Seuls de Gazzotti et Vehlmann

Seuls

Tome 1 La disparition

de Gazzotti et Vehlmann

Bande dessinée jeunesse

Dupuis, 2006
9782800136929, 10€60

Il y a d’abord Yvan, 9 ans, l’artiste rigolo et carrément lâche. Il y a ensuite Leïla, 12 ans, la garçonne énergique et optimiste. Viennent ensuite Camille, 8 ans, la naïve généreuse et moralisatrice et Terry, 5 ans et demi, le gamin turbulent et attachant. Et puis, il y a aussi Dodji, 10 ans, l’ours au grand cœur.

Ces cinq enfants se réveillent un matin et constatent que tous les habitants de la ville ont mystérieusement disparu. Que s’est-il passé ? Où sont leurs parents et amis ? Ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans une grande ville vide et vont devoir apprendre à se débrouiller… SEULS !

Conseillée par Edelwe (pour mes élèves en fait, par ses élèves en quelque sorte) cette bande dessinée a rejoint le CDI à ce retour de vacances. Je n’ai pris que le tome 1 pour le moment, budget oblige, mais déjà les élèves me réclament la suite!

Ils aiment, se conseillent et s’échangent cette bande dessinée.

Pour ma part mon avis est plus réservé même si j’ai apprécié ma lecture. L’histoire tout d’abord, sympathique mais déjà vue (de Sa majesté des mouches à Gone) nous entraîne dans une ville vide, où seuls des enfants subsistent et essayent de survivre. Ce tome est surtout un tome de présentation, où nous découvrons la situation sans savoir vraiment ce qu’il en est. C’est ce suspense, ces mystères et ces découvertes qui sont intéressants et qui nous tiennent en haleine.

Les personnages sont présentés et ils sont dans l’ensemble plutôt attachants. Des enfants donc, avec des personnalités très différentes et complémentaires. Un peu stéréotypée peut-être mais qu’on aimerait bien connaître un peu plus, car ce premier tome ne fait que les effleurer.

C’est un peu mon sentiment général sur ce premier tome “Et après?” car au final on ne sait pas grand chose de cette situation ni des personnages… A suivre donc, cette histoire comme mon avis!

+ Le site de la série

Une BD du mercredi le jeudi soir, parce que j’ai commencé cet article hier matin, mais que je ne suis pas très efficace en ce moment!

Toutes les BD du mercredi chez Mango – Top BD des blogeurs chez Yaneck

Au pays des kangourous de Gilles Paris

Au pays des kangourous

de Gilles Paris

roman adulte

Don Quichotte, janvier 2012
9782359490589, 18€

Extrait : « Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle.
En entrant dans la cuisine, j’ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d’hier soir. J’ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. Il m’a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout replié sur lui-même. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand mon papa. »
Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien.

– Présentation censurée, elle en dit trop à mon goût, j’aime les surprises, pas vous ? –

Sous ce titre un peu enfantin se cache un roman difficile et délicat.

Simon a neuf ans et peur des monstres dans le placard lorsqu’il découvre son père caché dans le lave-vaisselle. Il n’apelle pas sa mère Carole, qui travaille au pays des kangourous mais Lola, sa grand mère. Cette femme encore jeune et délurée va prendre en charge Simon pendant que son père part “se reposer” à l’hopital.

Cette histoire assez dérangeante est pourtant bien ancrée dans la réalité. Elle nous est racontée par Simon, avec son regard d’enfant et on sent qu’il peine, qu’il n’arrive pas à dire l’absence de la mère, devenue une habitude, l’incapacité du père à être là, ni les secrets de tout ces adultes qui l’entourent. Simon garde pourtant une certaine joie de vivre et cache ses peines. Il fait des moindres moment de joie une force et son caractère est étonnant. Pourtant on ressent ses faiblesses dans les rêves qu’il fait les yeux fermés mais dont il ne parle pas et dans sa rencontre avec Lily. Enfant fantomatique des couloirs d’hopitaux, Lily avec ses mots d’enfants saura expliquer la dépression et permettre peu à peu à la vérité d’éclore.

J’ai apprécié ce roman, son thème délicat vu par les yeux d’une enfant mais j’ai eu un peu de mal à commencer ma lecture. Des phrases courtes, sans doute pour coller au personnage de Simon mais des mots et d’idées d’adultes m’ont tout d’abord freiné, moi et mes habitudes de la littérature jeunesse. Mais Simon est un personnage vraiment intéressant et j’ai fini par m’attacher. J’ai eu du mal à lui donner un âge tant on dirait à certaines pages qu’il a 6 ans (les monstres ou le père noel par exemple) et à d’autres 15 ans (notamment quand il parle de sa mère, tant il met de la distance). Ce n’est finalement que quand la situation évolue qu’il retrouve son âge, ses 10 ans, son enfance.

Les autres personnages sont eux aussi intéressants, drôles souvent dans leur attitudes ou manies (ah les amis de Lola…) mais c’est surtout Lily qui m’a plu. Et touchée. Mystérieuse, évanescente…  une telle aide pour Simon et pourtant c’est elle qu’on a envie d’aider. J’étais restée cependant sur mon image fantomatique et la postface ainsi que la présentation du livre m’ont appris à mieux la connaître… étrange non?

Un roman très touchant aux personnages un peu irréels qui nous entraînent dans un monde entre folie et réalité, enfance et maturité.

Ronde des Albums #20 A quoi tu joues / Tessa / Tiarive

Après quelques temps sans trop d’albums et sans articles pour la ronde des albums, avec mes comparses Noukette et Liyah, je m’y remet plus sérieusement, même si déjà je ne suis pas en avance puisque nous sommes samedi après midi…

Des albums sans liens, parce que j’en lis un peu moins en ce moment, suite à un petit changement à la médiathèque, et donc moins de “sacs” complets d’albums à lire!

