A comme aujourd’hui – David Levithan

Roman fantastique pour adolescent dès 12 ans

A comme Aujourd’hui

de David Levithan

traduit par Simon Baril

Les grandes personnes, 12 septembre 2013
9782361931735, 17€

Thèmes : fantastique, amour, adolescence

***

A n’est ni un garçon, ni une fille. Ou bien il est les deux. Tout dépend des jours! Chaque matin il se réveille dans un nouveau corps, une nouvelle vie. Pour quelques heures il contrôle son hôte, le dirige, le fait parler, ressent et accède à ses souvenirs. Il vit comme ça depuis des années. Depuis toujours. Il n’a connu que ça.

Sa rencontre avec Rhiannon va changer sa vie, bouleverser son quotidien déjà très particulier mais bien réglé. Pour la première fois il va s’attacher à quelqu’un, pour la première fois il va raconter son histoire.

La narration avec son lot de surprises quotidiennes est magnifiquement menée. Suivre A de corps en corps est déjà une histoire intéressante, si on ajoute celle d’un amour impossible il devient très difficile de refermer ce livre avant la fin! Du 5994 ème au 6034 ème jour de l’existence de A nous allons suivre sa vie si particulière. 40 jours pour découvrir la vie et l’amour.

A est un personnage sans physique que l’on a pourtant l’impression de connaître et on souffre avec lui de cette vie si compliquée qui le fait se réveiller parfois dans des corps impossibles, dans des situations très délicates, très loin de son coup de foudre… Ce passage de corps d’adolescent en corps d’adolescent permet aussi de parler de tous les malaises de cet âge : l’amour, la mort, la famille, l’amitié, l’identité sexuelle, la religion…

Un roman passionnant et très touchant qui ne peut pas laisser le lecteur indifférent. La part de fantastique est tellement intégré à l’histoire qu’on y croit et qu’on oublie presque qu’A n’existe pas. C’est aussi une belle leçon de vie et d’amour avec un personnage adolescent somme toute pas si différent. L’intrigue est prenante jusqu’à la fin et la chute terriblement belle, même si elle reste suffisamment ouverte pour faire jouer notre imagination!

+ Coup de coeur !

+ Rentrée littéraire 2013 jeunesse

+ Découvrez Will & Will un autre livre de l’auteur

L’incandescent 1 de Glenn Dakin

Roman adolescent

L’incandescent

1 La société de vigilance permanente

de Glenn Dakin

traduit par Karine Suhard-Guié

Bayard Jeunesse, juin 2013
Millezime, 345 pages
9782747035316, 12,50€

 

Théo ignore tout du monde dans lequel il vit. Le Docteur Saint, pour le protéger du monde extérieur, l’enferme. Il serait malade. Une maladie dangereuse pour les autres et pour lui même. Il n’est jamais sorti, n’a pas le droit d’apprendre l’histoire, la géographie ou de lire le journal. Même le thé est trop fort pour lui et pourrait luis causer des problèmes. Une vie que Théo, adolescent, a de plus en plus de mal à supporter. Mais quand sa vie change du tout au tout il va devoir apprendre à vivre, à courir et surtout à découvrir et appréhender qui il est. Car il semble effectivement avoir une étrange maladie : quand il touche quelqu’un sans ses gants celui ci se met à luire avant de fondre…

Théo va s’enfuir et découvrir le monde ainsi que des amis mais sans jamais avoir le temps de se poser et de réfléchir car d’anciennes créatures sortent de sous la ville à sa recherche.

Deux sociétés secrètes qui s’affrontent dans les entrailles de la terre, une bonne dose de fantastique et un jeune héros touchant tant il est à la fois fragile et puissant, voilà la recette de ce premier tome! Un premier tome effectivement mais qui ne se content en pas de nous présenter Théo. L’action est présente à toutes les pages et on découvre avec bonheur ou horreur des créatures de légendes : garghoul, smoglodyte, Dodo ou fantômes…

L’auteur sait garder du suspense tout en nous donnant les clés pour découvrir de nombreux indices. Tout autant que Théo nous sommes incultes de ce monde et on découvre par ses yeux le monde qui l’entoure. Londres ne m’a jamais paru aussi sombre… Un intérêt particulier est apporté aux personnages, la narration alternée nous permettant d’ailleurs de mieux les appréhender. Pourtant certains personnages restent mystérieux et ne se dévoilent que bien tard dans l’action…

Un roman très noir éclairé par la candeur de l’Incandescent qui plaira autant aux garçons qu’aux filles!

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

RDL – Les sorcières de Skelleftestad / La balafre / Ma vie a changé

3 romans fantastiques pour adolescents, totalement différents mais ont su me toucher, l’un par le rire, l’autre par l’émotion, le troisième par ses personnages!

