Passionnée de lecture depuis que je sais lire. J'ai rarement passé une journée sans lire au moins quelques lignes ! J'aime la littérature jeunesse, les bandes dessinées, les romans (y compris polars et SFFF), les docs...

Rebis

Rebis

A partir de 12 ans

Rebis

Irène Marchesini & Carlotta Dicataldo

Traduit par Claudia Migliaccio

Le Lombard (2024)

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Rebis : A la naissance de Martino, son père, voyant qu’il était différent, ne voulut pas le garder. Mais sa mère insista pour conserver son enfant, qui était en bonne santé. En grandissant, il devint évident que Martino était “spécial”. Il avait la peau très claire et les cheveux blancs. Et à cette époque Moyenâgeuse, être différent revenait à être coupable…

Au fil du temps, les voisins sont de plus en plus nombreux à se plaindre : le renard a attaqué 3 fois le poulailler chez l’un, la vache ne donne plus de lait chez l’autre… Et tout cela, bien sûr, est la faute de Martino qui aurait attiré “le mauvais œil” sur le village. Le père, las d’entendre les récriminations de ses voisins, veut l’envoyer au loin. Mais Martino s’enfuit et fait une rencontre qui va changer sa vie.

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C’est une belle histoire sur la différence. Et sur comment les gens acceptent ou rejettent ce qu’ils ne connaissent pas, ne comprennent pas ou n’apprécient pas. Le gros “défaut” de Martino (selon les villageois) c’est qu’il est albinos. Cette histoire se passe au Moyen-Age, mais elle pourrait tout aussi bien se passer de nos jours… La bêtise humaine n’a pas de limites, c’est bien connu. Et puis il est toujours si facile d’accuser “l’autre”, celui qui est différent, celui qui n’a pas la même couleur de peau !

J’ai également apprécié les illustrations (malgré le côté un peu “manga” des visages, très à la mode de nos jours) et j’ai beaucoup aimé les couleurs variées et lumineuses ainsi que la mise en page changeante. Je vous laisse découvrir pourquoi le titre est Rebis

A priori c’est la première fois que je lis une bd qui parle d’un albinos. En cherchant un peu, j’ai vu qu’il y en avait d’autres. Une mère qui parle de son post-partum et de son enfant albinos dans “Comme une comète” et pour les plus jeunes, une histoire de chats albinos : Léonid, les aventures d’un chat.

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Lire les premières pages (site éditeur)

Que veut dire le mot “Rebis” ?

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La BD de la semaine, c’est chez Fanny

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Quinzaine italienne chez Tours et Culture (Sur FB)

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+ au Challenge Halloween chez Lou et Hilde

https://lelivroblog.fr/wp-content/uploads/2023/09/logo-halloween-23a.jpg?w=1080

Nos vies en l’air

NOS VIES EN L’AIR

Manon Fargetton

Rageot (2019)

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Alors que Mina, debout sur le bord du toit de l’immeuble, observe les voitures en contrebas, une voix la surprend.

“Tu vas sauter ?” Surprise, elle vacille, manque de tomber.

Océan reprend : “Tu vas sauter ?” Mina est agacée, voudrait qu’il s’en aille. Mais Océan est curieux. S’engage alors une drôle de conversation entre les deux ados. Ils décident de s’accorder un sursis. De passer cette nuit ensemble. Pas de “coucher” ensemble. Juste passer cette nuit tous les deux. Et de faire ce qui se présentera à eux, ce qu’ils auront envie. Et de sauter ensemble, le lendemain matin, s’ils ont encore envie de mourir… Car Océan aussi était monté sur ce toit pour en finir.

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Mina et Océan se rencontrent par hasard sur le même toit, avec la même volonté : sauter pour en finir avec cette vie qui ne leur apporte que souffrance. Ils vont s’accorder une nuit de sursis, une nuit de défis. Cette histoire parle de mal être, de harcèlement, de deuil et de suicide… Pourtant c’est un roman plein de vie !!

Une vie dans l’urgence, le jeu, l’inconscience, la prise de risques, comme on peut en avoir une à l’adolescence. Alors n’ayez pas peur des thèmes, même s’ils sont durs. Ce n’est pas un roman pour pleurer, mais pour redécouvrir la pulsion de vie qu’il y a en chacun de nous.

J’ai beaucoup aimé (une fois de plus) l’écriture de Manon Fargetton. Une écriture lumineuse, sensible, dans l’urgence… Ses personnages me touchent à chaque fois !