A quoi tu joues ?

Un très bel album sur les préjugés garçons filles
(avec deux petites réserves)

Une image d’enfant jouant et derrière le rabas, un adulte du sexe opposé qui en a fait son métier; avec les réflexions que l’on entend dans les cours de récréation “les garçons ça fait pas de la danse,ça serait trop ridicule”… De très belles photographies, qui mettent bien en situation. J’ai beaucoup aimé, avec deux points négatifs à citer quand même :
– Selon monsieur… c’est bien moins convainquant coté fille que côté garçon, notamment avec la militaire
– Après discussion dans notre comité de lecture nous avons trouvé que la dernière situation était déplacée dans ce livre, édité par Amnesty.

Marie Sabine Roger et Anne Sol. Sarbacane et Amnesty International, 2009

Le grand voyage de Tessie

 

Un grand album avec une très belle et élégante couverture !

Et à l’intérieur ? C’est tout aussi beau! Tessie jeune couturière décide de créer un moyen de transport unique, mi ballon mi robe,  une robe montgolfière ! Tessie est en plus accompagnée par son chat Sophocle, que je trouve craquant!

Beaucoup d’orange, de belles illustrations, et des rencontres, plein de rencontres… En effet Tessie va croiser de nombreux animaux, qui tous ont besoin de son aide!

A chaque fois qu’elle aide, elle se sépare d’un petit bout de robe… mais continue d’aider les animaux… pourtant elle en a besoin pour voler… !

Un album sur l’entraide, le voyage, la couture, j’ai aimé l’idée et les illustrations, même si l’écriture m’a moins convaincue.

Alessandra Fusi. Anna Chanel, 2010

Malheureusement cette maison d’édition a fermé (bien que je ne trouve pas l’info sur leur site) je vous conseille donc d’acheter cet album s’il vous tente avant qu’il disparaisse des librairies (quid de la possibilité de commande actuellement ?)

Tiarive d’Elsa Denoel

Voici un album découvert par l’intermédiaire de la librairie Croquelinotes de Saint Etienne, car ce livre édité à compte d’auteur ne se trouve pas partout, et pas sur Internet!

Dans cet album souple se cache une histoire un peu niaise mais sympathique, celle d’une enfant qui veut faire toute seule… tiarive est un mot d’enfant, une façon de se nommer, de s’identifier à cette phrase d’adultes “tu y arrives?”.

On notera quelques défauts du à l’autoédition, comme un ombrage derrière le texte assez désagréable, mais qui s’explique par le rappel des magnifiques illustrations : des photos d’ombres.

Une bonne idée qu’il convient de saluer malgré les petits points négatifs!

(je n’ai pas de photo de la couverture, pas pensé que je ne la trouverais pas :/ – Indisponible sur Internet donc, mais trouvable sur St Etienne et les alentours, même en médiathèque. – Si vous souhaitez ce livre je dois pouvoir encore le trouver à ma librairie!)

Chez Noukette vous trouverez :
(pas encore en ligne)
mais vous avez peut être manqué son article sur les albums d’Edouard Manceau!

et Chez Liyah :
Zarafa dans tous ses formats!

 

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Clarence Flûte et le secret de Sybille de Sandrine Bonini

Clarence Flûte

et le secret de Sybille

de Sandrine Bonini

Petit roman jeunesse illustré

Autrement, 2011
9782746715165, 12€

Clarence, éminent scientifique de 8 ans passés, est le roi des expérimentations farfelues.
Si certaines se révèlent parfois peu fructueuses, il ne désespère pas de faire un jour une découverte de la plus haute importance, et de démontrer son talent à la classe entière. Ce matin, c’est le grand jour. Clarence est sur le point d’achever son très élaboré “Système solaire n° 2”, moyen infaillible et révolutionnaire de comprendre les individus même les plus secrets, tels Sybille Espelette, sa jolie camarade de classe.
Mais pour achever son prodigieux plan, il doit d’abord lui dérober un objet très personnel… L’expérience sera-t-elle un succès ? Clarence se couvrira-t-il de gloire ? Et surtout, parviendra-t-il enfin à adresser la parole à Sybille ? Vous le saurez en lisant ce premier volume des mésaventures scientifiques de Clarence Flûte !

Clarence est un petit scientifique en herbe de 8 ans. J’aime beaucoup les science c’est donc avec beaucoup d’envie que j’ai commencé ce court roman illustré. Et cela commence vraiment bien. Clarence est drôle, attachant et il fait des expériences hors du commun. Comme son Système solaire pour comprendre les relations entre les hommes, notamment les membres de sa famille, ses amis… et Sybille qui est dans sa classe.

Malheureusement cette partie avec Sybille, si elle commence très sympathiquement, devient vite très étrange, sans rapport ou presque avec le côté scientifique de Clarence. Il s’agit alors d’un béguin d’enfant et Clarence, bien que touchant dans son rôle d’amoureux timide m’a beaucoup moins plu.

Pourtant l’ensemble a su me plaire, avec des très jolis passages et d’autres vraiment trop enfantins mais je pense que ce petit roman saura touché les enfants, qui rencontrent ce type de problématique (l’amour mais aussi les expériences). La lecture est plaisante, accompagnée d’illustrations qui jouent avec le texte, des croquis parfois, et un très joli objet livre.

Au final un avis plutôt positif, avec quelques réserves concernant le manque d’expérience scientifique dans certains passages, puisque c’était pour moi l’originalité du livre.

 

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :