Bondrée

BondréeBondrée

Andrée A. Michaud

Rivages/Noir (2017 / vo 2014)

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Lecture commune autour de l’autrice Andrée A. Michaud

Avec Anne-Yes et Anna Kronic ont également lu Bondrée, Ingannmic, Line et Sacha ont lu Proies, Eimelle et Fanja ont lu Baignades.

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Éditeur : À l’été 67, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L’enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais lorsqu’une deuxième adolescente disparaît à son tour, on comprend que les pièges du trappeur ressurgissent de la terre et qu’un tueur court à travers les bois de Bondrée.

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Bondrée, c’est d’abord un lieu. Un lieu d’une beauté sauvage, un lac entouré de forêt. C’est aussi devenu un lieu de vacances. Il y a quelques chalets, disséminés ça et là, au bord de l’eau, sous les arbres. Mais Bondrée, c’est aussi une ambiance. Ambiance d’été, chaleur, vacances, nature et liberté. Jusqu’au jour où…

Zaza Mulligan “that kind of girl” disparait et qu’elle est retrouvée morte, une jambe coincée dans un vieux piège à ours rouillé. L’enquête va conclure à un accident malgré les doutes de l’inspecteur Michaud. Puis, l’amie de Zaza, Sissy, disparait à son tour…

J’ai beaucoup aimé les descriptions du lieu, l’ambiance et certains personnages (dont l’inspecteur !). Et j’ai aimé aussi le fait qu’il soit écrit en français du Québec, émaillé de mots et expressions en anglais. En fait, certains personnages sont francophones, d’autres anglophones. Je vous rassure, même si vous ne parlez pas anglais, avec le contexte on comprend très bien !

L’écriture m’a beaucoup plu également. Elle est “vive” et fluide.

Bref, je suis ravie de l’avoir enfin lu

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Sissy Morgan et Elisabeth Mulligan, dite Zaza, les deux filles par qui le malheur allait surgir, n’étaient encore que des gamines quand nous avons emménagé à Bondrée, mais elles ne se lâchaient déjà pas d’un pouce, Zaza toujours vêtue de la même façon que Sissy, et vice versa. Des jumelles, aurait-on dit, l’un rousse et l’autre blonde, qui dévalaient la côte Croche en criant look, Sissy, look ! run, Zaza, run ! poursuivies par je ne sais quelle créature les obligeant à courir jusqu’au bout de leur souffle. Run, Zaza, run ! Ma mère les avait surnommées les Andrews Sisters, même si les soeurs Andrews étaient trois et chantaient cent fois mieux que Sissy et Zaza.

 

De cette autrice, en 2018, j’avais lu (et beaucoup aimé !) Rivière tremblante.

Ce roman participe à plusieurs challenges

Un hiver polar chez Je lis, je blogue

Mots du Bingo : Chalet et vengeance

(1ère participation)

Hiver polar

Thrillers et Polars chez Sharon

Le challenge ABC chez Enna

ABC

Challenge Les Dames en noir chez Zofia

Le challenge ABC Titre de Sophie (sur ce blog)

Et c’est le 1/26 pour

En sortir 26 en 2026

En 2026

Martin Luther King

Martin Luther KingMartin Luther King

Maria Isabel Sánchez Vegara

Mai Ly Degnan (ill.)

Coll. Petit & GRAND

Kimane (2020)

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La collection présentée par l’éditeur : La collection Petit & Grand propose de découvrir des hommes qui n’étaient pas destinés à entrer dans l’Histoire mais qui ont accompli des choses extraordinaires en écoutant leur cœur et en suivant leur rêve d’enfant. Qu’ils aient été artistes, scientifiques ou bien aventuriers, tous étaient des petits garçons rêveurs avant de devenir les grands hommes courageux et inspirants que l’on connaît.

Découvre ici comment le petit Martin, qui fut très vite un pasteur hors du commun, devint un célèbre militant non-violent luttant contre la ségrégation entre Noirs et Blancs.

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L’éditeur propose les documentaires de cette collection à partir de 4 ans. Personnellement, je trouve ça un peu jeune pour parler de ségrégation… Mais on peut tout à fait les proposer à de jeunes lecteurs de 7/8 ans.

En une petite trentaine de pages, on nous parle de l’enfance de Martin Luther King. Du moment où il s’est rendu compte qu’il y avait un problème entre blancs et noirs. De son rêve de combattre l’injustice et de sa découverte de l’action non-violence grâce à Gandhi. Viennent ensuite son engagement en tant que pasteur, le fameux “boycott des bus”, ses arrestations puis son discours.

A la fin, deux pages purement documentaires avec plusieurs photos de lui.

Le tout est écrit simplement, il y a relativement peu de texte (4 lignes par page maximum) et ce sont des illustrations plein page.

Martin Luther King

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D’autres documentaires jeunesse sur Martin Luther King ici et (avec une bibliographie jeunesse et adulte sur la ségrégation)

Un roman jeunesse présenté par Melissande dans lequel on parle du discours de Martin Luther King.

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Un doc qui participe à l’African American History Month chez Enna

Les Chutes – Roman

chutesRoman américain

Les Chutes

Joyce Carol Oates

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claude Seban

Éditions France Loisirs (2006)

Éd. Philippe Rey pour la traduction française (2005/vo 2004)

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Prix Femina étranger en 2005

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Une lecture commune avec Enna

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Résumé éditeur : Veuve au matin d’une nuit de noces hallucinante, lorsque son époux, un jeune pasteur, se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara, Ariah Littrell se considère désormais comme vouée au malheur. Pourtant, au cours de sa semaine de veille au bord de l’abîme, en attendant qu’on retrouve le corps de son mari d’un jour, La Veuve banche des Chutes (ainsi que la presse l’a surnommée avant d’en faire une légende)  attire l’attention de Dirk Burnaby, un brillant avocat au cœur tendre, très vite fasciné par cette jeune femme étrange.

