JACARANDA

JacarandaJACARANDA

Gaël Faye

Grasset (2024)

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Lecture Commune avec Enna

Prix Renaudot 2024

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Résumé éditeur : Quels secrets cache l’ombre du jacaranda, l’arbre fétiche de Stella  ? Il faudra à son ami Milan des années pour le découvrir. Des années pour percer les silences du Rwanda, dévasté après le génocide des Tutsi. En rendant leur parole aux disparus, les jeunes gens échapperont à la solitude. Et trouveront la paix près des rivages magnifiques du lac Kivu.
Sur quatre générations, avec sa douceur unique, Gaël Faye nous raconte l’histoire terrible d’un pays qui s’essaie malgré tout au dialogue et au pardon. Comme un arbre se dresse entre ténèbres et lumière, Jacaranda célèbre l’humanité, paradoxale, aimante, vivante.

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J’appréhende toujours ce genre de lectures. Celles qui parlent de guerres ou de génocides ou de massacres. Pourtant, même si ce n’est clairement pas une lecture “feel good”, j’ai été moins “stressée” que ce à quoi je m’attendais. Même si certains passages sont très durs ! On parle tout de même d’un génocide et de ses conséquences sur les survivants…

Ce qui m’a beaucoup plu, c’est que l’on comprend bien, en lisant ce roman, à quel point il est important de dire les choses. La mère de Milan, Rwandaise, ne parle jamais de sa famille ou de son pays d’origine à son fils. Stella n’ose pas dire pourquoi elle va si mal. Chacun a des secrets, plus ou moins graves, mais tous les gardent pour eux… Milan va découvrir un jour, un peu par hasard, la famille sa mère et son pays d’origine.

Vers la fin du roman, on apprend comment les gens ont été “jugés” par des tribunaux civils. J’avoue que je ne sais pas comment on arrive à survivre quand on a tout perdu, quand on a subit tellement de violence ! Et comment les survivants arrivent à vivre et côtoyer leurs bourreaux d’hier… (Quelques réponses dans la vidéo ci-dessous !)

Une lecture pas facile, mais belle et intéressante.

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Du même auteur : Petit pays

Gaël Faye parle de son livre et c’est très instructif ! C’est un auteur que je trouve éminemment humain et sensible. Dans cette vidéo on apprend plein de choses qui “prolongent” le roman d’une certaine façon.

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Ce roman participe à plusieurs challenges

Le challenge ABC (auteurs) chez Enna

ABC

Le challenge ABC Titre de Sophie (sur ce blog)

Et c’est le 2/26 pour

En sortir 26 en 2026

En 2026

La bâtarde d’Istanbul

batardeLittérature Turque

La bâtarde d’Istanbul

Elif Shafak

Traduit de l’anglais par Aline Azoulay

Préface d’Amin Maalouf

Éditions 10/18 (2007)

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Éditeur : Chez les Kazanci, Turcs d’Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l’amour et parlent avec les djinn, tandis que les hommes s’envolent trop tôt – pour l’au-delà ou pour l’Amérique, comme l’oncle Mustafa. Chez les Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés aux États-Unis dans les années 20, quel que soit le sexe auquel on appartient, on est très attaché à son identité et à ses traditions. Le divorce de Barsam et Rose, puis le remariage de celle-ci avec un Turc nommé Mustafa suscitent l’indignation générale. Quand, à l’âge de vingt et un ans, la fille de Rose et de Barsam, désireuse de comprendre d’où vient son peuple, gagne en secret Istanbul, elle est hébergée par la chaleureuse famille de son beau-père. L’amitié naissante d’Armanoush Tchakhmakhchian et de la jeune Asya Kazanci, la « bâtarde », va faire voler en éclats les secrets les mieux gardés.

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J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire au départ, parce qu’il n’y a pas d’indication de temps et que l’on passe d’une génération à l’autre. Mais assez vite, on identifie les personnages et on est emporté cette histoire virevoltante.

Les femmes de ce roman, qu’elles soient turques, arméniennes ou américaines sont vraiment plus fantasques les unes que les autres ! Les hommes sont, soit absents (morts ou à l’étranger), soit assez effacés, il faut bien le dire…

A travers le quotidien de ces familles turques et arméniennes, il y a l’Histoire avec un grand H. On parle ici du génocide arménien (1915-1923) et du ressenti, des traces, qu’il a laissé chez les descendants d’un côté comme de l’autre. Génocide toujours nié par la Turquie d’ailleurs et reconnu par une trentaine de pays seulement…

A la fin du livre, dans ses remerciements, Elif Shafak nous explique qu’elle a été amenée devant la justice turque, au titre de l’Article 301 du Code pénal turc, pour avoir “insulté l’identité nationale”. Pour cela, elle encourait 3 ans de prison mais a été finalement acquittée. (Pour les propos que tiennent certains de ses personnages dans le roman !)

C’est un livre qui donne envie de visiter Istanbul, décrite comme une ville labyrinthe au bord du Bosphore, pleine de sons, de couleurs et d’odeurs…

Et en parlant d’odeurs, j’ai eu envie de manger tout au long de ce roman. Les titres de chapitre ne sont que des choses qui se mangent : Cannelle, Pois chiches, Sucre, Noisettes grillées… Et il y a de multiples descriptions de plats arméniens et turcs, tous plus appétissants les uns que les autres !

Bref, ça a été une très bonne lecture que je vous recommande chaudement.

