour était une nouvelle bataille dans ma guerre contre la morosité…

Un manga qui traite donc du handicap, de la LSF aussi un peu, mais surtout de la manière dont cette jeune fille, sourde, est intégrée dans la classe. Le regard des autres, les brimades, les difficultés de communication, l’incompréhension mutuelle, l’indifférence aussi; c’est tout cela que l’on voit dans les illustrations notamment, et qui nous permet de mieux appréhender les problèmes de Shoko.

S’il est question de harcèlement dans ce manga, c’est surtout la façon dont l’ensemble se met en place, ainsi que les répercutions qui sont réellement intéressantes. Contrairement aux protagonistes de l’histoire, on a accès aux pensées de Shoya, et on comprend qu’il est avant tout désarçonné, inquiet et en recherche de reconnaissance. L’attitude du professeur est aussi un point important, pas souvent traité, qui permet une vision d’ensemble de la situation.

Le premier tome de A Silent Voice nous laisse sur notre faim mais qui met en exergue une situation de handicap vue sous un angle différent. Intéressant, intriguant… à partager !

silent voice trailer

Cette série est terminée au Japon, et compte 7 tomes. En France, le 6ème tome vient de paraître.
Une version long-métrage est prévue pour cet automne au Japon.

+ Voir le Trailer de la série

+ Les avis de Bouma et Liyah sur le tome  1

+ Une série bien adaptée au collège, qui est en plus bouclée en 7 tomes !

Emmanuel LEPAGE

Emmanuel LEPAGEPrintemps-Tchernobyl

est un scénariste et dessinateur de bandes dessinées. Né en Bretagne, il a commencé par faire des études d’architecte et voit ses premiers dessins publiés dans Ouest-France alors qu’il n’a que 16 ans.

A ce jour, il a reçu plus de 25 prix pour ses différents ouvrages. Je ne vous les indique pas tous, juste ceux qu’il a reçu pour la bd que je vous présente maintenant “un printemps à Tchernobyl”.  

Mon avis : Une bande dessinée documentaire, ce n’est pas si courant. Et un reportage sur Tchernobyl,  22 ans après la catastrophe, alors que la zone est encore interdite, car dangereuse, il fallait oser. C’est intéressant, c’est même intrigant car la nature a repris ses droits et le danger ne se voit pas, il est invisible, inodore, indécelable sans un appareil pour mesurer les radiations.

Dans la 1ère partie, en noir, blanc et sépia, c’est la préparation au voyage, le stress, la peur… Mais ensuite, le danger n’étant pas visible et pas immédiatement perceptible, la vigilance se relâche et certains vont même se laisser aller à se coucher dans l’herbe (fortement déconseillé dans une zone radioactive !!) Une bd pleine d’information et toujours d’actualité. Quand on voit les dégâts que cause l’explosion d’une centrale nucléaire, on ne peut qu’espérer que les nôtres seront toujours très bien suivies… En attendant de pouvoir s’en passer grâce aux énergies renouvelables ?

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Oh les filles !

Scénario de Sophie MICHEL

Dessins et couleur d’Emmanuel LEPAGE

Oh Les Filles 1Oh Les Filles 2

Elles sont nées la même année, le même jour peut-être. L’une est fille de fille-mère, l’autre de jeune Maghrébine, l’autre encore de bourgeoise pressée. Et les pères ? Ils esquivent, de gré ou de force, les tout premiers regards que leurs filles ne demandent qu’à fixer sur eux. Elles vivent leur enfance les yeux levés dans la quête d’un sourire maternel, les yeux baissés dans l’incompréhension du monde si étrange des adultes.

Mon avis : Ces 3 filles, Chloé, Leïla et Agnès, on les voit naître. Puis grandir. Elles se rencontrent à l’âge de 5 ans et ne vont plus se quitter. Et nous on les suit, on voit leurs joies, leurs peines, leurs attentes. On se voit parfois, nous parents et on se dit que le temps passe tellement vite qu’il ne faut pas oublier de profiter des bons moments qu’on peut passer avec nos enfants…

Cette bande dessinée aborde plein de thèmes : l’immigration avec l’arrivée en France de Leïla et sa famille, les hommes qui laissent tomber leur copine lorsqu’elle est enceinte, les enfants “gâtés” dont on ne s’occupe pas vraiment…

Dans le 2ème tome, elles ont 12 ans et on aborde les thèmes de l’adolescence, les règles, les garçons, les peurs, les rêves et les fous rires…

SignatureNat

Deux bandes dessinées très agréables à lire, des thèmes pas toujours faciles mais ce sont de jolies histoires de vies et j’aime beaucoup les illustrations et les couleurs (j’ai particulièrement apprécié les portraits en “gros” plan).

C’est ma participation à “la bd de la semaine” hébergée aujourd’hui chez Noukette

La bd de la semaine