Une passion improbable et néanmoins absolue lie très vite ce couple qui va connaître dix ans d’un bonheur total avant que la malédiction des Chutes s’abatte de nouveau sur la famille.

Désamour, trahison, meurtre ? C’est aux enfants Burnaby qu’il reviendra de découvrir les secrets de la tragédie qui a détruit la vie de leurs parents. Une quête qui les obligera à affronter non seulement leur histoire personnelle mais aussi un sombre épisode du passé de l’Amérique : les ravages infligés à toute une région par l’expansion industrielle gigantesque des années 50 et 60, expansion nourrie par la cupidité et la corruption des pouvoirs en  place.

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J’ai tout aimé dans ce roman. Les histoires d’amour, les tragédies, les relations familiales, le côté sociologique ou encore le côté historique. Les personnages sont vraiment bien décrits, on suit (avec une certaine tristesse pour ma part) l’évolution d’Ariah au fil des années. Puis celle de ses enfants. On constate les blessures laissées par les non-dits. Le besoin “impérieux” des enfants de savoir ce qui est arrivé à leur père.

C’est un roman que j’ai trouvé très riche et qui m’a appris des choses (j’aime lier l’utile à l’agréable ! ;) ) sur l’Amérique des années 50 à 80. Avec le développement industriel, la corruption, l’essor du tourisme aussi dans cette petite ville proche des chutes du Niagara.

Bien sûr, je suis allée vérifier si certaines choses étaient vraies (ou inventées) car ça me semblait un peu gros. Malheureusement elles étaient vraies. Mr Love a bien existé et il a bien creusé un canal… Il y a vraiment des gens qui sont prêts à tout pour gagner de l’argent, y compris faire crever les autres. Terrible !

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De cette autrice, nous vous avons déjà présenté : Délicieuses pourritures et Ce que j’ai oublié de te dire

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Un roman qui participe à deux challenges

Le challenge “Amérique du Nord anglophone” chez Enna

https://ennalit.files.wordpress.com/2022/06/image.png

Et le challenge “Le mois américain” sur Instagram

Dans la peau d’un noir – J. H. Griffin

Griffin
Sud des États-Unis, 1959
Roman autobiographique

Dans la peau d’un Noir

John Howard Griffin

Traduit de Marguerite de Gramont

Gallimard (1962)

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John Howard Griffin est un journaliste et écrivain américain blanc. Se demandant comment il pourrait ressentir ce que ressent un homme noir, comment il pourrait comprendre sa condition, il décide de devenir noir. Avec l’aide d’un dermatologue, il prend des gélules habituellement prescrites pour une maladie de peau appelée vitiligo et passe sous des rayons ultraviolets. En quelques jours, sa peau fonce, il devient noir.

Et là, il se retrouve confronté à des problèmes qu’il n’imaginait même pas… Il devient presque invisible aux yeux des “blancs”, il est regardé avec mépris, souffre bien évidemment du racisme. Mais il y a aussi les soucis du quotidien. Boire un verre d’eau, trouver à manger, un endroit pour aller aux toilettes, dans les états du sud des États-Unis à cette époque là, c’est une terrible galère…

Il décrit la peur aussi, une peur permanente d’être agressé. Quand il fait du stop par exemple ou quand il ne sait pas où dormir.

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Franchement, c’est un livre qui m’a plus terrifié qu’un Stephen King (et pourtant !)

C’est un ouvrage que l’on devrait étudier à l’école si ce n’est pas le cas. Il démontre parfaitement comment la bêtise et l’ignorance peuvent pourrir la vie de milliers de gens. Leur donner une mauvaise image d’eux-mêmes, les empêcher d’étudier, de se déplacer, de vivre normalement !

Suite à son enquête, ce journaliste a dû se résoudre à déménager avec sa famille (et ses parents ont également vendu leur maison pour aller ailleurs) à cause des menaces qui pesaient sur eux. Et à cause des regards réprobateurs ou menaçants d’anciens voisins ou amis…

Je suis encore sous le choc de cette lecture, terminée ce matin. J’ai pourtant lu d’autres livres sur la ségrégation. Mais celui-ci est un peu différent. Il montre le quotidien des Noirs en 1959 (la ségrégation sera abolie en 1964) dans certains états du sud.

Je commençais à avoir soif et demandait à Sterling où je pourrais trouver à boire. “Va falloir être prévoyant maintenant, dit-il. Vous ne pouvez plus agir comme lorsque vous étiez un homme blanc. Vous ne pouvez pas entrer n’importe où et demander à boire ou utiliser les lavabos. Il y a un café pour Noirs au Marché Français à deux rues d’ici. On vous y servira à boire. Le cabinet le plus près c’est celui d’où vous venez. Mais attendez, j’ai de l’eau.” Il alla derrière son échoppe chercher une grande boite de conserve munie d’un fil de fer en guise d’anse. Un peu de cendre flottait sur l’eau. Je soulevai le seau et bus.

Une lecture que je vous recommande vivement !

Et regardez la vidéo ci-dessous (elle ne dure que quelques minutes)

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D’autres romans adultes qui parlent de ségrégation : Nina Simone, Mélodie de la lutteLes braves gens du Tennessee

Plus quelques romans jeunesse sur le même thème

Un roman qui participe à trois challenges

L’African-American History Month chez Enna

Le tour du monde en 80 livres chez Bidib

monde

Et pour 2023 sera classique, challenge qui se déroule sur ce blog et chez Blandine

2023

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