LC # Halloween – Frida et Diego au pays des squelettes

Frida et Diego

au pays des squelettes

de Fabian Negrin

album jeunesse

Seuil Jeunesse, 2011
9782021044300 , 16€50

Thèmes : fête des morts, fantastique, Mexique, Frida Kahlo, Diego Rivera

 

Présentation de l’éditeur :
Dans chaque culture, on célèbre les morts.
Toussaint, Halloween, les façons de leur rendre hommage sont bien différentes. Au Mexique, la fête des morts est une des fêtes les plus importantes. Dans cet album, Fabian illustre les préparatifs et le côté festif et joyeux de cette tradition. Il s’appuie sur les personnages de Frida Kahlo et Diego Ribera, figures emblématiques du Mexique, qu’il représente enfants. Les personnages sont déjà très reconnaissables : leur amour passionnel, leurs caractères, leur relation.
L’histoire : c’est le jour de la fête des morts. Le matin, les enfants vont acheter les bonbons que l’on mange ce jour là. Dans les cuisines on s’active pour préparer les mets spéciaux que l’on ira déguster au cimetière et donner en offrande. Là, Frida et Diego, comme à leur habitude, ont une querelle. Frida surprend Diego en train d’embrasser Rosa Spinosa. Folle de rage, elle le poursuit à travers le cimetière.
De là, part une aventure qui emmènera les deux enfants dans le monde des morts. L’histoire est narrée de façon ironique et légère. À la fin, ils reviennent sur terre, après avoir surmonté leur peur.

 

Mon avis :

Dans cet album pour enfants, on mélange conte fantastique et documentaire. Ainsi les personnages à l’air de poupée que l’on suit dans cet album sont Frida et Diego. Frida Kahlo et Diego Rivera. La fin nous livre d’ailleurs quelques informations supplémentaires. Pourtant j’avoue que cet aspect documentaire n’est pas ce qui m’a séduit dans cet album.Fichier:Catrinas 2.jpg

La fête des morts (ou jours des morts) au Mexique est quelque chose de très important. Elle a lieu les 1er et 2 novembre. Cette fête ressemble en partie à notre Toussaint, puisqu’elle est l’occasion de se rendre au cimetière, de nettoyer les tombes et de faire des offrandes au mort. Là où cela différe c’est justement dans ces offrandes : fleurs, mais aussi nourriture, alcool… Cette fête est aussi l’occasion de réjouissance, avec la fabrication du pain des morts et de nombreuses sucreries, dont les calaveras, des crânes en sucre. Ces éléments sont repris dans cet album, une belle façon de découvrir cette fête.

Légende de la photographie (wikipédia) : Statuette squelette d’une dame indigène de la haute société, inspirée de la Calavera Garbancera de José Guadalupe Posada dite « Catrina », une des figures les plus populaires de la fête des morts au Mexique.

Mais cet album ne raconte pas que l’histoire de cette fête, car nous suivons Frida et Diego, représentés comme des enfants, qui découvrent le monde souterrain, celui de la mort. A mi chemin entre Alice au Pays des Merveillers et les Noces funèbres – très Tim Burton, mes références – ce conte fantastique nous plonge dans un monde étrange, effrayant, et pourtant traité avec assez de légerté pour ne pas être terrifiant!

Si les illustrations et couleurs sont très belles, les nombreuses réfréférences implicites ou explicites de cet album le rende assez complexe d’accès pour de jeunes enfants, mais permet de faire de très belles découvertes… et de voyage jusqu’au Mexique, pour cette fête qui est un mélange d’Halloween et Toussaint…

 

Dans le cadre de cette lecture commune sur Halloween,
Liyah nous propose de découvrir Fées Sorcières, Lutins & Cie

Cet article est aussi ma dernière participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde!

Hardi Hérisson et autres poésies russes

Hardi Hérisson
et autres poésies russes

illustré par Delphine Chedru

Album illustré jeunesse / Poésie

Albin Michel jeunesse, septembre 2011
9782226221964, 9,50€
40 pages

Présentation de l’éditeur :
“La Russie est probablement l’un des rares pays au monde à avoir institué la poésie pour les enfants en genre à part entière. En effet, depuis les années 1920, bien qu’héritier d’une tradition folklorique faite de comptines et de chansonnettes, c’est un domaine neuf qui émerge, décidé à se défaire de la morale et de la sensiblerie dont les oeuvres pour enfants étaient empreintes au XIXe siècle. Il s’agit pour les auteurs qui s’en emparent de restituer la fraîcheur et l’inventivité enfantine et de créer une poésie authentique, libre, dénuée de pédagogie. Delphine Chedru a choisi d’illustrer quelques-uns de ces poètes[…]”

Mon avis :
Est-il utile de vous expliquer ce qui m’a poussé à lire ce livre ? Difficile en effet de passer à coté de ce hérisson noir sur fond rouge en couverture…!

Des poésies donc, des devinettes aussi… Certaines que je connais, très peu cependant. Des poésies courtes, simples pour la plupart, souvent décalées et drôles! L’humour est vraiment ce qui revient le plus souvent dans ces poésies, humour grandement appuyé par les illustrations de Delphine Chedru. On est loin dans ces textes des comptines françaises, les mots sont résolument modernes, ils racontent des histoires, parfois sans queue ni tête. Des textes qui pris séparément peuvent être ardus, dérangeants parfois, mais qui, dans ce recueil, et illustrés, forment un très beau recueil pour les enfants, et pour les adultes qui souhaitent découvrir cette poésie.

