A la belle étoile – Roman jeune ado

A

A la belle étoile

Éric Sanvoisin

Le Muscadier (2018)

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Pierrot n’est pas tout à fait un grand frère comme les autres. Il a 18 ans, mais il ne passera jamais le permis de conduire. Il ne va pas à l’école et ne travaille pas. et il a peur de beaucoup de choses… Pour Yaëlle, 10 ans, avoir un grand frère “différent” ce n’est pas toujours facile et c’est dur aussi à expliquer aux copines. Mais quand Yaëlle emmène son grand frère dans son école pour le “montrer” à ses copines, ça ne se passe pas très bien.

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Un petit roman qui aborde des sujets pas forcement très faciles : le handicap mental, les Sans Domiciles Fixes ou encore les relations entre frères et sœurs ! Il y a 4 parties : la première est racontée par Yaëlle, la seconde par son grand frère Pierrot, la 3ème par la “fée” alias Justine, SDF et enfin la conclusion de l’histoire est de nouveau racontée par Yaëlle. C’est une histoire émouvante sans être “cul-cul” et dont la conclusion demandera peut-être quelques explications pour les plus jeunes.

Une jolie lecture !

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Éric Sanvoisin, vous le connaissez sans doute, c’est l’auteur du très célèbre “Buveur d’encre” ! C’est un auteur prolifique, qui a écrit près de 70 livres. Les enfants, il les connaît bien : il a été instituteur, éducateur spécialisé, papa de 9 enfants… Et aujourd’hui, il est bibliothécaire et écrivain.

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Le site de l’auteur

Du même auteur : Fériel, Le buveur de dictionnaire (2ème roman présenté), et  Ma petite sœur d’occasion (qui a reçu de nombreux prix !)

Éditions Le Muscadier

De cette maison d’édition, nous vous avons déjà présenté plusieurs titres : Bêtes de pensée et Badalona, Jours de neige (un recueil de nouvelles), 40 jours d’automne, Station sous-paradis, les mains dans la terreVirée nomade, Phobie, Orient extrême, le 9E continent, l’aigle noir, le réveil de Zagapoï et La peau noire des anges

La pyramide des besoins humains

pyramideLa pyramide des besoins humains

Caroline Solé
Médium Poche
L’École des Loisirs (2017)
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Christopher est un jeune garçon qui a fugué et vit dans la rue à Londres, dormant sur un carton. On saura rapidement pourquoi et comment il est arrivé là. Attiré par une affiche avec une pyramide multicolore, il s’inscrit à un jeu sous un pseudo, une émission de téléréalité intitulée “La pyramide des besoins humains”. Il s’agit de raconter sa vie en suivant les “niveaux” de la pyramide de Maslow. Tout le monde peut voter pour les différents candidats et à sa grande surprise, Christopher passe le premier niveau…

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Abraham Maslow, un psychologue américain (1908-1970) est connu pour avoir hiérarchisé les motivations des besoins humains selon 5 niveaux (les deux premiers étant indispensables) : Voir ci-dessous la pyramide de Maslow.pyramide

Dans ce roman, on suit la vie quotidienne de ce jeune SDF. Comment il est arrivé là et comment il a survécu. Il raconte la faim, le froid, le cafard à l’arrivée des fêtes de Noël… Il résume ses besoins physiologiques (1er niveau de la pyramide) de la façon suivante : “Un carton sec, épais, propre. Un hot-dog avec pas trop de moutarde. Une bière bon marché, un chewing-gum et une clope. Me caresser sous le duvet. Besoins physiologiques : OK. Du moins pour un ado dont tout le monde se fout. Bienvenue à Chinatown 2.0.

