Snow Queen

Roman adulte

Snow Queen

Michael CUNNINGHAM

Traduit par Anne DAMOUR

Belfond 2015

Un soir de novembre, alors qu’en pleine déprime amoureuse il traverse Central Park, Barrett est témoin d’une lumière mystérieuse, un moment fugace de beauté pure, un instant suspendu, comme si quelqu’un, quelque part, le regardait avec bienveillance.

Une lumière qui lui évoque son frère, Tyler, cocaïnomane, musicien talentueux qui n’a jamais percé ; Beth, la fiancée de Tyler, qui se meurt d’un cancer ; Liz, leur amie commune, leur presque mère.

Une lumière qui illumine aussi ses propres failles, ses ambitions ratées, ses amours déçues.

Une lumière comme une manifestation du sublime. Comme l’amour qui, malgré tout, unit ces êtres blessés. Ou le rappel que, si le temps passe et les rêves aussi, reste la tendresse…

Un roman magistral, à la fois moderne et intemporel qui, dans le New York du 21eme siècle, invite à réfléchir sur la place qu’ on accorde à ceux qu’on aime.

A la faveur d’une lumière, le personnage principal va se plonger dans se souvenirs, penser à ceux qu’il aime. Famille, amis, une réflexion profonde et belle à lire, qui se dévore tant on apprécie les personnages que l’on voit évoluer sous nos yeux.

L’auteur exploite avec brio des thèmes forts, tels que la peur de vieillir, la maladie, la détresse émotionnelle, la famille…

Un texte poétique et littéraire, qui propose une intertextualité intéressante. 
Snow Queen, la reine des neiges/glaces, comme le conte de JC Andersen… Et ce n’est pas un hasard, car dans les deux on retrouve ce miroir déformé installé dans le regard des autres et qui déforme la vision du monde…

 

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L’incertitude de l’aube – Sophie Van der Linden

L’Incertitude de l’aube - Roman adulte
Rentrée Littéraire 2014

L’incertitude de l’aube

Sophie Van Der Linden

Buchet Chastel, 2014
978-2-283-02808-7, 13€
160 pages

L’incertitude de l’aube c’est le récit, effroyable, d’une prise d’otages dans une école. Par les yeux d’une petite fille, nous découvrons la peur, le calvaire, l’incompréhension. On est suspendu à ses pensées, à chaque page, que l’on découvre ce qu’elle voit, ce qu’elle ressent, ou bien que l’on plonge dans ses souvenirs.

Anushka se rend à la fête de l’école avec son grand-père et sa meilleure amie, mais une fois arrivée à l’école, les choses se bousculent, et sans qu’elle comprenne bien comment, elle est séparée de son grand-père et se retrouve dans le gymnase avec des dizaines d’autres écoliers et leurs parents. Nous n’en aurons la certitude qu’à la fin du livre, mais il s’agit d’un récit fictif de la prise d’otages de 2004 à Beslan, en Russie.

Ce récit, embrouillé comme peuvent l’être les pensées des enfants, touche et angoisse. Anushka, par ses pensées, ses rêves, s’évade de cet enfer, et nous entraine dans un monde de souvenirs et d’imagination. La seule façon de supporter l’horreur.

Sophie Van Der Linden, je la connais bien, non pas pour ces romans adultes, mais pour son travail de recherche en littérature jeunesse, et c’est ce petit plus qui m’a beaucoup plu dans ce roman, puisqu’elle dévoile de nombreux classiques de la littérature de jeunesse russe dans les pensées de sa petite héroïne. L’occasion de découvrir ou redécouvrir de nombreux extraits, qui donnent envie de se (re)plonger dans les contes et comptines russes…

Le texte est très beau, il nous montre toute la douleur et tout l’espoir, nous amenant à vivre des heures angoissantes en compagnie d’Anushka. Et ce récit reste réaliste, s’appuyant sur les faits. Un récit d’enfant pour un roman adulte, dont les mots sonnent justes, presque trop.

