Le goût du cresson d’Andrea Wang et Jason Chin

Un récit émouvant au cœur d’une tragédie familiale

Album pour la jeunesse dès 7 ans

 Le goût du cresson

d’Andrea Wang et de Jason Chin

Editions Hong-Fei, octobre 2024,

40 pages-16,50 euros

Thèmes: famille, secret, enfance, deuil, Chine, pauvreté

 

Présentation de l’éditeur: “Sur une route de l’Ohio, une famille sino-américaine ramasse du cresson sauvage. Alors que les parents y mettent tout leur cœur et que leur jeune garçon s’amuse beaucoup, leur fille vit ce ramassage comme une honte. De retour à la maison, elle boude le plat cuisiné par sa mère qui décide alors de lui révéler un épisode douloureux de sa propre enfance passée en Chine (…)”

 

Le goût du cresson traite avec beaucoup de sensibilité un thème assez dur: la pauvreté. Les liens familiaux sont au centre du récit ainsi que le fossé intergénérationnel.

En effet, la petite fille se rebelle face à une tradition familiale qu’elle trouve honteuse et qui n’a pas de sens pour elle.

Cette incompréhension l’amène à rejeter un plat symbolique mais elle l’ignore.

C’est pourquoi le regard de sa mère sur une tragédie familiale passée va l’aider à se rapprocher des siens. Le goût du cresson c’est aussi l’histoire d’un rapprochement entre une mère loin de son pays natal et de sa fille vivant aux Etats-Unis.

Le texte est sobre et les illustrations délicates. Andrea Wang signe un album en partie autobiographique et les dessins de Jason Chin viennent sublimer ses souvenirs.

 

 

Le goût du cresson est un album permettant d’aborder les différences culturelles mais aussi les conséquences dramatiques de la pauvreté.

 

~Melissande~

 

+ Un autre album sur la famille, présenté par Hérisson: Bonne nuit, les jumelles! de Hyewon Yum adapté par Françoise de Guibert

+ Pour découvrir le travail de Jason Chin c’est par ici

Le secret de la Ferme-Grise

secretNouvelle

Le secret de la Ferme-Grise

Mary Elizabeth Braddon

Traduit de l’anglais par Charles Bernard-Derosne

Éditions du Masque (2004 / vo 1861)

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Une Lecture Commune avec Jojo, Isabelle et Alexielle !

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4ème de couverture : Dans l’ombre et dans un coin de la chambre était suspendu un portrait du dernier propriétaire de la ferme, une figure franche et ouverte avec de longs cheveux châtains et des yeux bleus…

L’idée du défunt la poursuivit dans sa solitude… Et si ce portrait allait prendre la forme d’un fantôme et s’approcher d’elle ?

Une sueur glacée perla en grosses gouttes sur son front pur.

L’héroïne de cette nouvelle de Mary Elizabeth Braddon (1835-1915), telle la Rebecca de Daphné du Maurier, nous entraîne dans le noir labyrinthe imaginé par une grande prêtresse du roman policier victorien.

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Une histoire qui commence tristement par l’enterrement d’un homme. Son frère cadet, Dudley, est ravagé par le chagrin. Ils habitaient tous deux dans la ferme de leurs parents la “Ferme-grise”. Au sein d’une campagne anglaise sombre et humide. Heureusement, dans son malheur, Dudley est efficacement secondé par son intendant, Ralph. Le précieux Ralph, toujours là pour donner son avis, servir le vin, ouvrir la porte…

Dudley finira pourtant par se marier, avec une jolie jeune fille gaie et innocente, Jenny.

Je n’en dis pas plus. Mais vous vous doutez que ce joli tableau va s’effriter… Petit à petit, on s’aperçoit que les gens ne sont pas ce qu’ils semblent être.

L’angoisse monte au fil des pages et la fin est terrible pour l’un des personnages…

Une nouvelle qui m’a beaucoup plu, j”en lirai d’autres de cette autrice que je ne connaissais pas .

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Vous pouvez lire cette nouvelle sur la Bibliothèque Numérique Romande : Elle s’appelle “L’intendant Ralph

Elles l’ont lu aussi : Martine (Plaisirs à cultiver) – Bianca (Des livres, des livres)

Un roman qui participe à de nombreux challenges

Les gravillons de l’hiver (92 pages) chez La petite liste

Gravillons

Un hiver polar chez Alexandra

Pour le bingo je coche les cases : Campagne anglaise / poison / vengeance

Logo du Challenge Un hiver polar 2025-2026

Le challenge ABC (lettre B) chez Enna

Challenge ABC Titre (lettre S) de Sophie (sur ce blog)

Et au challenge 2026 sera Classique aussi ! Sur ce blog

JACARANDA

JacarandaJACARANDA

Gaël Faye

Grasset (2024)

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Lecture Commune avec Enna

Prix Renaudot 2024

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Résumé éditeur : Quels secrets cache l’ombre du jacaranda, l’arbre fétiche de Stella  ? Il faudra à son ami Milan des années pour le découvrir. Des années pour percer les silences du Rwanda, dévasté après le génocide des Tutsi. En rendant leur parole aux disparus, les jeunes gens échapperont à la solitude. Et trouveront la paix près des rivages magnifiques du lac Kivu.
Sur quatre générations, avec sa douceur unique, Gaël Faye nous raconte l’histoire terrible d’un pays qui s’essaie malgré tout au dialogue et au pardon. Comme un arbre se dresse entre ténèbres et lumière, Jacaranda célèbre l’humanité, paradoxale, aimante, vivante.

