1001 manières de se déplacer – V. Gaspaillard

Album documentaire dès 6 ans

1001 manières de se déplacer

de Véronique Gaspaillard

et Françoise de Guibert

Gulf Stream, 2012
La vie tous azimuts, 77 pages
9782354881580, 15,50€

Tous les êtres vivants se déplacent au cours de leur existence. Cet album documentaire propose d’expliquer ces déplacements de façon illustrée.

Une rainette qui grimpe dans les arbres, un insecte qui marche sur l’eau alors qu’il ne sait pas nager, un oiseau qui fait de la plongée sous-marine… Et pourquoi pas deux plantes qui font des petits sans se rencontrer ? Dans la nature, tout est possible !

La première partie propose de découvrir 5 milieux et leurs habitants : étang, ville, mer, champ et montagne. Pour chaque milieu 3 exemples très variés. La mise en page très dynamique qui propose de découvrir 7 déplacements pour chacun permet de faire le tour de centaines de manières de se déplacer. En bas de page on retrouve un schéma du milieu qui permet de situer l’altitude de vie des espèces présentées.


Pour chaque être vivant présenté on trouve une illustration humoristique et plusieurs illustrations réalistes. Autour des illustrations centrales on trouve les 7 points mis en avant, la vitesse de déplacement, le nom latin et l’espèce. Chaque donnée est complète et scientifique mais pourtant mise à niveau des enfants avec des points de comparaison. Un lexique permet aussi de mieux appréhender les mots compliqués.
Cette partie est particulièrement intéressante car elle offre de nombreuses informations sur l’espèce présentée et pas uniquement sur ses mouvements. On part ainsi à la découverte de la rainette, le gerris, le frêne, la puce du chat, l’hippocampe, le lièvre, l’isard ou la ronce !

La deuxième partie propose de comparer les manières de se déplacer. Des illustrations avec échelle permettent de découvrir les fruits, les pattes, les ailes… tous les caractères communs qui permettent aux espèces de bouger!

Enfin quelques pages partent à la découverte de l’humain et de l’évolution des espèces.

Un album documentaire qu’on prend plaisir à feuilleter un peu au hasard mais dans lequel on peut aussi chercher des informations précises. Intéressant et magnifiquement illustré de dessins variés.

+ deux autres albums de la même collection, présentés chez Fantasia

Tu me préfères ou tu préfères un cornichon ? (et autres petits cartonnés)

Tu me préfères ou tu préfères un cornichon ?

Bénédicte Guettier

Dans ce cartonné un petit lapin rose demande à sa maman si elle le préfère à… un cornichon, un éléphant, un livre, un bouquet de roses… Pour chaque situation la maman va expliquer combien elle cet objet ou cet animal et le petit lapin tentera de trouver la parade.

Un bel album coloré dans le style très visuel de Bénédicte Guettier (la créatrice de l’âne Trotro) qui permet de parler d’amour et de montrer aussi qu’une maman peut aimer beaucoup d’autre chose… sans oublier son petit lapin!

Certaines pages semblent tout à fait crées pour les mamans blogueuses littéraires : Tu préfères ton livre ? Tu préfères ton ordinateur ? ;)

Ecole des Loisirs 2012

Devant ma maison

 Marianne Dubuc

Un imagier cartonné plein de contraste et de jolis dessins qui lient chaque objet au précédent grâce à un lien : “derrière la fenêtre… ma chambre” “dans ma chambre… mon lit”… De nombreuses pages qui permettent un voyage qui va proposer de découvrir la maison mais aussi les princesses et les dragons, les grottes et les montagnes, les planètes et les extra-terrestres, la mer, de nombreux animaux…

Si les pages sont un peu fines pour être attrapées par les enfants l’épaisseur du livre compense puisqu’en appuyant sur la page de gauche la page de droite se soulèvera automatiquement. Un principe souvent utilisé dans les cartonnés jeunesses, notamment la collection Tête de Lard chez Thierry Magnier.

Un très bel imagier intéressant et varié.

Casterman, 2010 

Jeu de Paysage

Hervé Tullet

Hervé Tullet sait magnifiquement jouer avec les pages pour créer des univers passionnants. Dans jeu de paysage chaque page cartonnée est découpée afin d’offrir un paysage, terrain de jeu pour inventer des histoires! Un coté clair un coté sombre. Malheureusement à trop vouloir laisser le lecteur créer ses propres histoires cet album sans texte semble un peu cher pour son contenu…
On lui préférera les autres livres jeu d’Hervé Tullet!