Un beau texte de cette rentrée littéraire !

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+ L’occasion avec ce joli mot aube, de vous inviter à découvrir Aube du Hérisson, un blog à 4 mains que je rédige souvent seule en ce moment :)

Le chuchoteur – Donato Carrisi

Le chuchoteur- Donato Carrisi-Liliba

Roman policier

Le Chuchoteur

de Donato Carrisi

traduit de l’italien par Anaïs Bokobza

Calmann Levy, 2010
Livre de Poche, 2011
576 pages
9782253157205, 7,90€

Voilà un livre qui traine depuis longtemps dans ma PAL. Depuis sa sortie en poche exactement, quand Monsieur l’a lu et à décréter que c’était son thriller préféré, lui qui n’aime pas les romans policiers. J’étais intriguée, et en même temps, il y avait un peu d’appréhension… je me demandais ce que j’allais bien pouvoir trouver dans ce livre… Il aura fallu l’annonce par Liliba d’une Lecture Commune pour me décider à le lire. Et encore, alors que cette LC est prévue pour aujourd’hui, j’ai commencé le livre dimanche, au dernier moment… Sauf que voilà, une fois lancée, j’ai aimé, moi aussi, et j’ai dévoré les dernières pages cette nuit !

Le chuchoteur, c’est avant tout l’histoire de Mila, une jeune policière spécialisée dans la recherche des enfants disparus. Elle travaille seule, avec ses intuitions, sa perception des monstres qu’elle traque… Alors quand elle se voit intégrée à une équipe de recherche de tueur en série, l’adaptation est d’abord difficile. Surtout que l’histoire est horrible, ils traquent “Albert”, ainsi qu’ils l’ont nommé, un tueur en série qui a enlevé et tué 5 fillettes, et qui en détient une 6ème.

La force de ce roman tient dans la qualité de ses personnages, dans leurs fêlures personnelles, que l’on découvre peu à peu. Si Mila est incontestablement le point central, d’autres points de vue, d’autres personnages sont mis en avant, nous permettant de rentrer au coeur de l’intrigue. C’est d’ailleurs cette alternance de point de vue qui m’a d’abord déconcertée. Cette dispersion est finalement habillement jouée, et principalement au début du roman, et cela permet d’ajouter à l’impression de noirceur. On a ici affaire à un roman sombre, à l’intrigue terrifiante. Étonnamment, c’est dans les scènes d’action que j’ai le moins aimé ce roman, tant le côté psychologique est important ici.

L’auteur ne prend pas le lecteur pour un idiot, il n’hésite pas à donner des détails techniques, et en même temps, sous couvert d’explication à Mila, il prend toujours le temps d’expliquer en détail. Ces informations, ajoutées aux descriptions très intéressantes des personnages, permettent de faire partie de l’enquête, et si quelques éléments sont faciles à deviner, on ne peut s’empêcher de finir le roman extrêmement surpris par les derniers événements.

Pour trouver un tueur en série, les enquêteurs en sont persuadés, il faut le considérer comme un homme normal, et non comme un monstre. Une assertion difficile à accepter…

Comme tous les criminologues qui travaillaient pour la police, il avait ses méthodes. Avant tout, attribuer des traits au criminel, afin d’humaniser une figure encore abstraite et indéfinie. En effet, devant un mal aussi féroce et gratuit, on tend à oublier que l’auteur, tout comme la victime, est une personne, avec une existence souvent normale, un travail et parfois aussi une famille.

