BLACKkKLANSMAN J’ai infiltré le Ku Klux Klan

Klan

Un film basé sur une histoire vraie !

BLACKkKLANSMAN
J’ai infiltré le Ku Klux Klan
Un film de Spike Lee

Avec John David Washington, Adam Driver, Topher Grace

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Ce film est inspiré de la vie et du début de carrière de Ron Stallworth, le premier officier de police afro-américain à avoir infiltré le Ku Klux Klan. Contre toute attente, l’agent Stallworth (John David Washington) et son partenaire Flip Zimmerman (Adam Driver) vont infiltrer les plus hautes sphères du Klan, afin de l’empêcher de prendre le contrôle d’une petite ville du Colorado…

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Ce film est une adaptation du livre du même nom, écrit par Ron Stallworth, et qui raconte son expérience de premier policier afro-américain dans un commissariat d’une petite ville des États-Unis.

Aussi étrange que cela puisse paraître avec un tel sujet, il y a beaucoup d’humour dans ce film et le personnage principal du film, Ron Stallworth (le policier noir) est éminemment sympathique. Les adhérents du Ku Klux Klan sont montrés comme de parfaits abrutis, dangereux parce qu’armés, mais pour la plupart totalement idiots. Je pense, hélas, que ce n’est pas forcement le cas pour tous…

Les critiques

contre Trump ou contre les groupes racistes ne sont pas forcement très “fines”, on sent la volonté d’avoir un film engagé, mais grand public ! J’ai adoré les costumes des années 70 (et la coupe de cheveux de J. D. Washington, on en parle de sa coupe de cheveux ???) et la musique.

Les passages qui font le plus peur dans le film et nous font comprendre que la menace existe toujours sont les 5 minutes du documentaire final, des images d’archives montrant ce qui s’est passé à Charlottesville*en août 2017.  Après avoir bien rigolé, on redescend sur terre.

Et j’avoue qu’après avoir vu ce film, je suis très admirative face au travail des policiers qui font de l’infiltration !

En bref : un film qui dure 2h09, mais je vous garantie que vous ne les verrez pas passer !!

J’ai adoré ! ♥ 

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*Article du Monde du 12/08/2017 qui explique ce qui s’est passé

Qui est Ron Stallworth ? (Merci Wiki)

Bande annonce du film

Grand Prix du Festival de Cannes 2018

Ce film a reçu 2 prix et 25 nominations

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au Challenge African American History Month chez Enna – 5ème participation

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Martin Luther King expliqué aux enfants – Bis

Un homme courageux et décidé qui a fait évoluer son pays

Documentaires et romans, de 10 à…100 ans !

Martin Luther King

2 livres qui expliquent sa vie et son combat aux enfants

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Luther

Je suis un homme ♥

MARTIN LUTHER KING

Éric Simard

Coll. Histoire et Société (présenté par Histoire d’en lire)

Oskar éditeur (2011)

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Nous sommes aux États-Unis en 1955. Et plus précisément à Montgomery capitale de l’état d’Alabama. Mike est “né dans la haine” car ses parents, son oncle font partie du Ku Klux Klan

Pour lui, les noirs sont des “sous-hommes” et les humilier ou les pendre est une chose normale. Au fil des ans, Mike va rencontrer des gens, faire la guerre, devenir alcoolique et perdre son boulot. Jusqu’à être obligé de travailler avec des noirs ! Et sa vision des choses va changer…

L’histoire de Martin Luther King vue par un adepte du Ku Klux Klan, il fallait oser !

 

Un livre qui m’a beaucoup plu. Il montre bien que les hommes apprennent les uns des autres et peuvent changer. Les 80 premières pages sont une fiction, un roman (qui conserve toutefois les “vrais” évènements et dates) puis il y a un glossaire et enfin un dossier documentaire d’une dizaine de pages.

Le fait que ce soit romancé rend l’histoire plus accessible je trouve. Et il est original de se retrouver du côté du “méchant”… A partir de 11/12 ans.

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Luther

Martin Luther King ♥

J-M Billioud & Judith Gueyfier (ill.)