Phaidon, 2013 – 9,95€ 

Le Singe de Hartlepool – Lupano & Moreau

Bande dessinée adulte

 Le Singe de Hartlepool

W. Lupano et J. Moreau

Delcourt (Mirages), 2012

9782756028125

 

A la première lecture de cette bande dessinée j’étais vraiment sceptique. J’ai même hésité à abandonner. Et puis peu à peu je me suis laissée prendre dans cette histoire loufoque. J’ai lu la fin. La conclusion. Et j’ai tout relu une deuxième fois.

Le Singe de Hartlepool entreprend de raconter une légende bien connue en Angleterre, celle d’un singe pendu en 1814. Mais tout commence sur un bateau français. Un capitaine napoléonien terriblement anti anglais dirige un bateau français, au large des côtes de l’Angleterre  Son animal de compagnie, un singe qu’il a déguisé en soldat français est le seul à le faire encore rire. Amer, plein de désillusion et menteur, un personnage détestable qui va jusqu’à jeter à l’eau un mousse qui a eu le malheur de chanter une chanson en anglais.

Quand son navire fait naufrage, seul le singe, accroché au mât parvient à s’en sortir et dérive jusqu’à la plage de Hartlepool. Là il va être pris pour un soldat français, et traité comme tel.

Toute la bande dessinée repose sur la bêtise humaine, qui n’a de cesse d’étonner tant elle est partout. Racisme anti-noir, anti-anglais, anti-français, anti étranger en général, les personnages de cette BD sont arrogants, ne prennent pas le temps de réfléchir et c’est en cela qu’ils sont un magnifique exemple de ce que l’homme peut faire.

Le simulacre de procès est très édifiant avec notamment un argument terrible pour prouver qu’il s’agit bien d’un soldat français : “On lui a donné des escargots, il les a mangé.”

Les illustrations sont belles, à l’instar de la magnifique couverture, pourtant dans l’action les dessins sont moins soignés, notamment les expressions des personnages. Le découpage par contre et les scènes plus posées m’ont totalement séduite.

La conclusion est à la fois belle et terrible et elle propose un clin d’œil intéressant à l’histoire.

Une bande dessinée à découvrir comme un miroir de la bêtise humaine poussée à son paroxysme .. c’est d’autant plus troublant que les légendes ne naissent rarement de rien…

+ Lu dans le cadre de la BD fait son festival – avec Priceminister  et dans le cadre des Mercredi BD de Mango
+ Les avis de Mo’, JérômeNoukette et Lasardine.

 

Antoine Guilloppé – Plein soleil / Ma jungle

Albums pour enfants

Plein Soleil

et

Ma Jungle

Antoine Guilloppé

Gauthier Languereau, 2011 2012
19,90 / 22,50€

Antoine Guilloppé m’avait éblouie avec Pleine Lune, il était donc évident pour moi de lire les deux albums suivants.

Un petit effet mode bien sûr, puisque Plein Soleil et Ma jungle reprennent exactement la même conception, mais l’ensemble est graphiquement tellement beau et minutieux qu’on ne peut pas s’en lasser !

Très peu de texte, une histoire secondaire finalement, pour ceux qui sauront l’inventer, car ce sont les illustrations qui retiennent toute notre attention.

Un coté noir, l’autre blanc, et les plus magnifiques des animaux d’Afrique et des guerriers apparaissent sous nos yeux dans les découpes fines et multiples d’Antoine Guilloppé. Jeu de contraste, de lumières et d’ombres en plein soleil, avec l’or de la couverture, les animaux semblent magiques et nous embarquons dans un voyage enchanté.

 

Des découpages somptueux aussi dans Ma Jungle, mais avec cette fois un peu plus  de couleur. Dans ce très grand album -près de 40 cm- Le charme opère toujours pourtant le vert, très présent dans la jungle, et qui ouvre cet album offre un contraste moins saisissant. Déstabilisée au début je dois avouée que les couleurs offrent un ensemble plus vivant et correspondent très bien à la jungle, d’autant plus que les couleurs ne sont souvent distillées que par petites touches dans des pages majoritairement noires et blanches.

Avec leurs découpes dignes de la dentelle fine ces albums sont des petits bijoux que l’on ose finalement à peine mettre dans les mains des enfants mais qui sont parfaits pour des animations!

+ Lecture dans le cadre des

+ Pleine lune et Plein soleil sont aussi sortis en format “poche” mais je n’ai pas eu l’occasion de les voir.

+ A venir bientôt mon avis sur le lac des Cygnes de Charlotte Gastaut, qui utilise le même principe de découpes.

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