Le grignoteur de Frédéric Laurent

Un album désopilant et monstrueusement original!

Album pour la jeunesse dès 5 ans

Le grignoteur Le grignoteur

de Frédéric Laurent

 

Ed. Balivernes, mars 2021,

48 pages, 14 euros

Thèmes: livres, monstres, mots, orthographe, humour

 

Présentation de l’éditeur: “Savez-vous que des monstres s’attaquent parfois aux livres? Il y a le Dislexus qui mélange impitoyablement les lettres, le Conjugator , qui désaccorde les verbes, l’Orthographios… Mais le plus terrible de tous est bien pire encore!”

 

Avec Le grignoteur, l’Indiana Jones des mots est né! Il est question d’un explorateur donc, aux allures loufoques, chassant des monstres aux noms déroutants. C’est drôle, ludique et novateur.

J’ai beaucoup aimé la chute!

le grignoteur extrait

Dans Le grignoteur, Frédéric Laurent énumère avec beaucoup d’humour (et de talent) les différents obstacles liés à l’apprentissage de la lecture. C’est simple mais très efficace. C’est un chouette album à découvrir avec les enfants et en tant qu’adulte, on se laisse facilement prendre au jeu.

En lisant Le grignoteur, j’ai passé un agréable moment et l’objectif de l’album m’a séduite.

A découvrir absolument!

 

~Melissande~

 

+ Un autre album mais sur la conjugaison cette fois: Hugo et les rois Etre et Avoir d’Anne-Marie Gaignard, présenté par Hérisson

+ Un beau livre documentaire adulte sur la beauté des mots :  Sur le bout de la langue. Le plaisir du mot juste de Bertrand Périer, présenté par Nathalie

+ Sur l’Instagram spécial bookstagram de Sophie Hérisson, retrouvez plein de Premières lectures.

 

Les chaussures de l’hippopotame de David Dumortier et Pierre Pratt

Des séquences de vie poétiquement absurdes, Les chaussures de l’hippopotame est un régal!!!

les chaussures de l'hippopotame

Album pour la jeunesse dès 6 ans

Les chaussures de l’hippopotame

de David Dumortier

et Pierre Pratt

 

Ed. Motus, ill. de Pierre Pratt,
coll. Pommes pirates papillons,
mars 2021, 64 pages -12,50 euros

 

Thèmes: nature, poésie, humour, imaginaire, fantastique absurde

 

Présentation de l’éditeur: “Des ciseaux mal écrits par un enfant sont devenus des oiseaux. Maintenant ils coupent le vent tout ça à cause d’un enfant qui faisait des poèmes dans ses fautes.

30 poèmes magiques pour s’étonner, sourire des petits riens qui font tout et de tout le reste qui n’est pas rien…”

 

J’adore ce style d’album! Les chaussures de l’hippopotame est l’une des oeuvres les plus originales découvertes ces deux dernières années. David Dumortier nous offre une bulle hors du temps, les instants volés d’un quotidien peu banal…

Quant aux illustrations de Pierre Pratt, elles permettent à ses  poèmes de prendre leur envol. C’est délicieusement absurde et on en redemande!

La première de couverture est très colorée mais par la suite, ce sont plutôt les tons ocres, noirs, blancs et orangés qui dominent dans cet album.

Dans un numéro de magicien, Un homme se transformait, En hippopotame. Quand il redevenait un homme. Ses chaussures étaient toujours. Pleines de boue.

Petit plus, l’objet livre est très agréable au toucher grâce au papier granuleux et le petit format est pratique. L’esthétique de cet album a été très bien pensé!

Bref, Les chaussures de l’hippopotame est un chouette recueil de poèmes à découvrir!

 

~Melissande~

 

+ Pour découvrir le travail de Pierre Pratt via son site officiel, c’est par ici

+L’avis de Nauriles du blog Les lectures de Naurile

+ Pour d’autres hippopotames, c’est par là ;)

Suzette ou le grand amour

SuzetteSuzette

ou le grand amour

Fabien Toulmé

Delcourt/Mirages (2021)

*****

Suzette vient de perdre son mari Bernard. En sortant du cimetière, elle dit à sa petite fille : “je n’arrive même pas à être triste”. Le dimanche suivant, Noémie lui demande ce qu’elle a voulu dire par là. Sa grand-mère se contente de lui dire que “c’est compliqué”.

