L’immeuble Yacoubian

Yacoubian

L’immeuble Yacoubian

Alaa El Aswany

Traduit de l’arabe (Égypte) par Gilles Gauthier

Collection Babel

Actes Sud (2006 / vo 2004)

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Lecture Commune avec Blandine

Une lecture recommandée par Rachel ;)

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Éditeur : L’auteur est un vrai Égyptien, enraciné dans la terre noire du Nil, de la même veine que Naguib Mahfouz.
Il pose un regard tendre, affectueux, plein de pitié et de compréhension sur ses personnages qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège.

Il ne juge pas, mais préfère nous montrer les espoirs puis la révolte de Taha, le jeune islamiste qui rêvait de devenir policier ; l’amertume et le mal de vivre de Hatem, homosexuel dans une société qui lui permet de jouir mais lui interdit le respect de l’amour ; il nous fait partager la nostalgie d’un passé révolu du vieil aristocrate Zaki ; l’affairisme louche mêlé de bigoterie et de lubricité d’Azzam ; la dérive de la belle et pauvre Boussaïna, tout cela à l’ombre inquiétante du Grand Homme, de ses polices et de ses sbires de haut vol comme l’apparatchik El-Fawli, et à celle non moins inquiétante d’un islam de combat, qui semble être la seule issue pour une jeunesse à qui l’on n’a laissé aucun autre espoir.

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Si j’ai bien aimé l’écriture et le “témoignage”, la vision d’une certaine époque, j’avoue avoir eu beaucoup plus de mal avec tous les passages sur la religion. Même si, à mon avis, ils sont plus donnés à titre “critique” pour montrer l’exagération de certains, que par prosélytisme…

Dans ce roman, on découvre la vie de plusieurs personnages au sein d’un monde où la corruption, la pauvreté et les inégalités sont importantes. Et où les homosexuels doivent être prudents, où les femmes ne sont pas encore voilées, même si elles sont souvent “à la merci” des hommes.

C’est aussi le passage d’un monde “occidentalisé” à un monde islamique et gouverné par la stricte obéissance à Dieu.

La nostalgie de certains personnages m’a rappelée celle de ma grand-mère qui a vécu en Égypte (à Héliopolis) de sa naissance en 1920, jusque dans les années 50 (où les étrangers, mes grands-parents étaient italiens, n’étaient plus les bienvenus…). Elle gardait de cette époque et de cette vie un merveilleux souvenir !

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Un film tiré du roman a été réalisé en 2006 par Marwan Hamed

La littérature Africaine sur les blogs (+ ma pal Africaine)

Un roman qui participe à plusieurs challenges

Et c’est le 6è/26 pour

En sortir 26 en 2026

En 2026

Le challenge ABC (lettre E) chez Enna

Le challenge ABC Titre (lettre I) de Sophie (sur ce blog)

ON A SUPERMARCHÉ SUR LA LUNE

supermarché

A partir de 13 ans

ON A SUPERMARCHÉ

SUR LA LUNE

Sébastien Joanniez

La Joie de Lire (2022)

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Ce roman fait partie de la sélection du Prix Vendredi 2022

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On a supermarché sur la lune, c’est le journal de Rosa. Elle nous raconte sa vie, ses rêves, ses cours, ses potes, sa famille et ses amours. L’adolescence, l’âge des questions sans réponses ?

Rosa a pourtant trouvé ce qu’elle veut faire dans la vie. Elle veut écrire des chansons. Alors elle monte un groupe avec son pote Mano, lui, il comprend tout, même les trucs les plus bizarres. Et en plus, il joue de la guitare. Le groupe s’appellera Epiphony.

Et puis une nuit, au lavomatic, Rosa fait une rencontre qui la trouble. Au fil des jours, des mois, du cycle lunaire (symbolisé sur chaque page) Rosa se cherche, grandit, change. Elle écrit son journal, mais aussi des poèmes, des chansons.

En tombant amoureuse, elle fait une découverte.

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Au départ, j’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire. A cause du style, un peu décousu, sans virgules, avec des juxtapositions de mots… Un style particulier. Mais Rosa est une adolescente attachante, qui se cherche, se questionne et ne peut laisser indifférent. Elle m’a touchée et son histoire aussi. C’est donc un personnage très réussi !

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Poème caché dans une poche arrière

J’écris quelque chose qui ne ressemble à rien

pour chanter quelque part

quelqu’un me cherche :

c’est moi.

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Lire les premières pages (site de l’éditeur)

Totalement différents en matière d’écriture, mais avec des thèmes similaires : 2 romans de Sarra Maning et Je les entends nous suivre

On a tué Bisou ! Roman policier turc

BisouRoman policier Turc

On a tué Bisou !

