♥ Les voisins musiciens de Junko Shibuya

Album sans texte

♥ Les voisins musiciens ♥

 de Junko Shibuya

Autrement, 2011
54 pages, 12,50€

Un superbe petit album sans texte, qui nous entraîne dans un monde de musique et de couleurs.

Junko Shibuya est une auteure illustratrice d’origine japonaise, et c’est bien cette sensibilité toute particulière apportée aux illustrations qui touche en premier. Pour autant elle vit en France, et son histoire, sans texte, n’a pas lieu géographique défini. Son album Les voisins musiciens est d’ailleurs paru d’abord en France, avant de s’exporter au Japon.

Des illustrations douces, en noir et blanc, nous entraînent à la découverte de deux jeunes nouveaux voisins. Un jeune garçon qui joue du violon, et une petite fille qui va bientôt lui répondre au piano. Alors qu’ils se mettent à jouer ensemble, chacun près de leur fenêtre, la couleur éclate autour d’eux telle une bulle, qui grandit, les transporte ailleurs, au milieu des bois. Harmonie.

C’est toujours sans parole, accompagné par cette musique muette, qu’on revient dans l’immeuble pour une belle scène finale.

Les voisins musiciens est une histoire simple et belle, portée par des illustrations superbes qui se suffisent à elles-même. Un album coup de coeur, à découvrir et faire découvrir !

+ Extraits à découvrir sur le site de l’auteure

+ L’avis de Mel sur la Soupe de l’Espace

+ Challenge Je lis aussi des albums

« L’amitié n’était-elle pas une forme de la musique ? » Erik Orsenna

 

Virtuosity de Jessica Martinez

Roman pour adolescents

Virtuosity

de Jessica Martinez

Hachette, 2012
Black Moon
320 pages, 16€

Carmen, 17 ans, est une virtuose. Extrèmement talentueuse, cette violoniste classique reconnue, qui a déjà remporté plusieurs prix et réalisée des tournées partout dans le monde, concourt maintenant pour le prix Guarneri.

Le roman commence sur une scène déstabilisante, où l’on voit Carmen au bord du gouffre. Puis les choses reprennent quelques jours avant le prix, et on découvre une jeune fille pétillante et heureuse. Rapidement, on sent tout son amour du violon, sa passion pour la musique, mais au détour des mots, on découvre ce qui lui pèse. Les béta bloquants qu’elle prend, de plus en plus, pour ne plus avoir peur, pour ne plus avoir les mains qui tremblent. L’emploi du temps milimétré par sa mère, les cours à domicile… et surtout l’inquiétude pour ce prix devant son plus grand rival, qu’elle n’a jamais encore rencontré Jeremy King.

Quand elle décide de l’attendre à la sortie de la salle de répétition pour jauger son adversaire et voir à quoi il ressemble, elle se lance sans le vouloir dans une aventure romanesque et touchante, qui va la conduire à tout reconsidérer.

Le lien qui se crée avec Jeremy King, toujours semé de doutes, notamment à cause de cette compétition qui les sépare, est le fil conducteur de ce roman. L’histoire qui s’écrit sous nos yeux nous donne mille hypothèses pour interpréter le prologue, mais finalement, c’est la surprise quand vient enfin la révélation.

L’adolescence de Carmen s’est déroulée presque sans elle, mais elle a envie de vivre comme les autres, de sortir, sans penser aux contraintes de la compétition. Un comportement qui est loin de plaire à sa mère… Si tous les thèmes sont traités avec une légerté générale, ce roman est un bonne façon d’aborter des thèmes souvent peu présents dans la littérature jeunesse, ce qui est déjà une bonne chose.

Un très beau roman, agréable à lire, sur le parcours souvent difficile de ces jeunes prodiges poussés par leur parent, au point de se perdre eux-mêmes !

