Autour de Jupiter de Gary D. Schmidt

autour de jupiterAutour de Jupiter est un roman touchant pour adolescent, sur la paternité adolescente vue sous un angle atypique.

Roman pour adolescents et grands adolescents

Autour de Jupiter

de Gary D. Schmidt

traduit par Dominique Kugler (anglais US)

Bayard Jeunesse, 2019
9782747065219, 13,90€
disponible en epub 9,99€ free

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Thèmes : adolescence, paternité, intégration, famille, violence, filiation

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Jack vit dans une ferme, à la campagne. Sa vie va être bouleversée par l’arrivée de Joseph, un jeune garçon placé que ses parents accueillent. Mme Stroud l’assistante sociale a été claire : Joseph a presque tué une femme, il a été en centre de rééducation, et surtout Joseph a une fille, Jupiter.

Joseph est brusque, il n’aime pas parler de sa vie. Il n’a que 14 ans et pourtant il est déjà père. Ce roman va montrer petit à petit son intégration dans cette famille, dans ce village, mais surtout montrer qui il est vraiment, ce qu’il a vraiment fait.. Jack, le narrateur de Autour de Jupiter, est un personnage atypique de par sa maturité d’esprit, il accepte Joseph et l’accompagne dans ses décisions, il cherche à s’en faire accepter. C’est un garçon courageux et altruiste.

Pourtant malgré ce côté très touchant, ce roman est très convenu dans les réactions notamment des adultes, et sa fin un peu rapide, laisse un goût d’inachevé. Par ailleurs l’écriture, le ton enfantin donné par la voix de Jack, le jeune adolescent qui raconte, est un peu dérangeant au début.

Autour de Jupiter est un roman très touchant, qui offre des personnages attachants et une histoire singulière, une paternité adolescente très différente de ce que l’on peut croiser habituellement dans la littérature, un roman à découvrir et qui se lit d’une traite.

 

Extrait :
« – Je n’arrive pas à voir Jupiter. La lune brille trop. Je ne sais pas où elle est.
– Elle est à sa place, ai-je répondu.
– Non.
Il s’est enveloppé de ses bras pour se réchauffer. Quand il s’est enfin retourné, j’ai vu un panache de buée s’échapper de ses lèvres dans le clair de lune.
– Je la trouverai, a-t-il dit. Je ne veux pas rester seul.
– Tu n’es pas seul.
Il a hoché la tête de haut en bas.
– Non, tu n’es pas seul.000000
– Si.
– Tu m’as, moi.
Il a eu un petit rire triste, avant de répondre :
– Jackie, j’ai toute une vie d’avance sur toi. »

+ Sur le site de l’éditeur Bayard Jeunesse

+ Sur le thème de la paternité adolescente :
Boys don’t cry de Malorie Blackman

Le ruban rouge de Lucy Adlington

Le ruban rouge est le récit poignant et lumineux d’une jeune fille à Auschwitz Birkenau, dans l’univers décalé de la soie.

le ruban rougeRoman historique pour adolescents dès 13 ans

Le ruban rouge

de Lucy Adlington

traduit par Catherine Nabokov

PKJ, 2018
326 pages
9782266278751, 16,90€

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Thèmes : couture, camp de concentration, seconde guerre mondiale, Auschwitz

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Le roman Le ruban rouge s’ouvre sur Ella qui court pour arriver la première pour le poste de couturière qui vient de se libérer dans la Maison de la couture. Elle lutte alors pour obtenir la place… En quelques pages on comprend qu’Ella et les autres ne sont pas simplement en train d’essayer de travailler. Elles essayent de survivre, à Birchwood (le petit bois de bouleau), plus connu sous le nom allemand de Birkenau. Auschwitz Birkenau, le camp de travail et d’extermination le plus tristement célèbre de la Seconde Guerre Mondiale.

Un univers de femmes, traitées pire que des animaux, qui luttent pour survivre. Ella est forte, travailleuse, douée de ses mains. Ella va coudre et apprendre comment fonctionne le camp. Souvent de la manière la plus dure qui soit, mais aussi à travers ses rencontres, Marta la chef de l’atelier, mais prisonnière comme elle, Carla, la Garde à qui elle coud de jolie robe ou encore Lily, la rêveuse Lily, toujours plongée dans ses histoires fantastiques. Et souvent Ella se demandera “Que ferait Marta ?”, ou “Que ferait Lily ?”; pour essayer de prendre la meilleure décision qui soit. Pour sa survie, mais aussi pour garder espoir, et rester elle-même.

