Paroles d’honneur – BD adulte

ParolesMaroc : La sexualité hors mariage
BD Ado/Adulte

Paroles d’honneur

Leïla Slimani & Laetitia Coryn

Les Arènes BD (2017)

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Rabat, mai 2015. Leïla Slimani est au Maroc pour présenter et dédicacer son premier roman “Dans le jardin de l’ogre“. Après la présentation, elle est abordée par une jeune femme, Nour, qui se confie à elle. Au fil des pages, on en apprend beaucoup sur la vie des femmes marocaines. Sur les articles de loi (contre l’avortement, l’homosexualité, et aussi contre les relations sexuelles hors mariage) qui limitent leurs libertés. Sur la “hchouma” la honte qui fait qu’une fille violée ne va pas se plaindre pour ne pas jeter la honte sur sa famille (Merci la double peine !!!) Une société très hypocrite d’une certaine façon, à cause de la religion d’une part et probablement parce que ça arrange beaucoup d’hommes d’autre part.

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Avec cet album, Leïla Slimani rapporte la parole des femmes marocaines. Paroles qui portent sur la sexualité, mais aussi sur la famille, sur la société marocaine. Je ne sais pas combien de fois j’ai pensé en lisant cette bd “quelle chance j’ai d’être née et de vivre en France !”. J’espère vraiment pour les femmes marocaines (et pour les hommes aussi !) que la société va évoluer vers plus de tolérance et de liberté.

C’est une bande dessinée très intéressante et très instructive qui permet de comprendre pas mal de choses sur le comportement de certains jeunes hommes du Maghreb vivants en France…

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De Leïla Slimani, nous vous avons déjà présenté : à mains nues

Et Laetitia Coryn a illustré Sex Story également présenté sur ce blog.

Cette semaine, c’est Stephie qui nous accueille

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

L’histoire d’ Erika – Album Innocenti

Erika

A partir de 8 ans

L’histoire d’ Erika

Ruth Vander Zee

Roberto Innocenti (Ill.)

Christiane Duchesne (Trad.)

Éditions d²eux (2021)

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Grâce à Ruth Vander Zee qui l’a rencontré par hasard en 1995, Erika a pu nous raconter son histoire. Elle commence ainsi :

Entre 1933 et 1945, six millions de personnes de mon peuple on été tuées. Plusieurs ont été fusillées. Plusieurs sont mortes de faim. Plusieurs ont été brûlées dans des fours ou asphyxiées dans des chambres à gaz. Pas moi.

Je suis née un jour de 1944. Je ne sais pas la date de ma naissance. Je ne sais pas le nom qu’on m’a donné alors. Je ne sais pas dans quelle ville ni dans quel pays je suis née. Je ne sais pas si j’ai eu des frères ou des sœurs.

Ce que je sais, c’est que, âgée de quelques mois seulement, j’ai échappé à l’Holocauste.

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Indiqué à partir de 8 ans, je trouve ça un peu jeune pour parler de ces horreurs qu’ont été la déportation et l’holocauste. Par contre, je trouve que cet album a parfaitement sa place dans tous les CDI (collèges et lycées !)

C’est une histoire très dure, mais très belle en même temps. Ces parents, qui, sans savoir vraiment vers quoi on les emmène, décident de jeter leur bébé hors de ce train pour lui donner une meilleure chance de survie. Quelle merveilleuse preuve d’amour pour cette femme. Et quelle tristesse aussi de savoir quel sort a été réservé à ses parents.L'Etoile d'Erika par Vander Zee

Un album très émouvant qui se termine sur une note d’espoir et deux pages en couleur après des illustrations en nuances de gris et plutôt réalistes qui font froid dans le dos. Un livre très fort.

Je l’avais déjà lu il y a quelques années, la couverture était différente et c’est une nouvelle traduction. Il s’appelait alors “L’étoile d’ Erika” (Milan – 2003). Je ne l’ai pas sous la main, difficile donc de savoir si la traduction est très différente ou non (En fait, vous pourrez trouver l’ancienne version sur Youtube). Je trouve la nouvelle version un peu plus “dynamique”.

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D’autres albums illustrés par Innocenti sur ce blog : La petite fille en rouge, La maison (2ème album présenté), Rose Blanche et L’auberge de nulle part.

Site de l’autrice (c’était son premier livre)

Site de l’illustrateur (en anglais et italien)

Roberto Innocenti a reçu le prix Hans Christian Andersen en 2008 pour l’ensemble de son œuvre.

