Danbe d’Aya Cissoko et Marie Desplechin

Danbe

d’Aya Cissoko et Marie Desplechin

Roman adolescents / adulte

Calmann-Lévy, février 2011
9782702141755, 15€

Thèmes : Immigration, Intégration, Boxe, Volonté, Famille

Une petite fille immigrée grandie heureuse à Ménilmontant, frappée par une série de deuils familiaux, devient championne de boxe puis étudiante à Sciences Po : le parcours hors du commun d’Aya, raconté avec force et justesse par Marie Desplechin.
Danbé est le résultat d’une longue conversation entre Aya Cissoko et Marie Desplechin. Quand elles se sont rencontrées chez des amis communs, le projet d’écrire une « vie d’Aya » était déjà ancien ; Aya en avait posé les grandes lignes sur le papier. Il pouvait sembler curieux, voire prématuré, de se lancer dans un récit autobiographique, quand son auteur avait tout juste une petite trentaine d’années.
Mais son destin à la fois exemplaire et particulier justifiait la démarche. Fille de parents maliens venus d’un village pour s’installer à Paris, Aya connaît les conditions de vie difficiles d’une famille pauvre et déracinée.

Mon avis
Cette autobiographie est menée de mains de maître par Aya Cissoko et Marie Desplechin. J’avoue bien volontiers que c’est le nom de Marie Desplechin, auteur jeunesse que j’affectionne, qui m’a poussé vers ce livre. Je ne connaissais pas du tout Aya Cissoko… et tant mieux finalement, car j’ai pu découvrir son histoire petit à petit, au fil des lignes. Je suis entrée tout entière dans ce récit, j’ai eu peur, j’ai eu les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres, envie de crier… mais surtout l’envie de tourner les pages, de continuer à découvrir ce destin si particulier, tellement plein de force et de dignité.
Un parcours exemplaire ? Pas vraiment en fait, et je ne le souhaite à personne, sauf que ce sont ces épreuves qui ont fait d’Aya Cissoko une femme aux talents multiples…

Dans ce livre nous découvrons la France, et Paris, sous les yeux d’une petite fille, puis d’une adolescente qui n’a pas choisi de vivre là où elle vit, mais qui s’y adapte. Alors non ce n’est pas un roman sur les “quartiers”, pas vraiment, mais ce qui y est évoqué est intéressant, car même dans les situations dramatiques, il y a des lueurs d’espoir. “L’avantage” d’une autobiographie contrairement à un roman, c’est qu’on ne peut rien épargner au personnage principal… Même si ce récit est celui d’une réussite, multiple d’ailleurs, ce n’est pas que cela, il y a aussi les trous noirs, les difficultés, la pauvreté, la mort… Le tout est superbement maitrisé, car on ne tombe jamais dans le pathos. Un témoignage admirable d’une jeune femme qui continue d’avancer, et de réussir!

Alors un grand bravo à Aya tout d’abord, pour cette force, cette leçon de vie, et ses réussites… et mes félicitations à Marie Desplechin aussi, qui a prêté sa plume et son talent à ce récit! Une autobiographie qui est à lire, à transmettre, et à faire lire, notamment aux adolescents, mais pas que!

Une rencontre a eu lieu à Paris, certains adolescents vont avoir la chance des les rencontrer (c’est ça aussi d’avoir 2 supers nanas comme profs :)
L’avis plus qu’enthousiaste de Stephie, qui a en plus assisté à la rencontre parisienne. Mais aussi les avis de Noukette, Constance93, et Chiffonnette !

Extrait :
” Grandir enfant français de parents africains donne un regard particulier sur l’Histoire, un regard ironique, un peu méfiant. Je ne sais pas si l’Afrique a un problème avec l’Histoire. Mais je suis à la bonne place pour constater que l’Histoire a un problème avec l’Afrique.”