Les sorcières de Skelleftestad, Tome 1 : L’étrange mariage de Nils Swedenborg

 Un roman très surprenant, notamment par son humour que je n’attendais pas du tout dans un récit qui me semblait fantastique. Il y a bien des Sorcières mais tout est décalé et c’est absolument superbe!

Johanna nous raconte la rencontre entre ses parents. Son père donc et surtout sa mère, une sorcière. Les personnages sont irrésistibles, tant le père, crédule mais attachant, que la mère et ses besoins de magie. Leur rencontre donc, avec les pensées de sa mère, puis sa naissance (dans un oeuf)… peu à peu l’histoire se révèle, et on sent une certaine tension entre Johanna et sa mère…

A lire, pour les bons mots et surtout pour rire tout du long!

+ Les avis d’Alice, Fantasia, Eidole

La balafre de Jean-Claude Mourlevat

Une histoire qui commence très simplement. L’histoire d’un jeune garçon qui doit déménager suite à la mutation de son père. Un nouvel environnement, un nouveau collège, des voisins un peu étranges… Mais voilà qu’un soir Olivier en se promenant se fait attaquer par le chien des voisins. Heureusement que celui ci est derrière une grille. Pourtant personne ne veut le croire, car la maison est abandonnée. Et en effet pas de trace du chien le lendemain matin, ni les jours suivants.

Olivier, persuadé qu’il n’a pas rêvé, va chercher à comprendre qui est ce chien et quelle est l’histoire de cette maison. Cette enquête le mènera à déterrer de vieilles histoires, des histoires difficiles de juifs, de délation, de regrets…

Un petit roman qui se lit très vite mais qui continue de nous trotter dans la tête une fois les pages retournée tant cette histoire touche et interpelle sur une partie de l’histoire qu’on cache souvent, par honte. Une autre manière de parler de la seconde guerre mondiale, avec un brin de fantastique qui accroche le lecteur.

Premier roman de Jean-Claude Mourlevat – Prix du Livre Jeunesse de la Ville de La Garde 1999, Prix littéraire des écoliers de Rillieux-la-Pape 1999, Prix J’ai Lu-J’élis (Angers) 1999, Prix Roseau d’or (Trignac) 2000.
Un roman qui compte donc pour le Challenge A tous Prix de Laure

 

 

Ma vie a changé de Marie Aude Murail

Une superbe couverture qui cache un roman très drôle ! Une chouette documentaliste (oui c’est toujours chouette une doc, mais quand même, je le précise…) Madeleine Bouquet donc, nous raconte sa vie. Son CDI, sa petite stagiaire, son fils… et les choses anormales s’accumulent. Des affaires qui disparaissent, une étrange odeur de muguet… Sa vie est chamboulée par un elfe, Timothée, qui a un petit air de Dobby dans ses mauvais jours… mais attachant comme lui!

Outre cette jolie histoire fantastique le rapport aux livres est très présent dans tout le livre, avec les déboires de cette pauvre documentaliste, qui s’arrache les cheveux entre son principal qui ne jure que par les classiques, le prof de français, son fils et ses voisins !
C’est avant tout cette tranche de vie de documentaliste, pleine d’humour que j’ai beaucoup aimé!

+ L’avis de Li-t-rature

+ Challenge YA#2

Lune Mauve 1 de Marilou Aznar

Un article un peu particulier aujourd’hui, puisqu’il mêlera mon avis sur Lune Mauve avec des bribes de ma rencontre avec l’auteur, à l’occasion de la sortie de ce roman.

Roman fantastique pour adolescent

Lune Mauve 1 La Disparue de Marilou Aznar

Casterman, mars 2013 – 9782203060494, 15€

Marilou Aznar est une jeune femme très accessible et souriante. Dynamique. Un peu timide à l’heure des dédicaces. Une belle rencontre qui permet de voir autrement son premier roman Lune Mauve. Cette trilogie fantastique dont le premier tome sort aujourd’hui est très ancrée dans l’adolescence. Sans doute parce que Marilou Aznar est “encore un peu adolescente dans [sa] tête”.

Son héroïne, Séléné Savel quitte sa Bretagne et son père pour entrer dans un lycée huppé parisien, Darcourt. Elle y croise sa cousine Alexia, une superbe peste adulé de tous, qui l’ignore. Dure rentrée quand on ne connait personne. Rapidement elle va se faire deux alliés Adrien et Nora. Deux jeunes gens un peu à part, comme elle. Mais c’est surtout l’arrivée du beau Laszlo qui va troubler Séléné.