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Un album qui participe au Challenge Petit Bac d’Enna

2ème ligne – Catégorie Prénom

LIBERATION – Roman JA

Libération

A partir de 14/15 ans

LIBERATION

Patrick Ness

Gallimard Jeunesse (2017)

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Deux histoires s’entremêlent. D’un côté une histoire très réaliste, celle d’Adam, jeune homme qui voudrait juste pouvoir aimer qui il veut, sans être jugé, traité de malade ou harcelé. De l’autre, une histoire fantastique, l’esprit d’une jeune fille assassinée en quête de vengeance qui se trouve mêlé à un esprit très ancien, une reine impitoyable…

Tous les deux ont un même besoin de libération.

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Voici un roman qui, c’est certain, ne plaira pas à tout le monde. D’abord par ses mots, parfois assez crus quand on entre dans l’intime. Par sa forme également. Il faut accepter de se laisser (em)porter par l’histoire secondaire, celle de Katherine, la jeune fille assassinée, dont on peut se demander quel est le rapport avec la première histoire, celle d’Adam.

Gallimard indique pour ce livre : à partir de 13 ans. Je pense, sans vouloir jouer les censeurs, qu’il serait plus approprié à partir de 14/15 ans (après tout il s’agit de jeunes qui ont 17 ans dans le roman, il y a des histoires de drogue, d’alcool, de sexe…)

J’ai beaucoup aimé les deux histoires. L’histoire du fantôme de Katherine me permettait de faire des “pauses” dans celle d’Adam, même si elle est terrible aussi, car elle est moins émouvante, moins poignante, on a plus de distance grâce au côté fantastique.

Adam est un personnage complexe. Il est gay, l’assume en général, mais a toujours une petite voix qui sème le doute dans sa tête. Sans compter ses parents très croyants, l’homophobie à l’école ou dans la société… Il voudrait juste aimer qui il veut et comment le lui reprocher ?

Un bon moment de lecture !

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Lire les premières pages (site de l’éditeur)

De Patrick Ness, nous vous avons présenté : Quelques minutes après minuit (le roman) (le film) et Burn

Je vous conseille également sa trilogie “Le chaos en marche” (à partir de 14/15 ans). Pas forcément facile d’accès au départ (le langage est très “torturé” surtout dans le premier tome si je me souviens bien), mais je vous assure que ça vaut le coup de s’accrocher !

La théorie de l’élastique – Roman

théorieA partir de 10/11 ans

La théorie de l’élastique

Anne-Françoise De Bruyne

Coll. Rester vivant

le muscadier (2017)

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Clara est une fillette de 11 ans. Elle vit à Bruxelles avec sa mère et son chat. La mère de Clara a une théorie. La théorie de l’élastique. Elle pense qu’il y a des élastiques invisibles entre les gens, qui les relie. On ne le vois pas, mais on le sent. Il vibre. Il est très très long quand les gens sont très très loin. Elle dit aussi que pour être heureux, c’est important de bien soigner nos élastiques. Clara passe aussi beaucoup de temps avec son grand-père. Elle lui raconte tout ou presque.

Un jour, un nouvel élève arrive dans la classe de Clara. Il est plus vieux qu’eux, il a peut-être 14 ou 15 ans. C’est un migrant et il a parcouru plus de 7000 kms pour arriver en Belgique. Il va raconter son histoire à la classe et pour Clara, ça va tout changer.

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C’est le premier roman (et le seul ?) de cette autrice. Mais j’espère qu’elle en fera d’autres, j’ai beaucoup aimé son écriture à hauteur d’enfant. On est vraiment avec cette petite fille (11 ans) Clara.

C’est un roman qui parle des migrants, de leur parcours, leurs attentes, la façon dont ils sont perçus. Et c’est aussi la quête d’une enfant pour retrouver son père, qu’elle n’a jamais connu.

Une très belle histoire, dont le titre et la couverture ne me tentaient pas plus que ça et qui fait que ce roman a traîné pendant presque 4 ans dans ma pal !

A lire !

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Lire les premières pages (site de l’éditeur)

D’autres romans jeunesse sur le thème de l’immigration : La peau noire des angesKhadim, le petit Lord (9/10 ans)- Rage (12/13 ans) – La saveur des bananes fritesMoi Gulwali, réfugié à 12 ans

Le caméléon et les fourmis blanchesRefugesUn ami en danger

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Ce livre participe à l’Objectif Pal chez Antigone

(Reçu en 2017... Oui, j’ai honte !)