BD : Denise et Claude Millet

Coll. Libre de croire

Bayard (2006)

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Celui-ci s’adresse plutôt aux ados. Il commence avec une bande dessinée d’environ 10 pages, allant du refus de Rosa Parks de céder sa place dans le bus jusqu’à la fin du boycott des bus, 382 jours plus tard.

Puis 24 double pages racontent sa vie et son combat de manière chronologique ou expliquent la ségrégation ou le racisme. Enfin, une dizaine de pages donnent des phrases fortes extraites de ses discours.

Pour l’illustration, il y a un mélange de photos et de dessins qui est plutôt réussi. Les photos rendent les choses plus “réelles”. Je trouve par contre la couverture complètement ratée ! Les couleurs sont tristes et le dessin pas ressemblant. Dommage, c’est bien souvent ce que les ados regardent en premier…

Il n’empêche que c’est un documentaire très complet, qui fourmille d’informations et que je vous recommande chaudement !

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Sur le thème de la ségrégation, voir aussi :

En roman ado : En gras ceux que j’ai lus mais pas présentés.

  • Francie de Karen English
  • Sweet Sixteen d’Annelise Heurtier
  • Le rêve de Sam de Florence Cadier
  • Les larmes noires de Julius Lester
  • La tétralogie “La couleur de la haine” de Malorie Blackman
  • La case de l’oncle Tom d’Harriet Beecher Stowe
  • Le swing des Marquises de Muriel Bloch
  • Bluebird de Tristan Koëgel
  • The hate U give d’Angie Thomas

En roman adulte :

  • La couleur des sentiments de Kathryn Stockett
  • Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee
  • Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage de Maya Angelou (Je veux le lire depuis longtemps !!)
  • Tant que je serai noire de Maya Angelou (le précédent raconte son enfance, celui-ci sa vie d’adulte)
  • La couleur pourpre d’Alice Walker (j’ai vu le film, pas encore lu le livre, mais ça venir)

 

En bandes dessinées :

au Challenge African American History Month chez Enna – 4ème participation

S’il faut mourir – Roman sur la ségrégation

mourir

Roman

A partir de 15 ans

S’il faut mourir ♥
Junius Edwards

Robert Laffont (1964)

Pocket (2003)

125 pages

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Ce matin là, Will se prépare pour aller s’inscrire sur les listes électorales. Rien de bien compliqué pensez-vous ? Et pourtant. Malgré le fait qu’il se soit préparé à ça depuis deux ans, Will est un peu inquiet. Et pour cause… Nous sommes en 1950, dans le sud des états-unis, et… Will est noir. C’est un jeune garçon de 21 ans, sérieux et qui a servi son pays puisqu’il a fait la guerre de Corée. A cette occasion d’ailleurs, alors qu’il était encore sous les drapeaux, il avait demandé un bulletin de vote, mais ne l’avait jamais reçu…

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Que cette lecture a été dure ! Non pas que le livre soit difficile à lire, il est très facile d’accès au contraire. Mais j’ai tellement eu envie de taper sur certains personnages… Et pourtant, je suis plutôt pacifiste et pour la non-violence…

La scène où Will va s’inscrire au bureau électoral et où il se retrouve face à deux fonctionnaires racistes (et abrutis, il faut bien le dire) m’a beaucoup énervé. Puis il y a une discussion avec un collègue de boulot (qui connaît sa “place”, lui…) et ensuite avec le patron, qui reproche à Will de s’être absenté (alors qu’une affiche autorisait tous les hommes à s’absenter ce matin là pour aller s’inscrire).

Mais le plus stressant, c’est le passage avec Jeff, Luke et Tom. Ils sont insupportables de bêtise et de haine… Et l’on est terrorisé pour ce pauvre Will !

Je n’ai pas marché dans cette histoire, j’ai couru !

On ne peut qu’être du côté de Will, qui ne fait absolument rien de mal, bien au contraire, il essaie d’être un bon citoyen.

Un livre qui montre bien ce que devaient subir les personnes noires à cette époque-là dans le sud des états-unis et ça, juste pour faire valoir leurs droits ! Une histoire qui ne peut pas laisser indifférent et qui m’a beaucoup touchée.

