Tu me préfères ou tu préfères un cornichon ? (et autres petits cartonnés)

Tu me préfères ou tu préfères un cornichon ?

Bénédicte Guettier

Dans ce cartonné un petit lapin rose demande à sa maman si elle le préfère à… un cornichon, un éléphant, un livre, un bouquet de roses… Pour chaque situation la maman va expliquer combien elle cet objet ou cet animal et le petit lapin tentera de trouver la parade.

Un bel album coloré dans le style très visuel de Bénédicte Guettier (la créatrice de l’âne Trotro) qui permet de parler d’amour et de montrer aussi qu’une maman peut aimer beaucoup d’autre chose… sans oublier son petit lapin!

Certaines pages semblent tout à fait crées pour les mamans blogueuses littéraires : Tu préfères ton livre ? Tu préfères ton ordinateur ? ;)

Ecole des Loisirs 2012

Devant ma maison

 Marianne Dubuc

Un imagier cartonné plein de contraste et de jolis dessins qui lient chaque objet au précédent grâce à un lien : “derrière la fenêtre… ma chambre” “dans ma chambre… mon lit”… De nombreuses pages qui permettent un voyage qui va proposer de découvrir la maison mais aussi les princesses et les dragons, les grottes et les montagnes, les planètes et les extra-terrestres, la mer, de nombreux animaux…

Si les pages sont un peu fines pour être attrapées par les enfants l’épaisseur du livre compense puisqu’en appuyant sur la page de gauche la page de droite se soulèvera automatiquement. Un principe souvent utilisé dans les cartonnés jeunesses, notamment la collection Tête de Lard chez Thierry Magnier.

Un très bel imagier intéressant et varié.

Casterman, 2010 

Jeu de Paysage

Hervé Tullet

Hervé Tullet sait magnifiquement jouer avec les pages pour créer des univers passionnants. Dans jeu de paysage chaque page cartonnée est découpée afin d’offrir un paysage, terrain de jeu pour inventer des histoires! Un coté clair un coté sombre. Malheureusement à trop vouloir laisser le lecteur créer ses propres histoires cet album sans texte semble un peu cher pour son contenu…
On lui préférera les autres livres jeu d’Hervé Tullet!

Phaidon, 2013 – 9,95€ 

Si on faisait de l’origami ?

Mes élèves, toujours eux, adorent l’origami, voici donc une petite sélection des livres qu’ils utilisent. N’hésitez pas à me donner vos propres titres ou sites internet, ils adorent avoir de nouveaux modèles !

Monstres en origami

de Maryse Six

Casterman

13  modèles de monstres, idéal pour préparer Halloween. Des modèles sympathiques, originaux et qui sont facilement personnalisables.

Les modèles sont expliqués sur la page de gauche, avec des schémas étape par étape. Les consignes sont claires et le vocabulaire est facilement assimilable par les élèves. Des modèles de différents niveaux, mais non classés, à chacun de faire son choix en fonction de ses connaissances.

Le seul point négatif de cet ouvrage : son prix, 8,95€ pour seulement 13 modèles…

 Atlas de l’origami, art du pliage :
un univers en papier au bout des doigts

Éditions Atlas

Un gros livres avec de très nombreux modèles, illustré avec schémas et photographies. Parfait pour avoir une panoplie de modèles ! Les élèves débutants seront par contre vite perdu, car si le niveau est noté les réalisations sont classées par thème et le vocabulaire est précis. Tout est expliqué en début d’ouvrage et les élèves qui pratique déjà l’origami s’en sortent très bien mais c’est plus difficile pour commencer!

Il est souvent nécessaire d’avoir du matériel spécialisé pour réaliser de belles origamis : feuilles très fines bi-colore, grandes feuilles… mais les élèves aiment essayer avec du papier blanc quand même !

Il y a  dans ce livre certains modèles que les élèves aiment bien m’offrir, comme le marque page coeur en origami, mais aussi les petites pochettes, pour CD, cadeau, les petites boites, bref tout plein de choses utiles car les animaux et fleurs envahissent régulièrement mon bureau mais ne reste pas…

 

Et je vous ai déjà parlé de Origami : 60 modèles à réaliser de Danielle Picon, chez Mango.

