Français d’ailleurs – Thiên An ou la grande traversée

Album / Roman pour adolescents

Thien An ou la grande traversée :
du Vietnam à Paris XIIIe

de Valentine Goby

et Ronan Badel

Autrement jeunesse, 4,95€
Collection Français d’ailleurs
réédition 2014

         Ce roman graphique, proposé il y a quelques années au prix des Incorruptibles 6ème est très intéressant. On y suit le parcours de Thien An, arrivé depuis peu en France et qui va nous faire découvrir sa culture, son voyage et son intégration. Un récit réellement touchant puisque cet enfant attend des nouvelles de sa mère, qui n’a pas pu fuir en même temps qu’eux…

Cette collection sur l’intégration d’enfants en France est vraiment très bien construite. A la fois documentées et illustrées, les histoires sont touchantes. Une histoire inventée, basée sur la réalité, qui permet aux enfants de mieux comprendre le parcours de cette génération d’immigrés.
Le vocabulaire reste un peu difficile, à cause de tout le vocabulaire vietnamien, mais l’histoire est simple et plait aux jeunes.

Bonne nouvelle cette collection grand format et assez cher s’est refait une beauté en poche, et pour 4,95€ il faut absolument la mettre à disposition des adolescents ! On y trouve donc ce titre mais aussi Le cahier de Leïla, autour de l’Algérie.

 + Challenge Je lis aussi des albums 2014 + Challenge YA#3

De l’amour dans les albums #1 [Tituce]

Je laisse aujourd’hui mon blog à Tituce, qui dans le cadre du challenge Je lis aussi des albums 2014 commence à prendre un peu d’avance sur le thème de février et vous offre ainsi pleins de belles idées pour préparer notre rendez-vous, qui je le rappelle sera le samedi 1er février ! 

 

Georges le dragon

de Geoffroy de Pennart 

L’École des Loisirs, 2011
Lutin poche € 5,60
Kaléidoscope € 13,20

Ahhhh l’amour, l’amitié … 2 notions si complexes et si proches!

Ce livre est bien écrit avec des illustrations comme j’aime, c’est-à-dire représentatives, mais avec un style et de jolis détails à chaque page. D’ailleurs la page interne est faite avec des esquisses au crayon, du personnage de Georges!
Le thème est très bien choisi pour attirer les enfants. Il mixte avec une princesse, un chevalier, un dragon.
J’ai d’ailleurs été attiré par cette histoire avec un titre de dragon, pour mon chevalier fan de dragon. Mais rien à voir avec des histoires de batailles ou de “testostérone”! Un simple récit, qui oscille entre cœur brisé, amour et amitié! Et dans lequel nous nous sommes laissés transporter.
Loulou s’est vite identifié. On a le cœur qui bat avec celui du dragon. On bombe le torse avec lui, On est triste avec lui. On espère avec lui … On a qu’une envie, c’est de tourner la page pour savoir ce qui va se passer.

Une partie de l’histoire me fait penser à Barbapapa qui cherche à trouver sa place dans ce monde. Tout comme Georges le Dragon, c’est un personnage hors-norme surtout par la taille. Pas d’inquiétude, ce n’est pas du Barbapapa!

Je reprocherais l’écriture qui est entre calligraphie et imprimerie et ne facilitera pas la lecture seul, par mon CP de loulou.
On peut retrouver Georges, dans un autre opus : “La princesse, le dragon et le chevalier intrépide”

Le grand amour de Bô l’ourson 

de Claire Clément
illustré par Éric Gasté 

Bayard, 2007
les belles histoires des touts petits

J’aime beaucoup la collection “les belles histoires des touts petits” de chez Bayard. Les histoires sont vraiment chouettes. Les livres sont une vraie transition entre le livre cartonné et le livre papier. En effet, les pages sont fines mais plastifiées, donc assez solides pour résister aux petites terreurs lorsque maman à le dos tourner. Le petit prix de cette collection est aussi un atout

