Le fantôme de Canterville #Album

9876543322678.jpgAdaptation de classique en album

Le fantôme de Canterville

d’Oscar Wilde,

Traduit par Albert Savine

Et illustré par Barbara Brun

Marmaille & compagnie, septembre 2014
9782367730349,20€

Un album suprenant qui reprend le texte intégral d’Oscar Wilde, mais avec de superbes illustrations. Un riche ministre Américain s’installe dans un vieux manoir anglais, avec sa famille. Ce manoir est hanté par Sir Simon, mais celui-ci a beau tout faire pour effrayer cette famille américaine, rien ne semble les toucher. Alors peu à peu, la situation s’inverse…

Je ne vais pas parler ici du texte, assez connu et dont la traduction m’a semblé proche de celle que j’avais découvert il y a quelques années. Ce sont les illustrations qui ont réellement retenue mon attention !

Les illustrations de Barbara Brun, notamment celles en pleine page, offrent un petit côté ancien qui sied bien à cette histoire du 19ème, tout en y ajoutant une touche vintage avec de nombreux objets emblématique des années soixante.

photo-1-18-.JPGPhoto de Mya 

Titres de chapitre, petits encarts, détails au milieu du texte, tout est vraiment bien adapté à ce texte, créant une atmosphère particulièrement adaptée. Un très grand album, un très bel objet !

Une belle façon de faire découvrir ce texte aux adolescents, car accompagné par ces belles illustrations il parait moins ardu et long.

+ Les avis de Mya, Liyah et Nota Bene

+ Challenge Je lis aussi des albums 2015

+ Challenge Rentrée Littéraire 2014
+ Challenge Petit Bac

Les enfants loups 1 #manga

Manga jeunesse

Les enfants loups

Ame & Yuki 1

Adaptation en manga YÛ

Oeuvre originale Mamoru Hosoda
Dessin (pour l’animé) Yoshiyuki Sadamoto

Kazé, 2014

Un magnifique manga aux premières pages en couleur, qui nous entraine à la découverte de deux enfants mi loup mi humain. Ce tome commence avec leur rencontre de leur parents, et permet de découvrir l’origine de leur histoire.

Hana, la maman, étudiante heureuse puis mère dépassée par ces deux enfants loups est un magnifique personnage, une vraie force et c’est le pilier de cet univers. Les illustrations, adorables, rendent très bien l’atmosphère chaleureuse de ce foyer pourtant en proie aux difficultés. Malheureusement ce tome 1 est vraiment un tome de présentation, qui permet de connaître l’univers et de s’attacher aux personnages, mais il laisse vraiment le lecteur sur sa faim !

Un manga parfaitement adapté aux jeunes, avec son univers enfantin et animalier, et qui plaira par exemple aux lecteurs de Chi qui auront envie de se confronter à un manga plus élaboré, avec une histoire (et le sens de lecture japonnais).

Extrait :

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Mortelle Adèle (+Résultat concours)

Mortelle Adèle

1. Tout ça finira mal
2. L’enfer c’est les autres

de Tan et Miss Prickly

Je vous ai présenté Mortelle Adèle il y a quelques jours en raison du concours, depuis j’ai eu l’occasion de lire les deux premiers tomes!

J’ai tout d’abord était un peu surprise par le format, c’est étrange mais je les imaginais un peu plus grand. Bon cela dit niveau aspect, ils ont une couverture toute douce comme j’aime donc ça compense largement. J’ai donc ouvert le tome 1 et après quelques pages je rigolais toute seule… Notre Adèle est vraiment un sacré numéro ! C’est un mélange de blague type Toto, d’humour noir et de petite fille d’aujourd’hui, avec un vrai caractère, et une vraie sensibilité. Si elle torture son chat sans ménagement (le charaignée je suis fan!!!) elle peut aussi pleurer parce que dans les pub pour les insecticides on tue des insectes ^^

Je rigolais donc, et au bout d’un moment, voilà chéri penché par dessus mon épaule pour lire lui aussi… Résultat il a bien rigolé aussi ! Il a même repris ensuite le tome 1 pour lire le début qu’il avait manqué!
Des dessins colorés et entraînants, des situations qui font rire à tout âge et un enchaînement sans faux temps  de gags… Plein succès pour ces petites BD qu’on a dévoré! 

Je les ai donc mises au CDI, et là encore beaucoup de succès. Bon un inconvénient aussi, difficile de faire taire les élèves qui les regardent eux aussi en groupe! Ils aiment beaucoup, mais un format plus grand aurait été plus pratique pour la lecture à plusieurs !

Bilan très positif pour ces deux petites BD qui ont passé tous les tests avec succès, à la maison comme au 

collège… et je vais peut-être tenter quelques expériences sur mon chat moi aussi… ; )

Cet article devait initialement être publié hier, pour participer au Mercredi BD chez Mango…

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Résultats du concours 3

Oui je sais, je ne fais pas les résultats de concours dans l’ordre, mais ce n’est pas bien grave si ?

