L’autre côte de Jacqueline Woodson

Un album touchant sur l’amitié et la tolérance

Album pour la jeunesse dès 5 ans

L’autre côté

de Jacqueline Woodson

Editions D’eux, ill. E.B Lewis,

septembre 2024, 32 pages, 18 euros

Thèmes: racisme, tolérance, amitié, ouverture d’esprit

 

Présentation de l’éditeur: “La mère de Clover dit qu’il n’est pas sûr de traverser la clôture qui sépare leur côté de la ville du côté blanc où vit Anna. Mais les deux filles se lient d’amitié et contournent les règles des adultes en s’asseyant ensemble au sommet de la clôture.”

 

 

 

 

 

 

 

L’autre côté est un très bel album qui aborde avec sensibilité et douceur l’absurdité et la cruauté du monde adulte.

Jacqueline Woodson exploite à merveille la candeur de l’enfance face à un défi de taille: l’abolition des barrières entre les races.

À travers cet album, on se rend compte que les préjugés des adultes  sont présents des deux côtés de la barrière. L’autre côté c’est donc avant une histoire d’amitié défiant l’intolérance et la bêtise humaine.

Ces deux petites filles ne pensent qu’à s’amuser ensemble, dès lors ce n’est pas une simple barrière qui les arrêtera. Là réside toute la beauté de l’enfance: les règles absurdes et les injustices s’effondrent; seul reste l’amusement.

L’autre côté  explore donc tout en finesse un thème malheureusement toujours d’actualité, même si le contexte est différent aujourd’hui.

À lire et à offrir!

 

~Melissande~

 

+ Nathalie vous a présenté Plus loin ensemble, ours indiens et poissons, un album imaginé et illustré par Hyacinthe Reisch

+ Un roman pour la jeunesse traitant également de la différence et du besoin d’appartenance à un groupe: Lewis caméléon métis de Justine Jotham et Sophie Hirsch

FORCE NOIRE – Roman ado

force

A partir de 12 ans

FORCE NOIRE

Guillaume Prévost

Gallimard jeunesse (2014)

*****

Éditeur : Alma, comme beaucoup d’adolescentes, déteste les récits de guerre. Un jour, elle rencontre un ancien soldat de 14-18, Bakary Sakoro. Né au Mali, il s’est engagé à dix-sept ans. Autour du cou, il porte Force noire, le talisman de son grand-père. Mais la magie peut-elle le sauver de la folie des hommes?
Versé dans les bataillons d’Afrique, Bakary fait partie des sacrifiés, promis aux missions suicides et à l’enfer des tranchées. Seuls l’amitié des trois tirailleurs et l’amour de la belle Jeanne vont lui permettre de survivre. Mais Jeanne est blanche, et son père général… Peu à peu, Alma se passionne pour ce destin hors du commun. Jusqu’à découvrir qu’un lien secret l’unit au vieil homme…

*****

C’est une histoire très émouvante. Plutôt triste aussi. Mais le jeune Bakary a une bonne dose de force mentale. Malgré tout ce qu’il lui tombe dessus, il avance et garde courage. C’est un roman qui se passe de nos jours et pendant la première guerre mondiale.

Concernant les passages dans les tranchées, ici on parle surtout des moments de batailles. Et également du racisme très présent, y compris entre soldats… Mais pas trop de la vie quotidienne.

C’est dur, mais supportable grâce aux interventions, aux questions d’Alma, qui nous ramènent dans le présent. Les deux personnages principaux Alma, la jeune fille en colère et Bakary le vieillard, sont touchants.

Je n’arrive pas à parler comme je le voudrais de ce roman… Pourtant il m’a beaucoup plu !

Si je ne vous ai pas convaincu, allez lire les avis de Ricochet et Histoire d’en lire !

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Sélectionné par Ricochet et Grand Prix des jeunes lecteurs (2015)

Un coup de cœur pour “Histoire d’en lire

 

Un roman qui participe à deux challenges

Le challenge ABC chez Enna (lettre P)

ABC

Pages de la grande guerre” sur ce blog

Pages

Boitelle et le café des colonies

BoitelleBoitelle et le café des colonies

Quella-Guyot & Morice

D’après Maupassant

Grand Angle

Bamboo édition (2016)

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Un jour, Boitelle, le spécialiste des travaux malpropres, tombe en arrêt devant une statuette africaine. Le propriétaire des lieux, avec qui il commence à discuter, lui demande de lui narrer son histoire. Il raconte donc qu’il est devenu “ordureux” parce que “- mes parents m’ont opposé dans mes goûts”. Au Havre, jeune soldat de 18 ans, il était tombé amoureux d’une femme. Une belle négresse coiffée d’un foulard rouge, Norène. “Boitelle se sentait le cœur remué, en voyant luire tout à coup, entre les lèvres sombres de la fille, la ligne éclatante de ses dents qui riaient, plus claires que les yeux”.