C’est à la fois divertissant, didactique et gourmand !

J’ai deux autres romans de cette autrice dans ma pal, Lait noir et Soufi mon amour. Je me régale d’avance.

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L’avis de Karine

Pour en savoir un peu plus sur le génocide arménien

Un roman lu dans le cadre des Escapades en Europe chez “Dans la bibliothèque de Cléanthe

https://www.danslabibliothequedecleanthe.fr/wp-content/uploads/2025/03/20250313_164956-1920x1080.jpg

Le challenge ABC (auteurs) chez Enna

ABC

Le challenge ABC Titre de Sophie (sur ce blog)

Et c’est le 3/26 pour

En sortir 26 en 2026

En 2026

Mon vrai nom est Elisabeth

ElisabethMon vrai nom est Élisabeth

Adèle Yon

Éditions du sous-sol (2025)

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Éditeur : Une chercheuse craignant de devenir folle mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Élisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances.

Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C’est à peu près tout. Les enfants d’Élisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n’en parlent pas à leurs enfants qui n’en parlent pas à leurs petits-enfants. “C’était un nom qu’on ne prononçait pas. Maman, c’était un non-sujet. Tu peux enregistrer ça. Maman, c’était un non-sujet.”

Mon vrai nom est Élisabeth est un premier livre poignant à la lisière de différents genres : l’enquête familiale, le récit de soi, le road-trip, l’essai. À travers la voix de la narratrice, les archives et les entretiens, se déploient différentes histoires, celles du poids de l’hérédité, des violences faites aux femmes, de la psychiatrie du XXe siècle, d’une famille nombreuse et bourgeoise renfermant son lot de secrets.

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Ne vous laissez pas effrayer par la mention “Essai”. Cet ouvrage se lit comme un roman ! Il a eu le Prix Essai France Télévision, le prix non-fiction du Grand Prix des Lectrices et d’autres prix encore. Mais, sur le livre, l’éditeur a indiqué “Roman”.

C’est un récit autobiographique, puisque que l’autrice parle de sa famille.

Et c’est un livre qui rencontre un gros succès en librairie. En octobre, il y avait déjà 160 000 exemplaires vendus… Il est très demandé dans les bibliothèques aussi !

L’autrice a peur d’être folle. Elle a entendu parler de la “maladie” de son arrière grand-mère Betsy, qui, diagnostiquée schizophrène dans les années 50, a passé de nombreuses années enfermée.

Pour se rassurer, pour en savoir plus, elle va enquêter. Au sein de sa famille, dans les archives, auprès des personnes ayant connu Betsy ou l’endroit où elle a été enfermée.

C’est très prenant, j’ai découvert une période, l’après-guerre, que je connais assez peu. Comme j’aime les histoires avec des secrets de famille, ou qui parlent de la vie des femmes à différentes périodes, j’ai trouvé ça très intéressant ! Et parfois un peu énervant, il faut bien le reconnaitre… (La façon dont on a traité les femmes pendants des années est abominable !)

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Un livre qui fait partie de la Rentrée Littéraire 2025

RL

Les seigneurs de la Terre

seigneursA partir de 16 ans

LES SEIGNEURS DE LA TERRE

Fabien Rodhain & Luca Malisan

Glénat (2016-2022)

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Série terminée en 6 tomes

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Résumé éditeur : Une odyssée paysanne qui nous reconnecte à nos racines…

1999. Florian, jeune avocat, est le fils d’un puissant agriculteur en sud Rhône-Alpes, président de la coopérative régionale. Alors qu’il n’y connait rien (ou presque) au travail de la terre, Florian accompagne son père pour un voyage d’études au Mexique, financé par un fournisseur de pesticides. Sur place, il est frappé par la misère et l’impact désastreux de l’agriculture occidentale industrialisée sur la population locale… et sur le monde. Cette épreuve est un choc pour Florian, qui sent alors retentir en lui l’appel irrépressible de la terre. À son retour, impossible de résister : le jeune homme deviendra paysan. Mais contrairement à son père, il privilégiera une agriculture écologique et responsable. Anne, sa fiancée, voit d’un mauvais œil ce revirement de carrière… Et que dire de son père, qui incarne l’agriculture productiviste, censée ” nourrir la planète ” à grand renfort de technologie et de chimie !

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Chaque tome de la série est préfacé par une personnalité différente. Pierre Rabhi (T1), Yann Arthus-Bertrand (T2) ou encore Vandana Shiva (prix Nobel alternatif et figure de l’écologie mondiale) (T3).

Beaucoup d’informations sont dispensées au fil des pages, ce qui me fait dire que je relirai cette série (un crayon à la main !). C’est pédagogique tout en étant récréatif (histoires d’amour, politique, secrets de familles…) et ça, ce n’est pas toujours facile ! Le dessin est agréable, il m’a bien plu et les couleurs sont belles (plus chaudes et plus vives à partir du tome 3, je vous laisse découvrir pourquoi).

C’est une BD distrayante avec de multiples rebondissements. Mais c’est aussi et surtout une BD instructive et engagée. On apprend beaucoup de choses sur l’agriculture, l’industrie alimentaire, le bio, les industries chimiques et les liens qu’il y a entre tout ça…

Une série (6T) que je vous recommande chaudement !
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Feuilleter le tome 1 (site éditeur)

Le site de Fabien Rodhain

Sa chaine Youtube