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Délirium de Lauren Oliver

Délirium

de Lauren Oliver

Roman adolescents, jeunes adultes Science Fiction (dystopie)

Hachette, février 2011
Black Moon, 451 pages
9782012021266, 18€

Thèmes : Amour, Dystopie, Famille, Liberté, Science fiction

Mon avis :

Lena est une jeune fille attachante, qui m’a permis de rentrer très rapidement dans ce roman pour adolescents. Pourtant ce monde est étrange… Un monde sans amour! A 18 ans, une petite opération, et c’est fini, plus jamais d’amour. Les couples sont formés sur dossier par les autorités… Brr ça fait froid dans le dos un monde pareil. Pourtant tous sont persuadés que l’amour est la maladie ultime… Mais tout ça fait suite à un évènement type chaos/fin du monde. Démarche religieuse et politique à la fois, elle semble convenir à tout le monde… Pourtant Lena a des doutes, sur elle d’abord, à cause de son histoire familiale, et puis sur l’amour…
L’histoire reprend des choses déjà bien souvent vues, mais le thème principal, autour de l’amour est original. On imagine sans trop de peine l’essentiel de l’action, mais on avance dans l’histoire avec plaisir, pour les découvertes, les informations que l’on glane, et parce qu’on espère!

On passe de bons moments en compagnie de Léna, mais aussi Alex (un jeune homme qui me plait bien!!) et Hana, sa meilleure amie.

Alors l’amour est-il une maladie si grave que ça… L’auteur a son parti pris, et moi aussi :) J’aurai apprécié que les personnages secondaires (notamment la famille) soit un peu plus développée, pour mieux sentir les transformations, mais j’ai trouvé l’ensemble convaicant.

Les dystopies sont à la mode cette année, et ce n’est pas pour me déplaire, car j’y trouve toujours beaucoup de plaisir! Mon seul regret ici ? La fin !

Toutes les infos et extraits, sur Lecture Academy

Infos fan :
25 mars : Chat Video avec Lauren Oliver
6 avril :  dédicace de Lauren Oliver à Paris – Virgin Megastore Champs-Elysées de 18h à 20h – jour de sortie de son deuxième roman : Le dernier jour de ma vie.

2012 : Le tome 2 de Délirium :  Pandemonium
2013 : Le tome 3 Requiem

Sans date : Le roman Délirium sera adapté au cinéma, les droits ayant été acheté par Fox 2000.

Trois baisers de Maïté Bernard

Trois baisers

de Maïté Bernard

Roman pour adolescents (dès 11 – 12 ans)

Syros (Tempo+), 2010
EAN 9782748509243, 5,95€
272 pages

Thèmes :  Allemagne, Amitié, Amour, Berlin, Famille, Homosexualité, Pédophilie, Prison,

Marie-Liesse vient de passer le bac (avec quelques années d’avance), et avec sa classe (son groupe scolaire de musique du moins) elle part passer quelques jours en Allemagne. Découverte de Berlin, Musique, et vie dans une famille allemande sont au programme.

Et effectivement nous allons découvrir Berlin avec elle, et j’ai vraiment apprécié cela dans le livre, cette façon de faire passer dans un roman moderne et une découverte moderne de Berlin toute l’histoire de cette ville qui garde les traces d’un mur terrifiant.

Pourtant ce roman n’est pas historique non plus, et c’est avant tout la vie, et les relations qui sont décryptées ici. A travers 3 baisers, bien différents les uns des autres. A travers trois relations, voulues ou non…

Ce sont des thèmes durs qui sont abordés sous l’étrange sentiment de légerté de ce roman pour adolescents. Des thèmes qui touchent les adolescents bien sûr, et qu’on croise en littérature jeunesse, mais j’ai aimé le traitement qui peut paraître étrange, mais qui est cohérent avec la vie et l’évolution du personnage. Ces thèmes ? Prison, Homosexualité, Pédophilie, Séparation… mais contre balancés par la famille, l’amour, l’amitié…

Un ensemble étonnant, qui fonctionne bien. Et malgré ces thèmes et l’âge de l’héroïne, le livre peut sans soucis être lu par des 6ème-5ème, grâce à une écriture simple et agréable.

http://www.rue-des-livres.com/images/livres/200908/9782748508604.jpgA noter que ce roman est la suite de Un cactus à Versailles, mais qu’il n’est pas du tout nécessaire d’avoir lu cette première histoire. On retrouve seulement les même protagonistes, ce qui doit apporter de la profondeur à l’histoire :)
Les avis de Leiloona et Karine:) sur Un cactus à Versailles que je n’ai pas lu pour ma part.