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D’abord, je voudrais dire que je me suis “fait avoir” par une réédition. J’ai emprunté à la médiathèque deux BD. “Le café des colonies” et “Boitelle et le café des colonies”. Ne connaissant pas la nouvelle de Maupassant, j’ai cru que les deux BD formaient un diptyque. Que nenni ! Cet album a d’abord été édité par les éditions “petit à petit” en 2010 sous le titre “Le café des colonies”. Puis réédité avec une autre couverture et l’autre titre en 2016.

Cela étant dit, je préfère la nouvelle version : le format est un peu plus grand, plus lumineux et les dessins sont plus nets. En plus, à la fin, Didier Quella-Guyot a ajouté une suite (un cahier de 8 pages avec quelques dessins en noir et blanc) : L’histoire de Norène quelques années plus tard…

Si vous connaissez la nouvelle de Maupassant, aucune surprise pour l’histoire, elle est respectée. Mais les dessins et couleurs de Sébastien Morice apportent un peu de gaité, de couleurs, à cette nouvelle un peu nostalgique et plutôt triste.

Un très bon moment de lecture, ce sont deux auteurs que je continuerai à suivre !

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Boitelle

La nouvelle de Maupassant (1889) : Boitelle

De ces deux auteurs, déjà présenté sur ce blog : Le magnifique “Facteur pour femmes” et “Papeete 1914

J’ai également lu et bien aimé “L’île au remords“, non présenté faute de temps…

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La BD de la semaine est chez Fanny

Elle participe aussi au challenge 2025 sera classique aussi

Le secret de Miss Greene

GreeneLe secret de Miss Greene

Nicolas Antona & Nina Jacqmin

Le Lombard (2025)

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Éditeur : Jusqu’en 1967, aux États-Unis, toute personne ayant une ascendance africaine, même lointaine, était considérée comme noire, avec toutes les conséquences que cela pouvait avoir. C’est pourquoi, à l’orée du 20e siècle, Belle Greener devint Belle Greene da Costa et, cachant ses racines africaines, gravit les échelons de la haute société new-yorkaise. Mais peut-on conserver un tel secret une vie durant, même si cette dernière vous donne l’occasion de fleurir dans la lumière des blancs les plus puissants d’Amérique… ?

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L’histoire est étonnante, je ne connaissais pas du tout cette règle de “l’unique goutte de sang“. (Règle abolie en 1967 seulement !!)

Une personne dont un ancêtre, même très lointain, était noir, devait se déclarer comme homme ou femme de couleur… La “bonne” société américaine ayant très peur de la “noirceur” invisible des métis aux cheveux lisses et au teint clair. Évidemment, pour ces métis qui se déclaraient “colorés” la vie était différente de celle qu’ils auraient eu en étant “blancs”. Ce qui amenait certaines personnes à faire un acte dangereux : le “passing”. Se déclarer blanc. Le risque ? Être dénoncé avec lynchage public, prison et même la mort ! Et bien sûr, pas question d’avoir d’enfants, le risque que les “gènes noirs” ressortent étant bien trop grand…

Années 1900 : Belle, sa mère et ses frères et sœurs font un pacte. Étant “clairs” de peau, ils vont tenter de se faire passer pour blancs. Ce qui implique de grands sacrifices : Refaire sa vie ailleurs, là où on ne connait personne, quitter ses amis, ne pas avoir d’enfants… Mais la ségrégation est trop pesante. Ils veulent vivre une vie “normale” !

Dotée d’un nouveau nom, Belle Da Costa Greene, amoureuse des livres, commence par travailler à l’accueil d’une bibliothèque. Puis elle va travailler à l’université de Princeton. Avant qu’on lui propose un poste encore plus prestigieux : Diriger la bibliothèque Morgan à New York !

Le Secret de Miss Greene : un portrait faisant écho aux luttes actuelles

A la fin de la bande dessinée, un dossier historique de 4 pages permet de comprendre comment on a su que Belle Greene avait caché ses origines “noires”… Très intéressant !

Un bel album qui m’a permis de découvrir une femme intéressante et passionnée, ainsi qu’une règle que je ne connaissais pas. J’ai beaucoup aimé les dessins ronds et doux, les personnages expressifs, la mise en page ainsi que les couleurs variées.

Une lecture très plaisante !
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Feuilleter les premières pages (site éditeur)

De ces deux auteurs, nous vous avions présenté le très beau : “La tristesse de l’éléphant

Cette semaine nous sommes chez Moka, Au milieu des livres

Et cette BD participe également au Challenge d’Enna, l’African-Americain History Month