Ici, on parle d’amour. De l’amour inconditionnel du petit ourson Bô pour sa maman.
Même quand maman veux que Bô coupe un peu le cordon, car il est grand maintenant. L’amour de l’ourson reste aussi grand.
Bô se trouve face à un obstacle insurmontable à ses yeux. La grande rivière qu’il doit traverser pour retrouver sa maman. Il est désespéré et très triste. Il ne s’en sent absolument pas capable. Mais un loup s’approche de sa maman de l’autre côté de la berge ! Sans s’en apercevoir Bô trouve du courage poussé par son amour filiale et traverse cette rivière. Quelle fierté! Le loup a fui la raclée de maman ours.
L’ourson s’est dépassé par amour et sa maman est si fière de son fils si courageux. Oui ça dégouline de sentiment, mais des sentiments à hauteur des touts petits et de nos cœurs qui dégoulinent d’amour pour nos enfants !

C’est un joli livre qui montre à l’enfant qu’on peut déplacer des montagnes, même lorsqu’on est découragé. On est capable de choses qu’on n’ose imaginer.

J’ai eu l’occasion de rencontrer Claire Clément et j’ai totalement adhéré à son discours : les enfants dans ce monde si difficile ont besoin de retrouver confiance en eux et de réaliser leur rêve. Elle s’efforce dans son écriture de revaloriser les valeurs telles que l’amour, le courage … Ses récits pour les touts petits sont simples afin que l’enfant s’identifie totalement au petit héros.

+ De la même auteure, pour les plus grands : Sami,Goliath  Oscar, Ousmane, et les autres

La cuillère amoureuse

de René Gouichoux
illustré par Catherine Proteaux-Zuber 

Bayard, 2009
les belles histoires des touts petits

J’aime toujours autant cette collection. Il faut dire que petite, j’étais abonnée aux Belles Histoires et que j’y retrouve tout ce que j’aimais enfant. Mon fils de bientôt 7 ans, commence ses premiers émois et il adore cette histoire.

En tant que maman, j’aime que ce soit une fille avec son papa, qui prennent le petit-déjeuner. J’adore les livres qui parlent des papas. La petite fille commence a raconter qu’elle a un amoureux à son papa. Mais celui-ci est dans son journal. Situation mille fois vécue par les enfants, lorsqu’ils parlent à leurs parents, qui ont toujours mille et une autres occupations. Du coup elle entend une petite voix et se retrouve face à la petite cuillère sur la table du petit-déjeuner.

La petite cuillère ne sait pas qui lui a offert une fleur et qui est son amoureux. Marine, la petite fille va l’aider à “enquêter”. Elles interrogent le bol, le sucre, le verre, sans succès. Mais l’amoureux se dévoile timidement. Et Marine retrouve son papa qui a fini le journal. Celui-ci la questionne sur ce prétendant. Car les parents, mine de rien, restent attentifs à leur enfant.
Dans ce livre, on parle d’amour, de timidité amoureuse et des parents occupés, qui savent écouter leur enfant.
On aime beaucoup les illustrations. Les deux “humains” sont des dessins très simples et les objets ressemblent à des photos, et sont donc très réalistes. On aime beaucoup ce contraste.

Un joli petit livre pour les jeunes amoureux. J’avoue, il nous permet d’aborder le sujet plus facilement.

Le Prince et la Charmante Sorcière

de Florence Vandermarlière
 illustré par Marion Piffaretti
 

Editions Lito, 2009

Un format un peu poche, couverture souple, avec un prix bien sympathique.

C’est une histoire de prince charmant atypique, fini les jolies princesses gnangnans ! Des illustrations assez simplistes ou le crayon agrémente une robe en papier journal, une colline en tissus écossais, une prairie en tapisserie à fleurs, un sapin en tweed… j’aime ce côté un peu kitsch !