Mehmet Murat Somer

Traduit du Turc par Gökmen Yilmaz

Actes noirs

Actes Sud (2007)

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Éditeur : “J’étais confronté à deux meurtres : Bisou d’abord, une de mes filles à la belle poitrine siliconée, puis la vieille voisine d’au-dessus de chez elle. Et ces meurtres impliquaient leur lot de suspects : un réseau de maîtres chanteurs, Sureyya Eronat, chef du parti ultraconservateur dont le seul nom fait frémir, des journalistes qui jouaient l’autocensure et un grand nombre de célébrités aux mœurs légères couvant leurs petits secrets d’alcôve. Pour agrémenter cette brochette, il y avait également Sofya, elle qui autrefois m’avait vendu aux hommes, qui mettait tout en œuvre pour assouvir son pouvoir sur moi. Je commençais à en avoir ras les bigoudis ! Et j’allais oublier Hassan, avec son pantalon tombant sur les fesses, et dont on connaissait le goût pour les ragots, mais là, il dépassait les bornes. Croyez-moi. c’était toute une histoire !”

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C’est une histoire que j’ai trouvé plutôt originale. Déjà parce que ça se passe dans le monde de la nuit et des travestis et que je n’ai pas souvent lu de romans sur ce thème. L’enquête en elle-même n’est pas extraordinaire, mais les personnages sont amusants. Surtout le narrateur/trice (du coup, je ne sais pas si on dit il ou elle ?) homosexuel travesti en femme (style Audrey Hepburn, la classe !). Bref, ça ne se prend pas au sérieux, c’est plutôt léger et humoristique. Et ça m’a bien plu.

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Un roman qui participe à plusieurs challenges

Le Printemps de la littérature turque proposé par Emmanuelle

(Encore un challenge découvert grâce à PatiVore)

Bisou

Le tour du Monde en 80 livres proposé par Bidib

monde

Joe la pirate – BD biographique

JoeJOE LA PIRATE

La vie rêvée de Marion Barbara Carstairs

Hubert & Virginie Augustin

Glénat (2021)

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Présentation éditeur : C’est l’histoire vraie d’une petite fille née en 1900 à Londres, qui « se sentait déjà queer dans la matrice ». En grandissant, elle a fait le tour du monde, elle a lancé sa compagnie de taxis féminins, elle a fait la guerre, elle a battu des records de vitesse dans des courses de bateau, elle a régné en monarque éclairé sur une île des Bahamas, elle a eu pour meilleur ami et confident une poupée…

Vivant plusieurs vies, elle a porté plusieurs noms. À sa naissance, on l’appelait Marion. Puis à 5 ans, après une chute de chameau, elle a choisi le pseudonyme de Tuffy. Enfin, c’est très vite dans le prénom Joe qu’elle s’est vraiment reconnue. Et c’est en homme qu’elle a forgé sa réputation et créé sa légende… Amoureuse de la compétition, de la vitesse et des conquêtes féminines, Joe Carstairs a vécu une existence fidèle à son personnage : explosive, impulsive et excentrique. Suivez la destinée d’une femme richissime au charme incandescent, pleine d’une confiance inébranlable et pour qui la vie ne fut qu’un long feu de joie.

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J’ai vu passer cet album chez mes comparses de la BD de la semaine. Et j’ai immédiatement été attirée par deux choses. La couverture style “Art déco” (si je ne dis pas de bêtises) que je trouve très belle. Et le nom du scénariste, Hubert, dont j’ai déjà apprécié plusieurs BD (voir plus bas). Et dont ce sera, malheureusement, le dernier scénario, puisqu’il est décédé en 2020.

Cette biographie est librement adaptée de la vie extra-ordinaire de Marion Barbara Carstairs.

Un album qui m’a beaucoup plu, même si cette femme avait des côtés vraiment trop “macho” pour moi !! L’histoire est enlevée, passionnante et on ne voit pas pas les pages se tourner.

Une très belle découverte.

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De ces deux auteurs, nous vous avons présenté : 40 éléphants et Mr Désire ?

D’Hubert, j’ai également lu l’excellent “Peau d’Homme” (non présenté ici, on se demande bien pourquoi ??) et la trilogie “Beauté” présenté par Véro (avec Kerascoët au dessin)

Avec Virginie Augustin au dessin et Wilfried Lupano au scénario, j’ai également lu (et beaucoup aimé !) Alim le tanneur (pas présenté non plus – Le manque de temps peut-être ?)

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Cette semaine nous sommes reçus par Noukette

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Une BD qui participe aussi au Challenge Petit Bac d’Enna

3ème ligne – Catégorie Prénom

Ouest