Car les illustrations de Delphine Chedru sont à l’image des textes, et les accompagnent à merveille. Des tons vifs, comme sur la couverture, mais en plus travaillés, avec des incrustations de photos, des dessins, des aplats, un ensemble très moderne mais qui fait pensé à d’anciennes décorations / publicités. Le noir est omniprésent aussi, en contraste avec les couleurs criardes, permettant de repérer les personnages, souvent animalier, que l’on lit dans le texte.

Un album qui m’a troublé au début, mais que j’ai finalement beaucoup apprécié, pour l’époque qu’il représente, les textes et illustrations décalés qu’il nous propose et qui change des recueil de poésie pour enfants que l’on peut voir souvent.

Extraits :
Les nuages, d’Oleg Grigoriev
J’ai demandé aux nuages :
_ Quand dans vos vagabondages
Vous vous heurtez tout à coup,
Ils vous font très mal, ces coups ?
_ Pas du tout.
_ Alors, pourquoi pleurez-vous ?

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

LC # Bébé / Naissance

J’avais prévu pour cette Lecture Croisée avec Liyah de vous parler d’un très bel album repéré à la librairie sur la naissance, sauf que je n’ai pas eu le temps de le lire pour aujourd’hui, j’ai donc changé de programme pour un livre pas tout à fait 100% dans le thème, et le vraiment dans le thème viendra plus tard :)

A quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin ?

Je vais mourir
Tu vas mourir
Tout le monde va mourir
Alors
A quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin ?

Ainsi s’ouvre cet album coloré ! Et finalement c’est vrai, à quoi ça sert ? Cousin, Cousine, Papa, Tata, Copain… la petite fille du livre va leur laisser la parole chacun leur tour, sur des doubles pages, tout en nous les présentant rapidement. Ainsi (quelques exemples)

“Et bien ça sert à faire des cacas jaunes qui transpercent ma grenouillère” [dirait ma petit soeur Zoé si elle savait parler]
“Ranger sa chambre” [dit mon grand frère Philibert juste pour me faire braire]
“A rien justement” [dit mon cousin Bastien qui est gothique tendance martien]
“A faire des enfants qui font des petits-enfants
qui font des arrière-petits-enfants
qui font des arrière-arrière-petits enfants[…]
[dit ma grand-maman qui nous dit tout le temps “Je suis fière de vous” et qui nous aime tellement]

Chaque page apporte sa philosophie, et certaines phrases sont tellement fines, fondantes, j’adore! Par contre peut être y en a t-il un peu beaucoup au final, et le livre aurait pu gagner en finesse en étant un peu plus facile d’accès, car si j’ai vraiment beaucoup aimé, je me suis parfois demandée si ce livre n’était pas surtout pour les adultes, du moins dans certaines réflexions. Mais je suis sûre que c’est une question que les enfants se posent un jour ou l’autre…

Les dessins sont colorés, foisonnants, très intéressants et permettent de s’attarder sur chaque page de longs moments pour découvrir toutes les approches choisies par l’illustrateur Julien Martinière. J’aime particulièrement la page des livres, et celle de la tour Eiffel… je vous laisse découvrir!

PIQUET Emmanuelle / MARTINIERE Julien – A quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin ? .- Sarbacane, 2011.- 978-2-84865-416-4, 13,50€

Liyah a pour sa part totalement respecté le thème… mais de toute façon rien qu’avec l’arrivée de son petitou elle avait forcément gagné ;)

Elle a donc choisi trois titres :
– Petit ours brun et le bébé
– T’choupi a une petite soeur

et les Bébés animaux !

Encore une fois Félicitations Laurie,
j’ai hâte de voir Djebril, en photo d’abord,
et en vrai avant que vous ne repartiez j’espère… :)

Les silence des pierres

 

 

Les silences des pierres

de Philippe Barbeau et Marion Janin

Album

L’atelier du Poisson Soluble, 2010
978-2-913741-88-1, 20€

Thèmes : Guerre, Pierre, Mémoire, Séparation

 

 

Présentation de l’éditeur :

“La folie des hommes apporta le deuil et trancha la ville en deux“.Longuement, Philippe Barbeau a poli son texte.
Puis, patiemment, Marion Janin se l’est approprié, lui imposant son souffle, sa respiration. Son trait précis, presque précieux, respecte l’universalité du conte, tout en lui imposant une touche très personnelle. “Les pierres ont parfois des silences qui séparent ”.

Mon avis :

C’est suite à une très belle expo à la librairie Croquelinotes que j’ai découvert cet album..

“Les pierres ont parfois des silences qui apaisent
… qui enchantent

C’est l’histoire d’un coiffeur, juste entre deux mondes, deux pays en guerre, à la frontière. Témoin. Entre Ouest et Est. Silence. Paix. Amitié. Guerre. Séparation. Mort

… qui séparent
… qui protègent

De magnifiques grandes pages, des illustrations avec juste quelques touches de couleur. Un ensemble qui a su me toucher tant par les mots que les illustrations, mais un ensemble difficile. A lire et à comprendre. Pour adulte ?

… qui désolent”

j’ai perdu le fil! je crois que j’en suis là : 12/20

C’est un comble pour mon propre challenge non ? C’est maintenant officiel, je ne suis pas du tout organisée!