Ce conte totalement moderne, casse tous les codes des contes classiques. C’est le prince Charmant qui est dans son château et s’ennuie ! C’est sa maman qui veut le marier. Mais aucune des princesses prétendantes n’est aussi bien que sa mère la reine. Il fuit alors en pleine nuit et rencontre “une véritable sorcière, pour la première fois de sa vie”. Une femme si différente de sa mère !
La sorcière s’exprime avec des mots qu’aiment les enfants : “sacrebleu de scrogneugneu” – “sacrebleu de yapalfeu” … La sorcière est finalement si originale et différente de la reine, que Charmant veut en faire sa femme.
Il l’impose, se marie, entouré de la cours, des fantômes et des squelettes et part vivre au fond de la forêt dans un manoir.

On aime la modernité de ce conte et de ses illustrations. On déplore juste la rapidité du coup de foudre et du mariage qui suit. On aurait aimé un peu plus de “débats” pour imposer son amour et son mariage.

Une très jolie découverte résolument moderne.

Un de mes superbes coup de coeur de la bibliothèque des loulous :

La boite au trèsor

de Michel Escoffier
 illustré par 
Éléonore Thuillier 

Éditions Kaleidoscope

Tout d’abord ce livre nous parle d’un trésor, mes garçons, petits pirates en herbe se laissent emporter par l’histoire.
Et l’histoire nous transporte, nous, dans la dure loi de notre monde d’adulte rempli d’égoïsme. En effet personne ne veut aider le pauvre petit Suricate à récupérer ce trésor. Mais heureusement celui est très malin et par des ruses très drôles réussit à convaincre les autres animaux. Et lorsqu’il arrive à récupérer le trésor, personne n’y trouve ce qu’il espérait. Ni le suricate, ni les animaux, ni mes loulous! Mais il découvre un trésor encore plus beau.

J’adore les valeurs de ce livre, hyper complet. On y retrouve de l’humour, des illustrations magnifiques (pleines de petits détails pour les plus grands aussi). On y traite de beaucoup de choses au niveau des enfants : l’entraide, l’égoïsme, l’amitié, et surtout même même s’ils n’ont pas ce qu’ils espéraient, on peut découvrir de très belles choses ! Dans notre société consommatrice, je trouve ce sujet très intéressant. Bref, un livre qui amène à de nombreuses discussions.

Un petit bijou.

40 jours d’automne – Philippe Milbergue

Roman pour jeunes adolescents

40 jours d’automne

de  Philippe Milbergue

Le Muscadier, 2013
Place du marché, 90 pages
979-10-90685-21-5, 7,90€

Thèmes : Roms, intégration, cuisine, apprentissage du français

 

Vous allez finir par croire, entre la température ambiante et mes titres de ces jours-ci (voir hier déjà, Automne) que nous sommes en plein Automne. Pourtant, nous sommes bien en hiver, comme nos amis canadiens pourront vous le confirmer, malheureusement. Un nouveau titre automnal, mais dont le thème est bien loin une fois encore !

Le Muscadier, petite maison d’édition que je découvre à cette occasion, propose une collection “Place du marché” qui offre des textes citoyens à destination des jeunes adolescents.

Dans 40 jours d’automne, Philippe Milbergue nous invite à suivre Stelian et sa fille Lulia. Arrivés depuis peu, ces roumains tentent de s’intégrer en France. Lulia va à l’école et apprend rapidement le français, mais pour Stelian, son père, qui ne travaille pas, c’est bien plus compliqué de progresser. Pourtant c’est un homme diplômé dans son pays, qui souhaite s’intégrer en France.

On découvre leur histoire, peu à peu, l’intégration de Stelian, pas à pas et surtout une maîtresse absolument géniale qui propose des ateliers cuisine avec les parents. Stelian, bien que ne parlant pas français, va pouvoir s’investir et faire découvrir la cuisine de son pays.

Le thème de ce roman est particulièrement intéressant et son traitement réaliste, bien qu’assez léger, en 90 pages. Laisser de côté la couverture pour découvrir une histoire touchante, voilà qui est possible pour un adulte, mais pour un jeune ? Ce roman aura besoin de  soutien, du conseil de l’adulte pour avoir sa chance.