Une courte lecture qui peut pousser à réfléchir, à voir autrement. Réfléchir à ce que sont réellement nos besoins, à ce qu’est la télé-réalité, à ce que sont les réseaux sociaux et comment nous réagissons face à eux…

Voir autrement aussi les gens qui vivent dans la rue. On tourne souvent la tête, on fait comme si on ne les voyait pas, histoire de ne pas être obligé de leur donner de l’argent ou de leur dire non. Du coup, on les ignore, c’est comme s’ils n’existaient pas…

Un roman que j’ai trouvé très bien fait et très touchant. A travers les 5 niveaux de la pyramide, ce jeune garçon nous raconte sa vie, celle passée et celle présente.  Et il y a même de l’humour ! J’aime beaucoup un des petits textes qu’écrit Christopher : “Monsieur Maslow, vous êtes un sombre abruti. Ou bien un escroc. Vous savez bien qu’on n’est pas forcément à l’abri même avec un toit au-dessus de sa tête et qu’on peut aussi se croire en sécurité sans être protégé : des millions d’individus exposent bien leur intimité sur des murs virtuels, malgré les risques de virus et de piratage, non ? Puisque l’important c’est de “croire”, j’atteste sur l’honneur, moi Christopher Scott, que mon besoin de sécurité est parfaitement satisfait. Rendez-vous au niveau supérieur, l’escroc !”

Bref, un roman qui ne laissera, je le crois, personne indifférent ! On croit vraiment à l’existence de Christopher, et on se pose avec lui toutes sortes de questions…

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« La pyramide des besoins humains » est le premier roman jeunesse de Caroline Solé. Il a remporté quatre prix :

Les escales littéraires d’Auvergne 2016, Enlivrez-vous à Thionville 2016, le prix Sainte-Beuve 2017, le prix des collégiens de Rillieux-la-Pape 2017 et a fait l’objet d’une trentaine de sélections depuis sa publication. Sur le site de l’auteure, vous pourrez feuilleter quelques pages.

D’autres avis : celui de Liradode Ricochet (il fait partie de leur sélection)

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Sur le thème de la télé-réalité, Sophie vous avait présenté “Et à la fin, il n’en restera qu’un” de Jean-Luc Luciani

Sur celui des SDF, je vous avais présenté “Un courant d’air” de Laurie Cohen, un roman glaçant. Sur ce même thème, il y a également “No et moi” de Delphine de Vigan.

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RDV Albums – La ville

Rendez-vous d’août du challenge je lis aussi des albums, qui présente des albums autour de la ville.

Après quelques mois d’absences lors des rendez-vous mensuels du Challenge Je lis aussi des albums, je reviens pour ce rendez-vous du mois d’août, mais un peu en retard… peu importe j’ai fouillé dans mes cartons puisque la bibliothèque n’est pas encore installée et j’ai trouvé deux titres assez proches du thème du mois, la VILLE.

Steve Light - As-tu vu mon dragon ?.As-tu vu mon DRAGON ?
de Steve Light

Cet album invite les enfants à se promener dans un paysage urbain. Un paysage en noir et blanc, à la plume et à l’encre, dans lequel un petit garçon recherche son dragon. A chaque page on visite un nouvel endroit de la ville, à la recherche de ce dragon, tout en comptant les objets colorés qui apparaissent peu à peu.

Un livre à compter à la fois simple et original. Une véritable histoire, qui offre de nombreux détails dans l’illustration et permet de faire d’une ville un immense un terrain de jeux et de découverte. Un ensemble très anglais, mais pas destabilisant, où l’enfant apprend à compter jusqu’à 20, du vocabulaire, découvre la ville et joue à chercher le dragon à chaque page !

Les illustrations, si elles offrent beaucoup de détails, sont assez austères de premier abord, notamment je trouve par le visage des personnages. Pourtant une fois lancé dans l’histoire elles sont parfaites pour la découverte de cette ville et de ses recoins. J’aime beaucoup d’ailleurs le plan qui ouvre l’histoire. Par contre le texte est parfois surprenant comme tournure, je soupçonne la traduction… mais impossible de trouver un traducteur mentionné dans l’ouvrage !

As-tu vu mon dragon ? est un album complet qui plaira autant aux enfants qui apprennent tout juste à compter qu’aux plus grands qui prendront à plaisir à parcourir cette ville !

Gautier-Languereau, 2015

La baleine du bus 29baleinebus29
de Christine Beigel et Alessia Bravo

La baleine du bus 29 ne parle pas directement de la ville. Et pourtant on est en pleine ville, au pied du panneau qui indique ligne 29. On va découvrir, avec toute la naïveté et la poésie d’un enfant, celle qui vit là. Assise, en plein hiver, “avec son gros pull marin, son écharpe, son bonnet de laine et tous ses sacs“.