Puis, lors d’une autre visite de sa petite fille, elle lui explique comment elle a connu son mari, Bernard et comment ils se sont mariés. Quelle jeune fille “innocente” elle était à l’époque. Bref, tout ce qu’elle lui raconte surprend Noémie et l’amène à réfléchir à sa propre vie avec son amoureux, Hugo.

*****

Suzette ou le grand amour est une histoire qui m’a bien plu. C’est beaucoup plus “léger” que les deux autres romans graphiques que j’avais lu de Fabien Toulmé, mais il y a tout de même pas mal d’interrogations sur la vie.

Et sur la façon dont on se mariait autrefois. Sans se connaître l’un l’autre, sans connaître son corps, sans avoir eu d’explications sur l’acte sexuel… Et comment on restait mariés, même si on ne s’aimait plus parce que ça ne se faisait pas de divorcer…

Le dessin est très simple avec assez peu de détails en arrière-plan et assez peu de couleurs différentes (jaune, orange et bleu la plupart du temps, rouge et gris pour le passé). Mais les personnages sont tout de même expressifs. Et il y a de l’humour !

Une jolie lecture !

*****

Lire un extrait (site de l’éditeur)

Du même auteur : L’Odyssée d’Hakim et Ce n’est pas toi que j’attendais♥

Son blog

Et cette semaine, LA BD de la semaine est Dans la bibliothèque de Noukette

La dame des murs de Silène Edgar

La dame des murs est un roman pour adolescent puissant d’une grande beauté

 

  La dame des murs

de Silène Edgar

Editions Castelmore/Bragelonne, mars 2021,

448 pages- 10,90  euros

Thèmes: Histoire, famille, guerre, voyage dans le temps, fantastique

 

Présentation de l’éditeur:

1961-2021

Mara Galanta est la Dame des murs, chanteuse d’opéra célèbre pour avoir chanté au pied du mur de Berlin en 1972. (…) Rebelle, riche et talentueuse, Mara est aussi une grand-mère peu attentionnée, irritable et solitaire.

Emma est sa petite-fille. Impétueuse et sensible, elle ressemble plus à sa grand-mère qu’elle ne voudrait le reconnaître. À 14 ans, elle cherche encore à dessiner les contours de son identité. Mais il lui manque un morceau du puzzle, tenu secret par Mara : à 18 ans, sa grand-mère s’est enfuie de Lettonie, un pays soumis à la dictature soviétique. (…)  Quand Emma demande à Mara de l’y emmener pour découvrir l’histoire de sa famille, la jeune fille s’est assurée qu’elle ne pourrait pas le lui refuser.

 

La dame des murs fait partie de ces romans qui, une fois refermés, vous hantent encore pendant longtemps. D’une grande sobriété, la plume de Silène Edgar nous conte le chant d’espoir contre toute forme d’oppression à travers le monde. Loin d’être accusateur ou moralisateur, La dame des murs se penche sur plusieurs faits historiques d’un point de vue humaniste.

Tant qu’il existera des personnes comme Mara Galanta, le monde ne pourra que s’améliorer.

C’est aussi l’histoire d’une famille qui apprend peu à peu à s’apprivoiser et à se faire confiance. Emma, adolescente rebelle et sensible, ne sait pas comment réagir face à cette grand-mère froide et austère. Grâce à leur voyage, elle découvrira le passé de Mara et l’aidera à en guérir lesc blessures.

Avec La dame des murs, c’est un récit poignant agrémenté de photos en noir et blanc que nous offre Silène Edgar. Et Paul Beorn n’est pas en reste. En effet, on lui doit la contribution de quatre courtes lettres envoyées à Mara Galanta. Ces dernières sont très émouvante. Comme toujours, ces deux auteurs parviennent à trouver les mots justes.

Comme expliqué plus haut, ce roman est sobre mais les images et idées véhiculées sont percutantes; sans jamais tomber dans le mélodramatique.

De plus, la petite touche de fantastique survenant à un moment du récit est bienvenue. C’était une manière originale de relier passé et présent. Mais je n’en dirai pas plus…

Une lecture, malheureusement très actuelle, que je vous recommande.

 

~Melissande~

 

+ De Silène Edgar, je vous ai déjà présenté  42 jours

+ Paul Beorn a déjà travaillé en collaboration avec cette autrice, notamment sur Lune rousse