Ronde Des Livres Manga #2

Love so Life 2

de Kaede KOUCHI

On continue de suivre Shiharu dans les événements de la vie quotidienne. Toujours baby-sitter pour les jumeaux elle continue d’utiliser ses souvenirs d’enfance pour faire plaisir aux enfants. L’étape de la lecture, puis de la cuisine conduisent à de nombreux agitements. Ensuite la St Valentin arrive et avec elle les questionnements : doit-elle offrir des chocolats à Seiji ? La troisième histoire est celle de la première visite au zoo des jumeaux, un réel étonnement constant et beaucoup d’enthousiasme. Enfin la dernière histoire se passe pour la journée des enfants et permet de mieux connaître certains personnages secondaires et de voir là encore quelques cœurs battre…

C’est toujours bien sympathique mais ça n’avance guère, certains personnages secondaires sont toujours totalement inconnus  et les relations entre les personnages restent un peu au point mort. Enfin il y a toujours au début de chaque histoire ce petit rappel de la situation initiale, ce qui est lassant…

+ Mon avis sur le premier tome

 Thermae Romae 1 & 2

de Mari Yamazaki

Les critiques élogieuses n’ont pas manqué sur ce manga, notamment parmi mes collègues documentalistes. J’ai fait testé à des collègues d’histoire et de latin. J’ai testé. La conclusion est sans équivoque : pas terrible… Serions-nous particulièrement râleurs ?
On nous promet une découverte de la Rome antique et du japon moderne. C’est à peu près convainquant dans le premier tome, mais dès le deuxième tome cela devient chaotique. Lucius Modestus est un architecte romain. Il découvre un passage temporel et spatial et atterrie dans un bain japonais, de nos jours. Si la découverte du monde moderne par Lucius est assez drôle, la partie historique sur les thermes n’est pas convaincante. Tout est basé sur la comparaison, ce qui fausse peut être notre jugement puisqu’on ne connait pas vraiment non plus les bains japonais. Il faut aussi savoir que le culte du phallus est un thème majeur, à la fois lassant et délicat à mettre dans les mains des plus jeunes de nos élèves.

+ L’avis par exemple de Jérôme, très élogieux pour les premiers tomes, moins pour les derniers… j’ai quand même vraiment l’impression d’être passé à côté, l’avis de mes collègues m’ayant peut être influencée…

 

 

 

 

Lune Mauve 1 de Marilou Aznar

Un article un peu particulier aujourd’hui, puisqu’il mêlera mon avis sur Lune Mauve avec des bribes de ma rencontre avec l’auteur, à l’occasion de la sortie de ce roman.

Roman fantastique pour adolescent

Lune Mauve 1 La Disparue de Marilou Aznar

Casterman, mars 2013 – 9782203060494, 15€

Marilou Aznar est une jeune femme très accessible et souriante. Dynamique. Un peu timide à l’heure des dédicaces. Une belle rencontre qui permet de voir autrement son premier roman Lune Mauve. Cette trilogie fantastique dont le premier tome sort aujourd’hui est très ancrée dans l’adolescence. Sans doute parce que Marilou Aznar est “encore un peu adolescente dans [sa] tête”.

Son héroïne, Séléné Savel quitte sa Bretagne et son père pour entrer dans un lycée huppé parisien, Darcourt. Elle y croise sa cousine Alexia, une superbe peste adulé de tous, qui l’ignore. Dure rentrée quand on ne connait personne. Rapidement elle va se faire deux alliés Adrien et Nora. Deux jeunes gens un peu à part, comme elle. Mais c’est surtout l’arrivée du beau Laszlo qui va troubler Séléné.

Sa mère a disparu depuis plusieurs années sans qu’elle ai de nouvelles, mais Paris réveille ses souvenirs. Une étrange fille aux cheveux gris, des tableaux… tout s’enchaîne, sur fond des murmures du lycée. Des rivalités amoureuses.

Iris, la mère de Séléné aimait beaucoup la peinture, et ses tableaux accompagnent sa fille jusque dans ses rêves.