A la fin du roman, une page donne les coordonnées de plusieurs associations d’entraide et d’écoute, car il faut quand même rappeler que :

Chaque année le suicide est responsable de la mort de plus de 400 adolescents en France, ce qui en fait la 2e cause de mortalité pour cette tranche d’âge. L’adolescence constitue également l’âge de la vie pour lequel les tentatives de suicide sont les plus fréquentes.” Extrait de la plaquette Stratégie Nationale de Prévention du Suicide (2023)

Infos bonus :

  • Ce roman vient d’être adapté en série, elle sort le 25 octobre 2024 sur la plateforme France TV Slash
  • Il ressort avec une nouvelle couverture (avec les acteurs de la série dessus)Festival du livre jeunesse
  • Il sort également en livre audio et c’est Manon qui fait le personnage de Mina !
  • Manon sera présente au Festival du Livre Jeunesse de Carnac (56) le dimanche 20 octobre 2024.
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Si vous voulez en savoir un peu plus : Sa page Facebook – Son compte Instagram

+ Retranscription d’une conversation que j’ai eu le plaisir d’avoir avec elle

Romans de Manon déjà présentés sur ce blog :

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Si les hommes avaient leurs règles

RÈGLESA partir de 15 ans

Si les hommes avaient leurs règles

Camille Besse & Éric La Blanche

Le Lombard (2022)

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Imaginez un monde où, non contents d’édicter les règles, les hommes les auraient ! Un monde où Dieu aurait décidé de partager la douleur pour laver le péché universel : aux femmes celles de l’enfantement, et aux hommes les menstrues. Alors, la face du monde en aurait-elle été changée ? Les rapports homme-femme inversés ?

Hem… Comment vous dire… ? Les hommes seront toujours les hommes. Saigner serait vraisemblablement un motif de fierté, voire un marqueur de virilité… Après tout, célébrer les effusions de sang, ça les connaît !

Les deux auteurs racontent que leur projet de départ a été motivé par un article de la féministe Gloria Steinem. Paru en 1978 dans le magazine Cosmopolitan, il s’intitulait : “À quoi ressemblerait le monde si les hommes avaient leurs règles ?

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Ah les règles ! Le super tabou… Au point que personne n’appelle ça par son nom réel, mais par des expressions plus étranges les unes que les autres : avoir ses ragnagna, ses ourses, ses lunes.  Ou encore “Les anglais vont débarquer” (celle-ci date des guerres Napoléoniennes !)

Bref. J’ai trouvé l’idée originale et amusante, et c’est bien imaginé. Et certainement proche de ce que serait cette “réalité alternative”, à savoir que les règles ne seraient plus un tabou mais un objet de fierté.

Dans les points négatifs, j’avoue que j’ai trouvé ça un peu long et répétitif au final… Mais comme ce sont des histoires qui font 2 ou 3 pages max, rien ne vous empêche de les lire petit à petit ! Et puis, pour une bd qui s’adresse à des ados de 15 ans, j’ai trouvé les références un peu “vieillottes” (Ste Thérèse d’Avila, U2, Karl Lagerfeld ?)

Par contre les pages documentaires à la fin qui expliquent justement ces références sont intéressantes et instructives. Les illustrations complètent bien le texte, elles sont rigolotes et colorées et les personnages sont expressifs.

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Lire les premières pages (site éditeur)

Éric La Blanche est journaliste scientifique, scénariste et auteur spécialisé dans les questions de genre et d’écologie.

Camille Besse est autrice de bandes dessinées et dessinatrice de presse.

La BD de la semaine est chez Blandine

La quête – Bulles Ados chez Noukette

queteLA QUÊTE

T1 : La dame du lac perdu

Frédéric Maupomé (scénario)

Wauter Mannaert (dessin et couleurs)

Le Lombard (2024)

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Pelli est un jeune garçon qui vit dans un château avec son grand-père. De sa mère, on ne sait rien. Et son père est parti lorsqu’il était jeune, suite à une dispute avec le grand-père. C’est donc à lui qu’échoit la lourde responsabilité de reprendre la quête familiale : Traquer la bête questante.

Il va être aidé dans ses recherches par la dame du Lac, Nimué, (c’est une fée) qui lui offre une épée magique. Montés sur Géraldine, le scooter du grand-père, ils vont partir chercher la bête…

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Ce tome 1 est le début d’une aventure amusante. On fait donc la connaissance de Pelli (descendant du Roi Pellinor s’il vous plaît !) qui n’est plus scolarisé, ne travaille pas vraiment, bref, cherche à donner un sens à sa vie. Pour lui, cette quête tombe à pic.

Nimué, la dame du Lac, condamnée depuis des siècles à attendre que quelqu’un vienne enfin chercher l’épée magique, se meurt d’ennui. Ce n’est rien de dire que cette quête tombe à pic également pour elle !

La fin de ce tome 1, malgré ses 120 pages, nous laisse sur notre faim… On comprend qu’il y a beaucoup de pistes à explorer. Qui sont les parents de Pelli et où sont-ils ? Qui a fait disparaître la magie (on a un début de piste avec la dernière case) ? Et qu’est-ce que la bête questante ???

Les illustrations sont rigolotes et très colorées, avec une mise en page qui change à chaque page !

Bref, une BD jeunesse fort sympathique, avec laquelle j’ai passé un très bon moment.

Ce mélange de quête à la mode arthurienne et de temps modernes est vraiment plaisant.

Vivement la suite !

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Voir un extrait (site éditeur)

De Frédéric Maupomé déjà présentés sur ce blog : Anuki (plusieurs tomes, voir en fin de page), Supers et Sixtine

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Cette semaine on parle “Bulles adolescentes” et c’est chez Noukette