Ce roman très positif, peut être trop parfois tant il fait l’impasse sur de nombreuses difficultés, permet de découvrir des personnages hors du commun, et les thèmes d’actualité sont plus nombreux qu’on le croit dans ce texte…

Un positivisme volontaire et intelligent qui permet de découvrir l’intégration sous un jour très différent de ce que nous montrent les médias, cela fait du bien aussi de lire une telle histoire.

petit++ je donne cette année des cours de FLE (Français Langue Etrangère) à des primo-arrivants, mais ces élèves ne sont pas contents d’être là et l’apprentissage est lent et délicat… Et j’assiste à l’inverse puisque c’est ici le parent qui parle parfaitement le français!

+ Les avis de Stephie, Jérôme et Fantasia

+ Challenge YA#3

Automne (Høsten) – Jan Henrik Nielsen

epub gratuitRoman dystopique pour adolescents

Automne

de Jan Henrik Nielsen

traduit du norvégien par Aude Pasquier

Albin Michel, janvier 2014
Wiz, 333 pages
15,90€

Contrairement à ce que le titre laisse entrevoir, ce roman ne parle pas de l’automne. Il s’agit en réalité d’un roman dystopique dans lequel les végétaux sont morts, comme en automne, mais sans jamais refleurir. Cette Grande Catastrophe a anéanti le monde. Plantes puis animaux sont tombés malades, puis les hommes. Un vaccin a été trouvé pourtant, mais trop tard, et sans végétation…

Fride et Nanna sont deux enfants. Deux jeunes filles qui vivent enfermées depuis des années dans un bunker, avec leur père, prévoyant. Une vie répétitive au possible, mais presque la seule chose que la plus jeune se souvienne. Six ans dans un bunker, lui même isolé sur une toute petite île. Pourtant les événements vont les pousser à sortir mais surtout à partir à la découverte de ce qu’il reste de leur monde. Un roman d’aventure mais surtout un roman initiatique car Nanna et Fride partent seules, à pied, sur les routes.

Une découverte de ce nouveau monde que nous allons faire avec elles. Un bout de route, de la survie, mais rien de très ultime pourtant, surtout des rapports humains. Des rencontres, des frayeurs. Une tension continue pour un roman prenant, d’un bout à l’autre. On sait finalement peu de choses sur cette catastrophe, et ce flou général contribue à augmenter la tension narrative.

Les personnages sont au coeur de ce roman. Fride, Nanna, nos jeunes héroïnes, courageuses, sympathiques, que l’on apprécie de suivre même si elles ne sont pas très attachantes mais surtout Oiseau. Personnage secondaire et pourtant belle figure de ce roman qui offre une magnifique rencontre et une oasis au coeur de cette folie. Un personnage marquant, qu’on a envie de découvrir plus avant, peut être à l’occasion de la suite !

Enfin j’ai aimé l’écriture (et/ou la traduction la limite est toujours difficile) parce qu’elle offre des descriptions qui ne sont pas pesantes mais font surgir dans notre esprit tous le décor de ce roman. Après quelques jours de recul je garde l’impression d’avoir vu un très beau film tant j’ai vu toutes les scènes. Si certains lecteurs trouvent cela tout à fait normal cela m’arrive assez rarement pour que ce soit signalé!

Mention spéciale pour la couverture, identique à l’originale (Høsten), vraiment magnifique et bien représentative.

Un roman norvégien avec une vraie tension narrative et une histoire originale, ce qui devient rare en dystopie, pas vraiment pas ses thèmes mais par ses personnages et leur histoire !

 petit++ Présentation sur le blog Wiz

+ L’avis d‘Evy, moins convaincue

+ L’auteur a obtenu des prix pour ce premier roman, aux noms imprononçables!

+ Challenge YA#3 chez Kalea et Mutie

+ + Challenge Rentrée littéraire d’hiver de Valérie

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