L’horreur et l’espoir

Les horreurs s’enchaînent, les morts un peu aussi, souvent en toile de fond, comme si Ella vivait dans une bulle un peu protégée, loin des cheminées qu’elle ne peut pourtant pas ignorer… Et c’est sans doute la plus grande puissance de ce roman : l’espoir ! L’espoir à toutes les pages, même dans la souffrance, même dans les pires situations. Cet espoir qui permet à Ella de tenir au milieu de l’horreur. Le contraste entre ce milieu de la mode, les beaux tissus, les robes de soirées et les conditions de vie dans le camp, les baraquements, les cheminées… c’est fort. Très fort.

“C’est bel et bien un trésor d’ogre, récolté par des ogres modernes, des hommes d’affaires en costumes et uniformes. Au lieu d’un château ou d’un donjon de fées, ils ont construit une usine. Une usine qui transforme les individus en fantômes et leurs biens en profit. Pas moi. Ça ne peut pas m’arriver à moi ! Même si je n’ai plus mon cartable et mon joli pull en laine je suis toujours Ella. Pas question que je sois transformée en fantôme de fumée.”

Le Ruban Rouge est un récit, avec des personnages imaginaires, qui prend le parti de l’espoir, sans cacher l’horreur des camps. Avec Ella on va entendre cette souffrance, mais on va garder l’espoir. Le lecteur est entraîné dans cette lutte pour la survie, dans les année 44-45, avec l’espoir de la libération qui grandit mais ne semble jamais arriver assez vite.

De par la réalité qu’il dénonce, Le ruban rouge est bouleversant. Et pourtant l’espoir qu’il porte, celui de l’amitié, par ce beau lien du ruban rouge, permet d’en faire un roman lumineux. Parce qu’Ella est une adolescente forte et fragile à la fois, parce que les personnages secondaires sont puissants, tant dans leur amitié que dans leur haine. En questionnant le lecteur sur les valeurs de l’être humain, ce roman permet aussi de se dire qu’on ne sait pas comment on réagirait dans cette situation. Ni à la place d’Ella, ni à celle de Marta ou Carla. Difficile de comprendre, de ne pas voir l’horreur, et pourtant cette situation a existé, il y a eu des Ella, des Lily, mais aussi des Marta et des Carla.

Un détail intéressant permet de voir qu’il est facile de donner des étiquettes aux gens, moins facile de savoir ce qu’ils cachent vraiment : Ella prend l’habitude de donner des noms d’animaux aux gens qu’elle rencontre, ce qui permet de voir un peu mieux leur nature profonde, mais parfois le surnom se révèle trompeur, car la première impression n’est pas toujours la bonne.

Si la fin est belle, peut-être un peu trop, elle permet de garder cette notion d’espoir qui transcende le roman, de la sublimer, et d’en faire un espoir plus grand, celui que ce genre de situation ne puisse pas exister à nouveau. Un sentiment renforcé par le tour de passe passe de Lucy Addington : ne jamais donner le nom allemand, ne jamais donner de nom de religion. Comme si tout pouvait être transposé ailleurs, en un autre temps.

Le ruban rouge est un roman bouleversant mais lumineux, qui permet de faire vivre l’horreur des camps à travers la soie et l’espoir.

+ D’autres romans sur la seconde guerre mondiale :

Un ado nommé Churchill – Roman Ado ♥

ChurchillComment Winston devint Churchill

A partir de 13/14 ans

Un ado nommé Churchill ♥

Sophie Doudet

ScriNeo (2019)

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Le roman débute en 1901, alors que Winston Churchill doit faire son premier discours à la Chambre des communes. L’ombre de son père rôde, angoissante, menaçant de lui couper ses moyens. A l’aide de sa montre, cadeau de ce fameux père, Randolph, il parvient à se calmer. Et les souvenirs affluent… En 1886, dans le théâtre de son collège et alors qu’il s’apprête à entrer en scène, il s’aperçoit avec tristesse, mais sans surprise, que ses parents ne sont pas là. (voir extrait plus bas)

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bc/Sir_Winston_Churchill_-_19086236948.jpg/220px-Sir_Winston_Churchill_-_19086236948.jpg

Le “vieux Lion” Wikipédia

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C’est le 2ème roman que je lis de Sophie Doudet et c’est mon 2ème coup de cœur !

