Un homme de joie – BD Diptyque

T.1 : La ville monstreUnHommeDeJoieT1

David François (ill.) & Régis Hautière

Casterman (2015)

* * *

New-York, 1932. Fraîchement arrivé d’Ukraine où règne la famine grâce au camarade Staline, Sacha débarque chez son cousin Pavlo. Mais celui-ci vit dans un tout petit appartement avec sa femme et ses 4 enfants et ne peut l’accueillir au-delà de la première nuit. Il l’aide cependant à trouver un logement -provisoire et spartiate- mais pas cher.

* * *

Pas très attirée au premier abord par les illustrations que je trouvais sombres et avec beaucoup de gros plans, j’ai en fait très vite plongé dans cette histoire. Et après l’avoir lue une première fois, j’ai parcouru au moins deux fois cette bd avant de la lâcher, tellement certaines de ces illustrations m’ont plu… Page 37 par exemple, j’ai trouvé superbe l’illustration d’un homme qu fait un saut périlleux sur une poutre, mais il y a un tas d’autres exemples, tel le chien qui file dans la ruelle, à la page 24. J’aime bien, en fait, la façon dont le mouvement est traduit dans le dessin. Je ne sais pas quelle est la méthode employée, je dirais volontiers que c’est de la peinture mais la façon dont c’est illustré, les coups de pinceaux (?) noirs par endroits, les couleurs employées donnent vraiment une ambiance très particulière, un peu “cotonneuse” à cette bd.

Quand à l’histoire, elle est très simple. Un homme, qui vient d’arriver à New-York, essaie de trouver du travail et de trouver sa place. Il ne connaît pas les us et coutumes du pays, il s’adapte au fur et à mesure. On sent bien que c’est un homme gentil (sa façon de s’occuper des chiens, de se préoccuper des autres…) mais il fait de drôles de rencontres… J’ai hâte de savoir ce qui lui arrive dans le tome 2 !

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* * *

Bref, vous l’aurez compris, une bd qui ne m’attirait pas plus que ça au début et que j’ai finalement adoré, tant pour les illustrations que pour l’histoire !

Bon, ça y est, j’ai lu le tome 2 : Pffoouuu ! Quelle claque !! A lire sans hésiter.

Une bd découverte grâce au groupe de “la bd de la semaine” : voir l’article de Moka (et ceux des autres, dans le bas du sien !)

David François, le dessinateur, brève bio sur le site de l’éditeur

Le blog de Régis Hautière

La bd de la semaine Cette semaine, c’est chez Noukette

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Sweet sixteen

Sweet sixteen♥ Sweet sixteen ♥

Annelise Heurtier

Casterman (2013)

L’histoire : Rentrée 1957. Le plus prestigieux lycée de l’Arkansas ouvre pour la première fois ses portes à des étudiants noirs. Ils sont neuf à tenter l’aventure. Ils sont deux mille cinq cents, prêts à tout pour les en empêcher.

Comme nous l’explique très bien l’avant-propos, le but de ce roman, tiré d’une histoire vraie, “n’était pas d’écrire une leçon d’histoire, conforme en tous points à la réalité, mais de retranscrire la brutalité des jours que Melba Pattillo et ses huit autres camarades ont enduré au Lycée central.”

♥♥♥

J’aime beaucoup cette façon de faire, présenter les choses de deux points de vue différents.

D’un côté, Molly, jeune adolescente noire à qui on a demandé (3 ans plus tôt !) si elle souhaitait tenter l’expérience d’aller faire ses études dans un lycée de blancs. Son dossier a été retenue et sa mère, tout d’abord horrifiée, apprend qu’un mois plus tard, sa fille va aller étudier au milieu des blancs : “Quand est-ce que tu avais prévu de nous en parler ? As-tu pensé aux conséquences de ta décision ? As-tu seulement compris que tu vas tous nous mettre en danger ?”

Là où de nombreuses mères seraient fières de leur fille (elle est admise dans le plus prestigieux lycée de la ville !) cette mère ne peut qu’être inquiète pour sa fille. En effet, en 1957, les noirs et les blancs n’allaient pas à l’école ensemble. Nombreux étaient les gens qui trouvaient cela normal et nombreuses furent les violences faites à ces jeunes ados…

L’autre vision des choses est apportée par Grâce, une jeune fille plutôt futile, qui ne pense qu’à s’habiller, draguer et être la reine du lycée. Pourtant, toute cette violence, cette haine, finissent par la déranger et elle commence à se poser des questions et à regarder les gens (les femmes bien pensantes de la ligue par exemple) avec un autre œil. Elle paiera cher pour avoir essayé de déjouer un complot…

Le passage qui décrit le premier jour, quand une des filles se retrouve seule face à la foule haineuse et en colère, est terrible. Je crois qu’à sa place, je me serais fait pipi dessus tellement j’aurai eu peur… Je ne peux qu’imaginer le courage (et les réserves de patience !!) qu’il aura fallu à chacun d’eux pour endurer cette année scolaire abominable.

♥♥♥

D’autres livres, lus et aimés, sur le même sujet, la ségrégation raciale aux États-Unis :

Je ne les ais pas encore lu, mais ils me tentent beaucoup :

  • Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage de Maya Angelou (Je veux le lire depuis longtemps !!)
  • Tant que je serai noire de Maya Angelou (le précédent raconte son enfance, celui-ci sa vie d’adulte)
  • La couleur pourpre d’Alice Walker (j’ai vu le film, pas encore lu le livre, mais ça venir)
  • Bluebird de Tristan Koëgel

En bonus, une chanson qui m’a toujours donné des frissons : “Strange fruit” une chanson écrite par Abel Meeropol et interprétée par Billy Holiday (les paroles et la chanson traduite ici)

Si le sujet vous intéresse, une bibliographie ici, pour en lire d’autres !SignatureNat