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D’autres romans jeunesse sur la ségrégation raciale

Classique

Challenge Cette année je (re)lis des classiques2ème participation (Février : Mois court = Lectures courtes)

au Challenge African American History Month chez Enna – 1ère participation

ainsi qu’au Challenge Objectif PAL chez Antigone – 2ème participation

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The Hate U Give d’Angie Thomas

The Hate U GiveRoman jeunes adultes

The Hate U Give

d’Angie Thomas

Nathan, 5 avril 2018
978-2092576731, 17,95€
490 pages

 

The Hate U Give est un roman pour grands adolescents qui a fait son chemin aux Etats Unis l’année dernière et qui arrive enfin en France. Son auteur Angie Thomas, afro-américaine, a basé son livre sur des faits réels, qui ont inspiré Black Lives Matter (Les vies noires comptent), un mouvement américain qui dénonce les violences policières dont sont victimes les Noirs aux États-Unis. Une auteure vraiment engagée aussi pour que la littérature jeunesse évolue vers plus de diversité… Mais passons à son roman !

Starr a 16 ans et habite dans un quartier américain dirigé par les gangs, même si elle va dans un lycée un peu plus éloigné, dans un quartier chic. Dans son quartier on ne joue pas dehors, et quand on est contrôlé par la police, on ne parle pas sans y être invité, on ne lève pas les yeux. Des règles que son père lui répète depuis des années. Alors quand de retour d’une soirée interrompue par un règlement de comptes entre gangs, son ami et elle sont arrêtés par un policier, le stress monte. Et tout bascule quand le policier tire dans le dos de son ami, suite à un léger mouvement…

Starr va continuer sa vie, dans son lycée de blanc, avec ses amis blancs, son petit copain blanc… sans même leur en parler… Pourtant, en suivant son parcours intérieur, on va vite se rendre compte du trouble qui l’habite. Et devant ce racisme évident, elle va devoir parler, et se battre. Avec et contre les habitants de son quartier, au milieu échauffourées, dans la peur.

En plus de cette histoire, on va découvrir toute la vie de son quartier, de sa famille, de ses amis. Et peu à peu nous aussi on va frissonner d’horreur devant les faits, les mots. On va se demander comment de telles différences sont possibles. Pas qu’ils soient malheureux, loin de là, mais plus parce qu’ils vivent dans la peur, dans les coups de feu. J’ai apprécié que le personnage de Starr soit un entre deux. Vivant dans ce milieu, mais en même temps avec un échappatoire via son lycée. Son point de vue est d’autant plus précieux qu’il nous fait voir différents aspects. Et qu’il nous conte la vie et les inquiétudes d’une ado, juste une ado, on a tendance à l’oublier parfois tant ce livre est prenant.

The hate U give est un roman à découvrir, pour mieux comprendre les Etats-Unis, et la condition des jeunes Afro-Américains. Un livre a réservé à de grands adolescents, car la violence y est très présente, mais aussi parce que le vocabulaire est celui de Starr. Avec de nombreux mots d’argot – et j’ose volontiers dire que j’étais loin de tous les connaître. Un aspect qui m’a presque rebuté au début… et puis on est pris dans ce pavé que l’on dévore. C’est brut, souvent violent, parfois inégal dans l’écriture, mais ça sonne juste ! Et même si le point de vue de l’héroïne vocalise forcément notre jugement, l’auteur ne prend pas vraiment parti, elle expose surtout les faits.

Un roman d’actualité, à conseiller pour voir des personnages différents de ceux qu’on croise souvent en littérature jeunesse. Plus francs, plus révoltés, mais tout aussi touchants ! The Hate U Give est une fresque sociale doublée d’un message politique fort, je comprends mieux l’accueil qu’il a eu aux USA. Une lecture percutante !


+ Disponible dès le 5 avril en France

+ The Hate U Give vient de THUG, un mot d’argot, selon la définition du chanteur américain Tupac, “le chanteur voyait en ce terme quelque chose d’héroïque, puisqu’il mettait l’accent sur la capacité de résilience face à l’adversité de la vie.” (selon Ohmymag)

+ L’avis de Karine