Un album magnifique qui file la métaphore de la mer pour parler de cette femme, qu’on ne “nomme” jamais vraiment, même si l’on connait son nom. Dans les échanges qui se créent entre cette “baleine” et la petite, on sent le doute, l’inquiétude, et puis peu à peu l’attachement. L’ensemble de l’album est à l’image des illustrations, un peu coloré, onirique, métaphorique. Et pourtant l’adulte, entre ce texte et l’illustration voit bien plus loin que la baleine, devine la SDF, et trouve d’autant plus touchant le regard de cette petite fille qui ne se focalise pas sur la peur ou les on-dit.

Des illustrations poétiques elles aussi, aquatiques, qui ont valu un prix à Alessia Bravo. Voir des extraits.

Alice apprend la poésie, la folie des mots, l’imagination, et le lecteur suit avec le sourire cette belle rencontre, ces beaux échanges.

Motus, 2015 ~ Les avis de Sophie, Marianne ~

Participations aux challenges Je lis aussi des albums et Petit Bac!

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Découvrez plus d’albums sur la ville, par les participantes au challenge :

Chez Casentlebook des Gratte-ciel

 La petite fille en rouge chez Vivrelire

Rouge et Vert par Bidib

Bons baisers ratés de Paris par Manika

New York en pyjamarama chez Casa Laurette

 

Un courant d’air

CourantUn courant d’air

Laurie Cohen

Collection “Le chapelier fou”

Éditions Alice Jeunesse (2014)

L’auteure : Elle écrit des contes depuis l’âge de six ans. Elle a suivi des études littéraires et cinématographiques et a publié une vingtaine d’albums pour la jeunesse. Laurie se passionne également pour le cinéma et la photographie. Elle aime observer le monde, rêver et parler de sujets forts qui lui tiennent à cœur. Un courant d’air sera son premier roman destiné aux jeunes adultes. Elle désire à terme partager son temps entre écriture et cinéma, persuadée que les deux univers se complètent.

L’histoire : Une jeune femme se retrouve à la rue après un drame familial et tente de se reconstruire en réglant ses comptes avec le passé.
On ne prononce jamais son nom. Anonyme comme tous ceux qui traînent sur les trottoirs et qu’on ne remarque pas, ou qu’on oublie aussitôt. Une ombre sans âge et sans visage. Un courant d’air. Une droguée ? Une alcoolique ? Une pauvre fille sans boulot ? Non. Une jeune femme, étudiante en droit il y a quelques années encore, que la vie a éprouvée et qui ne s’est pas relevée… 

Mon avis :

Âmes sensibles, s’abstenir. Ici, on n’est pas chez Walt Disney, on est dans la rue. C’est sale, il fait froid, il n’y a pas grand-chose à manger et en plus, c’est dangereux. On lutte pour sa survie au quotidien. Pour trouver un endroit où dormir. Et la rue, c’est un endroit où l’on finit par disparaitre…

Un roman triste, mais réaliste qui vous fera peut-être regarder autrement (regarder tout court !) les gens qui vivent dans la rue. Une réalité pas toujours facile à appréhender (oui, tout le monde peut se retrouver à la rue un jour ou l’autre, et ça fait peur !)

Les chapitres sont courts et les phrases, percutantes, incisives, coupent comme un rasoir. Il y a comme un sentiment d’urgence dans ce roman. Des gens qui suivent malgré eux une pente qu’ils ne pourront plus remonter. Arrivé à la fin du bouquin, on se dit que ce n’est pas possible d’abandonner des gens comme ça, de les laisser crever dans la rue, comme des bêtes… Et pourtant…

Mon conjoint (53 ans) l’a lu, son commentaire a été : “qu’est-ce que c’est triste ce bouquin !” Puis il a dit, en 2 mots : c’est glaçant et humain à la fois…

Julie, 20 ans, l’a dévoré dans l’après-midi : elle a beaucoup aimé, a trouvé ce roman facile à lire, intéressant et vraiment prenant.

Je l’ai vu indiqué à partir de 13 ans, je dirais plutôt 15/16 ans, après ça dépend des lectures et du vécu de chacun…

“Un courant d’air” a été sélectionné pour le prix Izzo 2015 des lycéens.

SignatureNat