Lundi Découverte : Edition Les Grandes Personnes

Édition Les Grandes Personnes

Une équipe de choc pour une nouvelle maison d’édition qui fait déjà beaucoup parler d’elle. Des éditrices de talents, qui ont déjà fait leur preuve, un appui éditorial fort, et un catalogue déjà fourni.
L’appui éditorial ? Antoine Gallimard lui même, car si les Edition les Grandes Personnes sont indépendantes, elles bénéficient de tous les avantages de Gallimard (Diffusion Sodis notamment, et ça ce n’est pas rien pour une maison d’édition!) – Vous noterez un petit clin d’œil dans le logo d’ailleurs  –
Les éditrices ? Brigitte Morel et Florence Barrau. Après une expérience d’éditrice de Brigitte Morel au Seuil, elles se retrouvent aux éditions Panama (maison d’édition aujourd’hui fermée). Pas vraiment un coup d’essai donc…
Mais alors niveau catalogue ça donne quoi ?
http://www.editionsdesgrandespersonnes.com/data_romans/14/42.jpgCrée en 2009, la maison a publié ces premiers livres en 2010, avec d’entrée 20 titres au catalogue. L’importance de Panama dans tout ça ? Elles en reprennent en partie l’esprit, et le catalogue, ce qui est vraiment super, car les titres étaient du coup épuisés ! Les réédition qui m’ont vraiment fait plaisir ? La messagère de L’au Delà de Mary Hooper et le Baume du dragon de Silvana Gandolfi.
Des romans ados donc, avec aussi des nouveautés comme Jenna fox, pour toujours de Mary E. Pearson et Mademoiselle Scaramouche  de Jean-Michel Payet (l’auteur de la superbe série Aerkaos)
Il y a aussi des albums illustrés, pour les tout-petits, pour les plus grands, avec des jeux… un peu de tout donc. Mes chouchou ? Cahier de peinture pour apprendre les couleurs de Pascale Estellon (type cahier d’activités) et Tout Noir et Tout Blanc  d’Annette Tamarkin ( 2 livres animés).
Une belle maison d’édition, avec des éditrices passionnantes que j’ai pris beaucoup de plaisir à écouter.

Une petite présentation de livre ? Même si Jenna Fox pour toujours me tente depuis la présentation que j’en ai eu en novembre, je n’ai toujours pas eu l’occasion de le lire. Je vais donc vous parler de

Mademoiselle Scaramouche

de Michel Payet

Mademoiselle Scaramouche est un roman pour adolescents, donné dès 11 ans. Il est selon moi un peu dur pour des 6ème, mais pour des bons lecteurs, pourquoi pas. En tout cas moi je me suis régalée!
Dès les premières pages j’étais conquise, car j’adore les romans se passant autour de l’époque du Roi Soleil (1672), avec mousquetaires, épées et duels… Et comme en plus le personnage principal est une jeune fille… Zinia, la pauvre, déjà orpheline de mère, se retrouve rapidement seule, sur les routes de France, pourchassée, et avec des secrets à découvrir.
Rapidement on va croiser le monde de la noblesse, celui des bas fond de Paris, le théâtre, Molière, et puis Versailles, la cour et le roi.
Intrigues, suspense, duel, course poursuite, amour, trahison, mystère, un brin de fantastique pour un roman qui va crescendo et qui m’a charmé d’un bout à l’autre!
Extrait :
Zinia se réveilla brusquement. Le silence inhabituel, absolu, qui régnait l’avait tirée de son sommeil : il manquait à la maison ses bruits feutrés du matin. La nuit s’attardait encore, mais à travers la fenêtre la jeune fille devinait que, bientôt, l’aurore ferait pâlir les étoiles. Elle resta un instant aux aguets. Toujours ce silence, dense, menaçant.
«Il l’a fait», se dit-elle et elle sauta hors du lit. Elle sentait la colère l’envahir, ce qui, chez elle, était souvent une façon de manifester son inquiétude. Elle sortit de sa chambre en chemise sans ressentir le froid qui, depuis deux ou trois nuits, s’était emparé de la ville, et alla frapper à celle de son père. Une fois, deux fois. Pas de réponse. Avant même de pousser la porte, elle avait déjà compris. ” Père ?» La pièce était vide. Dans la lumière timide du jour naissant, elle devina le lit où personne n’avait dormi. Il flottait dans l’air un parfum de tabac froid. Au mur, la vieille épée manquait. «Il l’a fait !» répéta-t-elle, irritée.
Le blog de l’auteur, dont j’ai lu aussi avec plaisir 2065 la ville engloutie dans un registre bien différent.
L’avis de Sophie Pilaire, sur Ricochet, mais aussi celui de Pauline, séduite!