J’aime beaucoup sa façon d’écrire, très vivante et qui nous plonge littéralement dans la vie des personnages. Elle nous donne ainsi l’envie de mieux les connaître. Avec “Un ado nommé Rimbaud”, elle m’avait amenée à lire de la poésie. Avec celui-ci, j’avoue que j’ai envie d’en savoir plus sur ce fameux “Vieux lion” !

Venant d’une famille aisée, Winston n’a pourtant pas une enfance facile. Enfant incompris par ses parents, mal-aimé, il souffre. On ne peut guère rester indifférent face à cet adolescent qui ne sait que faire pour attirer l’attention de ses parents…

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Extrait :

“La main de Winston tremble légèrement sur le rideau. Quel imbécile il est ! Jusqu’à la dernière minute, il aura espéré malgré tout. Jusqu’au dernier moment, il aura rêvé d’un miracle : ses parents venant enfin à Harrow, ses parents lui rendant visite au moins une fois ! Mais non. Sur les bancs, tous les parents sont là, sauf les siens ! Quelle humiliation ! Son poing tord le velours. La sueur lui coule sur les tempes et glisse le long de la perruque. Le maquillage va bientôt se brouiller… Ne pas pleurer… surtout ne pas pleurer…

Soudain, son regard s’éclaire. Là-bas, au sixième rang, contre le mur, il l’a reconnue ! Toute droite dans la pénombre, assise juste au bord du banc, les gants de dentelle noire dans une main et serrant nerveusement de l’autre son petit sac en cuir : Mme Everest se penche pour mieux apercevoir la scène, l’air inquiet, presque triste. Elle le cherche, il le sait. Elle l’attend : elle, qui n’est venue que pour lui.”

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De Sophie Doudet, nous vous avons déjà présenté : Un ado nommé Rimbaud ♥

Sur le site de l’éditeur, vous pourrez lire les premières pages

La page Wikipédia consacrée à Winston Churchill

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Trylle. Tome 3 Royale d’Amanda Hocking

Royale est le dernier tome d’une trilogie fantastique originale !

RoyaleRoman fantastique pour la jeunesse dès 12 ans

Trylle.

Tome 3 Royale

d’Amanda Hocking

 

Editions Castelmore,  octobre 2019 (version poche)

336 pages  (7,50 euros)

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Thèmes: trolls, guerre, romance, aventure, pouvoirs

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Présentation de l’éditeur: “Il est l’heure de faire des choix pour Wendy: se sacrifier pour sauver son royaume et ceux qu’elle aime, en se livrant à ses ennemis les Vittras? Renoncer à l’amour des deux hommes entre lesquels son coeur balance et faire un mariage de raison? Le destin de son peuple est entre ses mains, et Wendy est prête  à tout pour le sauver.”

 

La semaine dernière, je vous ai présenté mon avis sur le tome 2 Indécise. Royale est le troisième et dernier tome, et il est à la hauteur des deux autres, l’auteur conclut superbement sa saga sans qu’il y ait trop de facilités ou d’incohérences. J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver certains personnages et à un certain moment, l’intrigue a pris une tournure à laquelle je ne m’attendais pas.

 

Dans Royale, le suspense est au rendez-vous. Le tome précédent laissait entrevoir une guerre imminente entre les Trylles et Vittras, ici les menaces sont mises à exécution. L’autorité de Wendy est un peu mise à mal car elle est jeune et inexpérimentée mais elle peut compter sur des soutiens de taille. Ses proches sont plus que jamais présents pour l’épauler même lorsqu’ils ne comprennent pas ses choix.

 

Royale est un savant mélange d’aventure et de romance dans un monde fantastique, parfois même hostile. Les personnages principaux sont toujours aussi attachants et le père de Wendy est plus que jamais détestable. Ce roman ne se lit pas, il se dévore! L’écriture d’Amanda Hocking est véritablement addictive.

 

En somme, Royale clôture la saga en beauté et je ne peux que vous conseiller cette série. Si vous aimez les romances fantastiques sur fond de guerre de clans, je vous recommande la saga “Trylle” sans hésiter!

 

~Melissande~

 

+ L’avis de The cultural sur le premier tome de la trilogie: “Echangée

+ Le site officiel de l’auteur