La louve boréale – BD

boréaleLa louve boréale

Núria Tamarit

Sarbacane (2022)

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Sur le vieux continent, Joana a tout perdu. Elle vend le peu qui lui reste pour acheter un billet afin de traverser l’océan pour rejoindre le Nouveau Monde. En effet, elle a entendu parler d’un Eldorado, un endroit d’où les hommes reviennent avec de l’or plein les poches. Mais le monde des orpailleurs est un monde dur, cruel et sans pitié. Et c’est un monde d’hommes.

Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est qu’elle se retrouverait seule et qu’il ferait aussi froid… Seule, elle ne le restera pas longtemps. Elle libère une chienne d’un maître violent, et celle-ci va l’accompagner. Une femme, puis une autre, vont aussi la rejoindre. Arriveront-elles à rentrer avant que la neige ne recouvre tout ? Heureusement, l’une d’elles connaît la flore boréale. Mais cela suffira t-il à les sauver ?

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J’ai mis un certain temps pour me décider à lire cette BD. La couverture m’attirait et je la trouvais très étrange à la fois. Il faut dire aussi que jusqu’à hier j’étais en pleine période d’examens et que je n’ai pas beaucoup lu (mis à part des lectures “pro”) depuis début décembre…Bref.

Je n’aurai pourtant pas dû hésiter parce qu’elle m’a beaucoup plu finalement !

On ressent bien la brutalité de ce monde. Les hommes, avides et violents, le froid mordant et la nature sauvage… On finit par savoir ce que Joana a perdu, et comment. Et pourquoi elle est venue se fourvoyer dans une quête qui ne lui ressemble pas.

Au départ les illustrations ne m’attiraient pas trop, mais je m’y suis habituée (les couleurs par contre, m’ont plu dès le départ).

Et au final, c’est une belle découverte que cette histoire de quête, d’entraide et de respect de la nature !

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Voir quelques illustrations (site de l’éditeur)

Elle est l’illustratrice de Géante (que je vais lire très bientôt !!)

Et cette semaine, c’est dans la bibliothèque de Noukette que nous nous réunissons.

Soixante printemps en hiver – BD

soixanteSoixante printemps en hiver

De Jongh & Chabbert

Aire Libre

Dupuis (2022)

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Aujourd’hui est un jour spécial. C’est l’anniversaire de Josy, elle a soixante ans. Son mari, ses enfants et ses petits enfants sont réunis pour l’occasion. Alors qu’on lui apporte son gâteau avec les bougies allumées, Josy refuse de souffler. Pour faire une annonce qui surprend tout le monde : après 35 ans de mariage, elle part, elle reprend sa liberté.

Et elle le fait aussitôt. Elle prend la valise préparée le matin même, monte dans le vieux minibus et c’est parti. Dans son équipée, elle va rencontrer plusieurs personnes plus ou moins heureuses, plus ou moins bien insérées socialement. Il y a Camélia, une jeune mère célibataire qui vit dans une vieille caravane avec son fils d’un an, Tom. Et puis Christine aussi…

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La seule chose que je trouve ratée dans cet album, c’est la couverture. Je trouve qu’elle ne donne pas envie de la lire. Et s’il n’y avait pas eu le nom des deux autrices, je pense que je ne l’aurai pas ouverte. Et ça aurait été dommage, parce que j’ai bien aimé l’histoire de cette femme qui réalise un jour que la place qu’elle “occupe” ne lui convient pas. Que sa vie ne l’intéresse pas. Et qui décide de partir, tout simplement.

J’aime beaucoup le titre aussi que je trouve très beau, très poétique. C’est une histoire avec beaucoup de tendresse, de tristesse aussi.

Une belle histoire de vie !

https://www.dupuis.com/v5/img/visuels_resume_bd/1347370_60printemps.jpg

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D’Aimée De Jongh, j’ai déjà lu et apprécié le magnifique “Jours de sable“. Elle a également illustré : L’ obsolescence programmée de nos sentiments

Son site

D’Ingrid Chabbert, nous vous avons déjà présenté : Mon pépé (Alb), Artus et Lubin (Alb BB), Au feu les pompiers (3ème livre du billet), Tout le monde sait faire du vélo et La mémoire aux oiseaux et La famille au poil (BDJ)

Son blog (pas mis à jour depuis 2016) = voir FB

Feuilleter les premières pages (site de l’éditeur)

D’autres ont aimé aussi : Noukette, et ?

C’est la reprise de la BD de la semaine (même si j’ai loupé le coche…)

Et c’est chez Fanny du blog Mes pages versicolores

Kinderzimmer – roman

KinderzimmerKinderzimmer

Valentine Goby

Babel

Actes Sud (2013)

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Lecture commune avec Blandine

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Suzanne Langlois est dans une classe de terminale. Elle est venue raconter sa déportation, le quotidien du camp, la kinderzimmer.

Kinderzimmer, pour ceux qui n’ont jamais fait d’allemand, c’est la garderie, la chambre des enfants. Mais une question inattendue l’arrête dans son récit bien rodé. Une question simple, qui la perturbe pourtant parce qu’elle lui fait perdre le fil de son histoire. Et parce qu’elle doit réfléchir, se replonger dans ses souvenirs douloureux. Elle ne raconte plus, elle revit.

Elles sont quatre cents femmes moins les mortes en arrivant au camp. Mila le sait parce qu’on les a comptées avant de les envoyer en Allemagne. Elle est épuisée, mais les flashs, les aboiements des chiens, les cris des femmes l’empêchent de tomber. Mila est enceinte et a des nausées sans arrêt. Elle se demande si l’enfant est une chance ou non.