 

Place maintenant au tirage au sort :

109 chances ont été cumulées par les participants et c’est le numéro… 34

 

Bravo à Alexandra Gabrielli- Kuhn

J’attends ton adresse !

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La grammaire est une chanson douce

Roman pour adolescents

La grammaire est une chanson douce

d’Erik Orsenna (de l’Académie Française)

Ed Stock, 2001

“Tout le monde dit et répète “Je t’aime”. il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement les mots s’usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver.”

Ce livre est un grand classique des professeurs de français, tout le monde le connait parait il… Mais il faut bien avouer mon ignorance, je viens juste de le découvrir, à croire que j’étais toujours passé à travers les goutes. Bref comme dirais Neph, “Bon, vas-y, dis-nous plutôt de quoi ça parle !”

C’est donc l’histoire de Jeanne et de son grand frère Thomas. Enfin non c’est l’histoire des mots… Disons pour faire simple que c’est l’histoire de Jeanne et Thomas aux pays des mots! Chaque été ils traversent l’Atlantique en bateau pour les vacances d’été… Cependant une tempête les surprends et ils s’échouent sur une île… mais ils sont devenus muets… Des mots voguent dans l’océan…

J’arrête là le résumé de l’histoire, de toute façon tout le monde le connait ce livre (comment ça je me répéte… faut voir aussi qu’on me l’a bien répété…) Toujours est-il que les enfants, pour réapprendre à parler vont devoir apprivoiser les mots, jouer avec eux. jeanne passera des journées entières dans l’usine des mots, à marier verbes, auxilliaires, interjections, sujet, complément, conjonction… Ils vont même rencontrer St Exupéry!

Une très belle histoire fantastique, qui rappelle à la fois la force et le pouvoir des mots, mais aussi leur sensibilité propre. Un bon moyen de revoir les bases des fonctions grammaticales et les temps, sans s’en apercevoir!

J’ai beaucoup aimé ce petit moment de complicité avec les mots
. L’écriture reste légère, malgré des phrases peu habituelles en littérature jeunesse… (la narratrice est une petite fille de 10-11 ans)

“Un insecte avait dû pendant la nuit, s’introduire dans mon oreille et maintenant l’effronté, il me gratouillait le tympan. Il me fallait sévir”

… à relire mon exemple je ne le trouve pas si exceptionnel… c’est un ensemble je crois!

Un autre extrait pour le plaisir :
Les mots dormaient.
Ils s’étaient posés sur les branches des arbres et ne bougeaient plus. Nous marchions doucement sur le sable pour ne pas les réveiller. Bêtement, je tendais l’oreille : j’aurais tant voulu surprendre leurs rêves. J’aimerais tellement savoir ce qui se passe dans la tête des mots. Bien sûr, je n’entendais rien. Rien que le grondement sourd du ressac, là-bas, derrière la colline. Et
un vent léger. Peut-être seulement le souffle de la planète Terre avançant dans la nuit. Nous approchions d’un bâtiment qu’éclairait mal une croix rouge tremblotante.
-Voici l’hôpital, murmura Monsieur Henri.
Je frissonnai.
L’hôpital ? Un hôpital pour les mots ? Je n’arrivais pas à y croire. La honte m’envahit.
Quelque chose me disait que, leurs souffrances nous en étions, nous les humains, responsables. Vous savez, comme ces Indiens d’Amérique morts de maladies apportées par les conquérants européens.
Il n’y a pas d’accueil ni d’infirmiers dans un hôpital de mots ; Les couloirs étaient vides. Seule nous guidaient les lueurs bleues des veilleuses. Malgré nos précautions, nos semelles couinaient sur le sol.
Comme en réponse, un bruit très faible se fit entendre. Par deux fois. Un gémissement très doux. Il passait sous l’une des portes, telle une lettre qu’on glisse discrètement, pour ne pas déranger.
Monsieur Henri me jeta un bref regard et décida d’entrer.
Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue :
Je
t’

aime

Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur
la blancheur des draps. Trois mots reliés chacun par un tuyau de plastique à un bocal plein de liquide.
Il me sembla qu’elle nous souriait, la petite phrase.
Il me sembla qu’elle nous parlait :
-Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j’ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
-Allons, allons, Je t’aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pied.
Il la berça longtemps de tous ces mensonges qu’on raconte aux malades. Sur le front de Je t’aime, il posa un gant de toilette humecté d’eau fraîche.
-C’est un peu dur la nuit. Le jour, les autres mots viennent me tenir compagnie.
« Un peu fatiguée », « un peu dur », Je t’aime ne se plaignait qu’à moitié, elle ajoutait des « un peu » à toutes ses phrases.
-Ne parle plus. Repose-toi, tu nous as tant donné, reprends des forces, nous avons trop besoin de toi.
Et il chantonna à son oreille le plus câlin de ses refrains.
La petite biche est aux abois
Dans le bois se cache le loup

Ouh ouh ouh ouh

Mais le brave chevalier passa

Il prit la biche dans ses bras

La la la la

-Viens Jeanne, maintenant. Elle dort. Nous reviendrons demain.”

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