Enfin, il me faut parler de quelques autres personnages. Goran Gavila, criminologue dépressif, véritable cerveau de l’équipe, qui pousse les autres à trouver par eux même, est un personnage surprenant, tant il est difficile à cerner. Boris, Stern, Sarah Rosa, le reste de l’équipe a aussi ses petits secrets, ses petits travers, que l’on découvre au fil de l’histoire. C’est sans doute cela d’ailleurs qui rend ce roman si prenant, la certitude que tout peut arriver, tant Donato Carrisi nous attache à ses personnages pour mieux les malmener. Enfin il y a cette petite fille, attachée sur un lit, droguée, qui tente de se comprendre ce qu’elle fait là, pourquoi on la retient prisonnière, ce qu’elle a fait de mal…

Albert, le monstre, celui qu’on devrait haïr, reste très secret tout au long des pages, mettant en avant d’autres monstres… Une accumulation qui rend ce roman sombre et glauque !

De nombreuses affaires citées dans ces pages sont réelles.

Comment dormir après cette annexe, en fin d’ouvrage. Après tout ce qu’on vient de lire et qui prend progressivement forme dans notre esprit. Les monstres existent, difficile d’en douter, et les percevoir ainsi fait froid dans le dos…

+ Lecture Commune avec LilibaMarjorie, et Alexielle

+ Prix du polar SNCF et prix des lecteurs du livre de poche

+ Challenge Thriller et polars

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Madame Diogène – Aurélien Delsaux #RL2014

Madame Diogène Rentrée littérairePremier Roman

Rentrée Littéraire 2014

Madame Diogène

d’Aurélien Delsaux

Albin Michel, 2014
sortie 21 août
9782226258274, 13,50€

Madame Diogène c’est une vieille femme. Madame Diogène c’est une voisine dont plus personne ne veut. Madame Diogène c’est la folie incarnée, et pourtant son regard sur le monde est aiguisé ! Ce “Elle” que met en scène Aurélien Delsaux dans ce premier roman est un personnage incroyable, dans tous les sens du terme ! Cette vieille femme vit enfermée dans son appartement, transformé en terrier. Au fil des jours, elle a accumulé au sol tout ce qui a constitué sa vie, et vit maintenant sur les décombres d’un monde qu’elle n’accepte plus, sans jamais sortir.

Lire ce court premier roman, c’est plonger dans un univers très particulier, celui de cette femme, touchante dans sa folie, mais c’est aussi découvrir une vision différente du monde. A travers les différents personnages qui gravitent autour de Madame Diogène, voisins, nièce, assistante sociale, facteur, mais surtout avec tout ce qu’elle a observé dans sa vie et continue d’analyser par sa fenêtre. Car si sa folie ne laisse aucun doute, c’est surtout la solitude de cette femme qui touche, on sent dans ses souvenirs impromptus comme la descente a été longue et rapide à la fois, fastidieuse, liée à son isolement.

Rien que quelques heures dans la vie de cette femme et pourtant de bribes de souvenirs en interventions extérieures, on devine ce monde qui se résume à un appartement, à quelques pièces et une fente qui permet de voir encore le boulevard. Un roman qui choque par la déchéance complète de cette femme, qui fait ses besoins là où elle se trouve, mange les restes moisis au milieu des souris, cafards et autres insectes, cherche un chat…

Impossible de s’imaginer à la place de cette femme, sa décrépitude est trop loin de ce que l’on peut envisager. Une narration à la première personne aurait peut être permis une vision différente de cette femme dont on a bien du mal à décrypter les sentiments, pourtant cette distance est aussi salvatrice !

140 pages pour découvrir cette femme, c’est beaucoup tant son monde se réduit au minimum et pourtant, c’est peu tant son regard incite à découvrir les autres autrement. Un premier roman magistralement mené qui ouvre une porte différente sur la folie. La narration soigneusement rythmée permet de plonger dans un univers hallucinant. Ce roman d’Aurélien Delsaux va sans doute toucher de nombreux lecteurs, en choquer d’autres, mais il y a peu de chance qu’il laisse le lecteur indifférent !

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+ Challenge Rentrée Littéraire 2014

+ Voir une interview de l’auteur et son blog

+ Lire un extrait de Madame Diogène

+ Le trouver aussi en version numérique

+ L’avis de Lily