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Étrangement, en lisant ce roman, je n’ai pas pleuré. Ce n’est pas “tire-larmes” ni même émouvant. Non. C’est juste glaçant. Ce quotidien dans lequel nous sommes plongés, dans les Blocks du camp de concentration pour femmes de Ravensbrück, est tellement insoutenable, monstrueux, inimaginable.

Les phrases sont brutes, directes parfois hachées. Rien ne nous est épargné à nous pauvres lecteurs bien à l’abri dans nos maisons, le ventre plein. Comment se mettre à la place de ces femmes ? La faim, le froid, la crasse, la puanteur, les poux. Les maladies, la violence des soldats. Tenir. Il faut tenir. Le moindre moment de bonheur, une chanson, un souvenir permettent de tenir encore un peu. Alors un nouveau-né, promesse d’un avenir, rassemble les femmes.

Un récit à lire
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Extrait p. 25 : (Ce sont des prisonnières françaises qui parlent aux nouvelles venues)

Elles disent qu’il ne faut pas être malade, les malades sont les premières victimes des sélections, qui conduisent à des transports noirs vers d’autres camps, dont ne reviennent que des robes numérotées. Aussi, éviter le [revire], l’infirmerie, qui est un mouroir et vous désigne illico comme charge, plutôt que comme Stück exploitable chez Siemens ou au [betribe], l’atelier de couture. Au Revier on ne soigne pas. On est parfois empoisonné. On côtoie le typhus, la scarlatine, la coqueluche, la pneumonie. Éviter le Revier le plus longtemps possible. Mila entend. Le Revier, c’est la mort. La grossesse, à terme, c’est le Revier donc c’est la mort.

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Sur ce blog des médiathèques d’Antony, vous pourrez voir 2 vidéos : l’une de Valentine Goby, l’autre de Marie-José Chombart de Lauwe (la puéricultrice de la kinderzimmer)

Ce roman a obtenu de nombreux prix voir sur la page de l’éditeur

Sophie vous l’avait déjà présenté ici

De cette autrice, j’ai déjà lu et beaucoup aimé “Un paquebot dans les arbres“.

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Ce roman participe au challenge “LE TOUR DU MONDE EN 80 Jours LIVRES” (France)

proposé par Bidib

monde

La fiancée de Bombay

BombayMeeting India
Roman Anglais

La fiancée de Bombay

Julia Gregson

France Loisirs (2009)

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Lecture Commune avec Isabelle du blog Une ribambelle d’histoires

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Londres, 1928. Viva, jeune femme orpheline a mis de l’argent de côté. Son projet ? Aller en Inde où ses parents sont morts lorsqu’elle était enfant. Malgré tout, ses économies étant insuffisantes, elle va devoir travailler pour payer son voyage.

Sur le bateau qui les amène à Bombay, elle va servir de chaperon à Guy Glover. C’est un jeune garçon perturbé qui vient de passer 10 ans en internat. Il va en Inde rejoindre ses parents parce qu’il a été renvoyé de l’école.

Viva accompagne également deux jeunes filles, Rose et Victoria. Deux amies de longue date. Rose part à Bombay pour se marier avec un officier de cavalerie coloniale qu’elle connaît à peine. Et Victoria, Tor pour les intimes, va être sa demoiselle d’honneur. Tor quant à elle, est ravie de quitter le giron familial. Sa mère passant son temps à lui reprocher ses faits et gestes et à surveiller tout ce qu’elle fait et tout ce qu’elle mange, elle a soif de liberté.

Ce n’est cependant pas sans angoisse que tout ce petit monde se retrouve sur le Kaiser-i-hind, navire immense et luxueux. La traversée va durer deux semaines, avec des escales à Marseille, Malte et Port Saïd, avant d’arriver enfin à Bombay.

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Je suis été attirée par cette couverture au charme désuet, avec ses incrustations dorées et son air de carte postale d’un autre temps… En plus, depuis que je participe au challenge “Les étapes Indiennes”, dès que je trouve un livre d’un auteur indien ou qui se passe en Inde, je le prends !

J’avais un peu peur du côté “romance” mais en fait, j’ai beaucoup aimé. J’ai dévoré l’histoire de Viva, Rose et Tor en deux jours (et il y a quand même 700 pages). J’ai été séduite par le côté dépaysant et par les personnages, ces jeunes femmes qui partent à l’aventure (l’une pour se marier avec un homme qu’elle connaît à peine, l’autre pour “retrouver” son passé, la 3ème pour échapper à une mère étouffante).

Celle qui va se marier sait à peine comment on fait les bébés… Et les autres ne sont pas beaucoup mieux loties. Car cette histoire se passe en 1928. Il y a aussi une certaine critique du colonialisme et du comportement des colons (les anglais). Bref, ce roman se lit très facilement, il est intéressant et il m’a beaucoup plu !

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Billet récapitulatif de nos lectures “Indiennes”

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Un roman qui participe à plusieurs challenges

Le Mois Anglais chez Lou et Titine

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Il participe aussi à l’Objectif PAL chez Antigone

(J’avoue ne plus trop savoir depuis quand je l’ai celui-ci…)

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Challenge les Étapes Indiennes chez Hilde et Blandine

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Le tour du monde en 80 livres (Angleterre) chez Bidib

monde

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Et comme il fait 700 pages (éditions France Loisirs, 2010)

Il participe également au challenge “Pavé de l’été” chez Sur mes brizées

Challenge d’ors et déjà réussi puisqu’il suffit d’en lire un…