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J’appréhende toujours ce genre de lectures. Celles qui parlent de guerres ou de génocides ou de massacres. Pourtant, même si ce n’est clairement pas une lecture “feel good”, j’ai été moins “stressée” que ce à quoi je m’attendais. Même si certains passages sont très durs ! On parle tout de même d’un génocide et de ses conséquences sur les survivants…

Ce qui m’a beaucoup plu, c’est que l’on comprend bien, en lisant ce roman, à quel point il est important de dire les choses. La mère de Milan, Rwandaise, ne parle jamais de sa famille ou de son pays d’origine à son fils. Stella n’ose pas dire pourquoi elle va si mal. Chacun a des secrets, plus ou moins graves, mais tous les gardent pour eux… Milan va découvrir un jour, un peu par hasard, la famille sa mère et son pays d’origine.

Vers la fin du roman, on apprend comment les gens ont été “jugés” par des tribunaux civils. J’avoue que je ne sais pas comment on arrive à survivre quand on a tout perdu, quand on a subit tellement de violence ! Et comment les survivants arrivent à vivre et côtoyer leurs bourreaux d’hier… (Quelques réponses dans la vidéo ci-dessous !)

Une lecture pas facile, mais belle et intéressante.

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Du même auteur : Petit pays

Gaël Faye parle de son livre et c’est très instructif ! C’est un auteur que je trouve éminemment humain et sensible. Dans cette vidéo on apprend plein de choses qui “prolongent” le roman d’une certaine façon.

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Ce roman participe à plusieurs challenges

Le challenge ABC (auteurs) chez Enna

ABC

Le challenge ABC Titre de Sophie (sur ce blog)

Et c’est le 2/26 pour

En sortir 26 en 2026

En 2026

La bâtarde d’Istanbul

batardeLittérature Turque

La bâtarde d’Istanbul

Elif Shafak

Traduit de l’anglais par Aline Azoulay

Préface d’Amin Maalouf

Éditions 10/18 (2007)

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Éditeur : Chez les Kazanci, Turcs d’Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l’amour et parlent avec les djinn, tandis que les hommes s’envolent trop tôt – pour l’au-delà ou pour l’Amérique, comme l’oncle Mustafa. Chez les Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés aux États-Unis dans les années 20, quel que soit le sexe auquel on appartient, on est très attaché à son identité et à ses traditions. Le divorce de Barsam et Rose, puis le remariage de celle-ci avec un Turc nommé Mustafa suscitent l’indignation générale. Quand, à l’âge de vingt et un ans, la fille de Rose et de Barsam, désireuse de comprendre d’où vient son peuple, gagne en secret Istanbul, elle est hébergée par la chaleureuse famille de son beau-père. L’amitié naissante d’Armanoush Tchakhmakhchian et de la jeune Asya Kazanci, la « bâtarde », va faire voler en éclats les secrets les mieux gardés.

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J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire au départ, parce qu’il n’y a pas d’indication de temps et que l’on passe d’une génération à l’autre. Mais assez vite, on identifie les personnages et on est emporté cette histoire virevoltante.

Les femmes de ce roman, qu’elles soient turques, arméniennes ou américaines sont vraiment plus fantasques les unes que les autres ! Les hommes sont, soit absents (morts ou à l’étranger), soit assez effacés, il faut bien le dire…

A travers le quotidien de ces familles turques et arméniennes, il y a l’Histoire avec un grand H. On parle ici du génocide arménien (1915-1923) et du ressenti, des traces, qu’il a laissé chez les descendants d’un côté comme de l’autre. Génocide toujours nié par la Turquie d’ailleurs et reconnu par une trentaine de pays seulement…

A la fin du livre, dans ses remerciements, Elif Shafak nous explique qu’elle a été amenée devant la justice turque, au titre de l’Article 301 du Code pénal turc, pour avoir “insulté l’identité nationale”. Pour cela, elle encourait 3 ans de prison mais a été finalement acquittée. (Pour les propos que tiennent certains de ses personnages dans le roman !)

C’est un livre qui donne envie de visiter Istanbul, décrite comme une ville labyrinthe au bord du Bosphore, pleine de sons, de couleurs et d’odeurs…

Et en parlant d’odeurs, j’ai eu envie de manger tout au long de ce roman. Les titres de chapitre ne sont que des choses qui se mangent : Cannelle, Pois chiches, Sucre, Noisettes grillées… Et il y a de multiples descriptions de plats arméniens et turcs, tous plus appétissants les uns que les autres !

Bref, ça a été une très bonne lecture que je vous recommande chaudement.

C’est à la fois divertissant, didactique et gourmand !

J’ai deux autres romans de cette autrice dans ma pal, Lait noir et Soufi mon amour. Je me régale d’avance.

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L’avis de Karine

Pour en savoir un peu plus sur le génocide arménien

Un roman lu dans le cadre des Escapades en Europe chez “Dans la bibliothèque de Cléanthe

https://www.danslabibliothequedecleanthe.fr/wp-content/uploads/2025/03/20250313_164956-1920x1080.jpg

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