Sa mère a disparu depuis plusieurs années sans qu’elle ai de nouvelles, mais Paris réveille ses souvenirs. Une étrange fille aux cheveux gris, des tableaux… tout s’enchaîne, sur fond des murmures du lycée. Des rivalités amoureuses.

Iris, la mère de Séléné aimait beaucoup la peinture, et ses tableaux accompagnent sa fille jusque dans ses rêves.

La partie lycée, écrite avec un peu d’imagination et les souvenirs d’adolescences de l’auteur, sonne juste. Un peu “trop” peut être parfois, mais cela cadre très bien avec le lycée huppé. La place des réseaux sociaux et des blogs prend aussi toute sa mesure au fil de l’histoire. Scarlett, une des lycéennes amie d’Alexia crée en effet le blog de Darcourt, y racontant comme dans Gossip Girl tous les potins dérangeants. Un ton léger et méchant qui fait sourire. Ce blog devrait d’ailleurs être bientôt disponible sur le web, nous dit l’auteur.

L’autre thème principal du roman c’est ce lien avec le fantastique. Des secrets que l’on découvre peu à peu et qui amènent Séléné à découvrir tout un monde. Un monde qui a besoin d’elle. Ce thème est distillé tout doucement dans le premier tome, par petite touche, avec quelques fulgurances, mais il faudra attendre le deuxième tome pour en savoir plus.

Si j’ai trouvé l’histoire tout à fait intéressante j’ai été parfois gêné par le ton de l’histoire, qui manquait un peu de poésie, pour qu’on s’attache notamment aux personnages masculins. Cela tient je pense à la façon qu’à Marilou Aznar d’écrire. Tout est contrôlé. Elle a d’abord écrit le début et la fin de l’histoire avant de s’attaquer au déroulement. Tout est donc planifié à l’avance, tout doit être utile à l’intrigue, avoir un rôle… Il me manque je crois la spontanéité de certains auteurs comme Audren qui se laisse portée par ses personnages.

 Les personnages justement sont ici très calculés, mais très bien calculés. Séléné par exemple qui est une adolescente de 15 ans, qui n’est pas parfaite, volontairement. Marilou Aznaz “n’aime pas les héros parfaits”. Séléné n’est pas forcément plus intelligente qu’un autre, ni plus belle. Elle est tout simplement elle, avec son caractère souvent proche de la violence, sans pour autant être rebelle. Mais les personnages secondaires sont ceux qui m’ont le plus accroché, notamment Thomas, un adolescent qui aime la musique (ce qui n’est pas sans rapeler le premier métier de Marilou Aznar). L’auteur nous a promis que nous le retrouverions dans le deuxième tome, qui sort au mois de mai. Des sorties rapprochées de toute la trilogie, choix éditorial sympathique pour le lecteur qui n’attendra pas trop longtemps.

Le lien avec le monde fantastique commence en Bretagne, sur la presqu’île de Crozon. Un lieu qui existe vraiment, même si Marilou a préféré travailler avec ses souvenirs plutôt que d’y retourner, de peur d’être déçue. Un endroit qui fait très lande anglaise et donne envie de le découvrir.

Pour parler un peu plus de Marilou Aznar, il est sympathique de savoir qu’elle lit presque uniquement en anglais, ce qui lui permet d’entretenir ses connaissances puisqu’elle est aussi traductrice de séries et téléfilms.

Ma lecture s’est terminée avec l’envie de lire la suite, quant à la rencontre avec Marilou, elle s’est terminée par une dédicace. Si vous la croisez en salon, n’hésitez pas à lui demander de sortir son joli stylo violet et son tampon lune! N’hésitez pas car j’ai noté une phrase importante lors de cette rencontre interview “le lecteur est important pour moi”. Lors de sa lecture, par les retours qu’elle peut lire sur internet, et sans nul doute lors des rencontres!

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Copyright Photo Mélisande – Je n’étais pas du bon coté de la table !

Merci à Marilou Aznar et l’équipe de Casterman pour cette rencontre chaleureuse qui m’a aussi permis de croiser George, Liyah, Faelys, Ori, Caroline, Karen, Francesca, Nodrey, Marion, PtiteTrolle, et Mélisande (je crois n’oublier personne!). Ravie de ce samedi après-midi!

+ Ils parlent de la rencontre :  Ptitetrolle, Mélisande, Liyah, George, Ori

+ Une couverture plutôt agréable, notamment le très bel effet poudré. Cette couverture est inspirée du Pinterest de Marilou Aznar.

+ Le blog Lune Mauve, la page facebook.

+ Marilou Aznar sera présente au salon du livre de Paris, le dimanche de 14h à 16h.

+ Challenge YA#2 + Challenge Régions + Challenge Lire sous la contrainte > Couleur.