+ L’avis de Pomme

cadeaumaestro

Trois (ou quatre) amies

Trois ou quatre amies***
Roman pour adolescents

Trois (ou quatre) amies

de Laurence Schaack

et Françoise de Guibert

*

Nathan, 19 juin 2014
978-2-09-254838-7, 352 pages
14,90€

*

 

                        Sol, Mar et Sand sont trois amies inséparables. Inséparables, mais qui vivent loin les unes des autres. Elles ne se voient que l’été et passent le reste de l’année à s’écrire sur leur page privée d’un réseau social. Mais elles sont très différentes, et elles grandissent et s’éloignent. Elles ont en effet de plus en plus de mal à se comprendre, chacune prise par des préoccupations particulières qu’elles n’osent ou ne parviennent pas à partager. La présence en toile de fond d’une quatrième jeune fille n’arrange rien.

                      Alors que l’une découvre un père inconnu, l’autre intègre un groupe de hard et la troisième vit un chagrin amoureux. Des histoires croisées que l’on suit au fil de leurs échanges. Marion est aux commandes de la narration, c’est elle qui fait le lien entre les jeunes filles. Entre son journal, ses échanges sur le réseau social et ses mails, nous ne perdons rien de son point de vue, mais nous devons deviner les pensées des autres filles, ce qui permet une certaine tension narrative. Les histoires variées offrent un minimum de profondeur avec quelques thèmes intéressants mais l’ensemble se veut léger, avec, malgré le coeur de l’hiver, un goût de vacances et d’été !

Un roman léger pour l’été, qui cache quelques thèmes intéressants mais qui permet avant tout de traiter de l’amitié à distance et de l’adolescence. A l’image de la couverture le roman est vif et flashy, avec un parfum français qui change des comédies américaines. Un deuxième tome est prévu, sans être tout à fait nécessaire.

 

+ Challenges YA,

cadeaumaestro

Tout finit par un baiser !

tout finit par un baiser Roman romantique pour adolescents

Tout finit par un baiser !

de Kate Klise

traduit par Dominique Kugler

Albin Michel Jeunesse, avril 2014
Wiz, 338 pages
9782226255563, 13,90€
disponible en numérique epub 9,49€

Tout finit par un baiser est un roman à quatre voix de quatre personnages qui s’entrecroisent, entre Paris et Madrid. Quatre américains, venus en Eurpoe pour une semaine. Une semaine qui va changer leur vie.

Andrew et Webb Nelson, père et fils, sont à Madrid pour une exposition. Daisy et Coco Sprinkle, mère et fille, se rendent à Paris pour quelques jours de vacances.  Un café renversé dans l’avion, un échange de bagage à l’aéroport… le hasard se joue d’eux pour les faire se rencontrer. D’un côté nos deux adolescents qui échangent par Internet, de l’autre des adultes qui se croisent, se téléphonent.

Cette comédie romantique est assez simple en apparence, pourtant surprises, rebondissements, disputes et secrets s’accumulent, formant des quiproquos délicieux pour le lecteur, qui lui, grâce à la narration à quatre voix, ne manque rien des détails de l’histoire. Cette narration à quatre voix est de prime abord un peu destabilisante car le temps narratif s’en trouve légèrement chamboulé. Pas de ligne droite ici mais pluôt un  parallèle constant entre les quatre visions de cette histoire.

Une histoire où l’amour es maître, mais où rejalli aussi le passe des personnages. On apprend peu à peu à mieux les connaître, à les apprécier… ce qui est d’autant plus difficile puisque le lecteur omniscient ne peut les aider à surmonter les quiproquos. Dans ce roman le rapport à la culture,  l’art et la musique notamment est intéressant et agit comme un lien.

Si les situations ne sont pas crédibles, on se prend pourtant à tourner les pages, avides de savoir ce que le tire annonce pourtant Tout finit par un baiser. Un titre d’ailleurs un peu présomptueux auquel je préfère la version anglaise d’origine : In the Bag.

Une comédie romantique plaisante et simple, idéale pour l’été !

cadeaumaestro