La partie lycée, écrite avec un peu d’imagination et les souvenirs d’adolescences de l’auteur, sonne juste. Un peu “trop” peut être parfois, mais cela cadre très bien avec le lycée huppé. La place des réseaux sociaux et des blogs prend aussi toute sa mesure au fil de l’histoire. Scarlett, une des lycéennes amie d’Alexia crée en effet le blog de Darcourt, y racontant comme dans Gossip Girl tous les potins dérangeants. Un ton léger et méchant qui fait sourire. Ce blog devrait d’ailleurs être bientôt disponible sur le web, nous dit l’auteur.

L’autre thème principal du roman c’est ce lien avec le fantastique. Des secrets que l’on découvre peu à peu et qui amènent Séléné à découvrir tout un monde. Un monde qui a besoin d’elle. Ce thème est distillé tout doucement dans le premier tome, par petite touche, avec quelques fulgurances, mais il faudra attendre le deuxième tome pour en savoir plus.

Si j’ai trouvé l’histoire tout à fait intéressante j’ai été parfois gêné par le ton de l’histoire, qui manquait un peu de poésie, pour qu’on s’attache notamment aux personnages masculins. Cela tient je pense à la façon qu’à Marilou Aznar d’écrire. Tout est contrôlé. Elle a d’abord écrit le début et la fin de l’histoire avant de s’attaquer au déroulement. Tout est donc planifié à l’avance, tout doit être utile à l’intrigue, avoir un rôle… Il me manque je crois la spontanéité de certains auteurs comme Audren qui se laisse portée par ses personnages.

 Les personnages justement sont ici très calculés, mais très bien calculés. Séléné par exemple qui est une adolescente de 15 ans, qui n’est pas parfaite, volontairement. Marilou Aznaz “n’aime pas les héros parfaits”. Séléné n’est pas forcément plus intelligente qu’un autre, ni plus belle. Elle est tout simplement elle, avec son caractère souvent proche de la violence, sans pour autant être rebelle. Mais les personnages secondaires sont ceux qui m’ont le plus accroché, notamment Thomas, un adolescent qui aime la musique (ce qui n’est pas sans rapeler le premier métier de Marilou Aznar). L’auteur nous a promis que nous le retrouverions dans le deuxième tome, qui sort au mois de mai. Des sorties rapprochées de toute la trilogie, choix éditorial sympathique pour le lecteur qui n’attendra pas trop longtemps.

Le lien avec le monde fantastique commence en Bretagne, sur la presqu’île de Crozon. Un lieu qui existe vraiment, même si Marilou a préféré travailler avec ses souvenirs plutôt que d’y retourner, de peur d’être déçue. Un endroit qui fait très lande anglaise et donne envie de le découvrir.

Pour parler un peu plus de Marilou Aznar, il est sympathique de savoir qu’elle lit presque uniquement en anglais, ce qui lui permet d’entretenir ses connaissances puisqu’elle est aussi traductrice de séries et téléfilms.

Ma lecture s’est terminée avec l’envie de lire la suite, quant à la rencontre avec Marilou, elle s’est terminée par une dédicace. Si vous la croisez en salon, n’hésitez pas à lui demander de sortir son joli stylo violet et son tampon lune! N’hésitez pas car j’ai noté une phrase importante lors de cette rencontre interview “le lecteur est important pour moi”. Lors de sa lecture, par les retours qu’elle peut lire sur internet, et sans nul doute lors des rencontres!

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Copyright Photo Mélisande – Je n’étais pas du bon coté de la table !

Merci à Marilou Aznar et l’équipe de Casterman pour cette rencontre chaleureuse qui m’a aussi permis de croiser George, Liyah, Faelys, Ori, Caroline, Karen, Francesca, Nodrey, Marion, PtiteTrolle, et Mélisande (je crois n’oublier personne!). Ravie de ce samedi après-midi!

+ Ils parlent de la rencontre :  Ptitetrolle, Mélisande, Liyah, George, Ori

+ Une couverture plutôt agréable, notamment le très bel effet poudré. Cette couverture est inspirée du Pinterest de Marilou Aznar.

+ Le blog Lune Mauve, la page facebook.

+ Marilou Aznar sera présente au salon du livre de Paris, le dimanche de 14h à 16h.

+ Challenge YA#2 + Challenge Régions + Challenge Lire sous la contrainte > Couleur.