Albums poétiques…

Il fait beau ? Les petits oiseaux chantent ? C’est le printemps ?

Je ne sais pas, mais en tout cas j’avais envie de vous parler de 4 albums que je trouve plein de poésie (une fois n’est pas coutume, je ne suis pas très calée en poésie, mais bon, je me lance !)

Il s’agit de 4 albums que vous connaissez peut-être, certainement même pour au moins l’un d’entre eux :
Gilberto et le vent / Frédéric et compagnie / Empreintes et ombres / Un noël noir et blanc

 

Gilberto et le vent 

 Marie Hall Ets

Ed : L’école des Loisirs (1982)

Gilberto-et-le-vent

 

 Gilberto s’amuse dans le vent taquin qui souffle, secoue le linge mis à sécher et couche l’herbe de la prairie.

Une histoire toute simple, illustrée avec fraîcheur.

Les dessins sont très doux et les couleurs le plus souvent pastel.

Ce qui m’a le plus plu dans ce livre : sa grande douceur (même quand le vent souffle fort !).

Ce livre (malheureusement épuisé) est un vrai coup de cœur !

Thèmes : Enfance / Vent / Jeux / Album

 

 

Frédéric et compagnie 

Léo Lionni

L’école des loisirs (2002)

 

 

C’est l’été et les petits mulots travaillent dur en prévision de l’hiver, ils ramassent des noisettes, du blé, toute sorte de nourriture.

 Seul Frédéric semble se prélasser au soleil : en fait, il fait lui aussi des provisions, elles sont juste un peu différentes…

Un album également très doux et très poétique ! Les dessins sont très simples (on dirait des collages) et le texte très mignon. J’adore !

 A partir de 4/5 ans –  Ce titre est malheureusement épuisé, si vous en avez un, gardez le précieusement !

Thèmes : Mulots (souris) / Poésie / Album / Couleurs

 

Empreintes et ombres

 Anne Wescott Dodd

Ill. : Henri Sorensen

 Ed. F. Deflandre (1994)

«Les traces de pas se dessinent, puis s’effacent. (…)

Les empreintes se dessinent, puis s’effacent. (…)

Les ombres se dessinent, puis s’effacent. (…)

 Plus les heures passent, plus elles deviennent petites. (…)

Les ombres se dessinent, puis s’effacent, mais elles ne laissent jamais d’empreintes… »

 Encore un album que j’ai trouvé plein de poésie et de douceur

 Il n’y a pas d’histoire à proprement parler, juste le temps qui passe, mesuré par les ombres… Des jeux d’ombres et de lumière, des empreintes qui s’effacent…

J’adore les illustrations, on dirait de la peinture, elles sont très belles et très douces (et accompagnent parfaitement le texte !).

 Pour ceux qui voudraient s’amuser : Un pdf spécial jeux d’ombres

Thèmes : Empreintes / Ombres / Album / Lumière / Poésie

 

Un Noël noir et blanc

 Sur les traces de Claude Monet

Hélène Kérilis

 Ed. Magnard (2004)

« C’est le soir. Assise par terre devant la cheminée, Camille s’inquiète. Son vieux chien Sasko a disparu. Il a dû partir loin, très loin dans la forêt. D’habitude, il rentre bien avant la nuit… »

  Une très jolie histoire (même si elle est un peu triste car cela parle de la perte d’un animal familier) construite à partir d’un tableau de Claude Monet “La pie”.

Ce sont des morceaux du tableau qui illustrent le récit, qui peut convenir à de jeunes lecteurs (peu de texte par page et une écriture assez grosse).

  Thèmes : Peinture / Enfance / Album / Deuil / Neige

 

 

 

 

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L’enfant de Colas Gutman

Roman jeunesse dès 7 ans

L’enfant

de Colas Gutman

illustré par Delphine Perret

Ecole des Loisirs , 2011
Mouche
9782211206136

Thèmes : enfance

***

              Léonard n’aime pas la campagne. Pourtant, chaque week-end ses parents l’y traînent de force. Au détour d’un sentier sous la pluie, il rencontre un mouton. Sauf qu’il n’est pas aussi ennuyeux que les autres animaux puisqu’il parle. Et ce mouton pose une étrange question “Tu sers à quoi?”. Léonard tente de répondre  “Un enfant, ça sert à devenir quelqu’un plus tard !” mais très vite d’autres animaux s’approchent d’eux et cherchent aussi à savoir à quoi sert cet étrange animal sur deux pattes. Une réflexion sur l’enfance par un enfant ! C’est  sympathique mais certaines choses ne m’ont pourtant par convaincue…

Quand un loup apparaît dans l’histoire, la réflexion avance… mais même le loup ne sait pas à quoi sert Léonard, puisqu’il est tout pollué!

Léonard, ce petit garçon est vraiment un personnage sympathique qu’on prend plaisir à découvrir au fur et à mesure de son échange, mais ce sont réellement les animaux qui sont intéressants par leurs réflexions et leur humour !

Une histoire à découvrir pour son humour décalé !

Extraits :
“Pardon, mais t’es quoi, toi ?
Comment ça, je suis quoi ?
Ben oui, t’es quoi comme animal ?
J’ai pensé: “Houlala, je dois être dans la campagne profonde dont m’a parlé maman, pauvre mouton, il n’a jamais vu d’enfant de sa vie” !
Je ne suis pas un animal, j’ai dit, je suis Léonard
C’est comme un léopard ? m’a demandé le mouton
Non, c’est mon prénom
Toi, par exemple, tu t’appelles comment ?
Mouton “

 

+ challenge Petit Bac

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Petites scènes capitales – Sylvie Germain

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rentrée littéraire 2013

avis de lecteurs

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Rentrée littéraire 2013
roman adulte

Petites scènes capitales

de Sylvie Germain

Albin Michel, 2013

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Sylvie Germain nous livre dans ce roman une suite de petites scènes de la vie de Liliane. Des scènes capitales, celles qui rythment sa vie. Peu importe les entre-deux, l’auteur se concentre sur ces tranches de vie qui sculptent l’héroïne. Moments cruciaux rarement heureux. Les morts s’enchaînent.

Une vie de rebondissements négatifs en quelque sorte que l’on a du mal à croire tant ils sont accumulés, accolés les uns aux autres. Une vie pourtant et le bonheur d’être en vie.

D’une écriture recherchée Sylvie Germain nous dresse le portrait d’une génération d’après guerre où mai 68 laisse une emprunte libertaire et des slogans révolutionnaires.

A trop passer sur les détails pour se concentrer sur l’essentiel on perd un peu de l’essence du personnage. Pourtant l’auteur n’est pas exsangue de réflexion. L’ensemble du récit est indirect, pas de dialogues, tout se passe à posteriori et l’emploi de la troisième personne nous rend extérieur au récit. Spectateur d’une histoire qui traverse les années.

Un roman magnifiquement écrit qui nous conte la vie d’une héroïne singulière mais finalement peu attachante. Une ode à la vie et à l’amour qui passe par la mort et nous invite à découvrir l’histoire d’une génération.

Muette d’Eric Pessan

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 Toute la rentrée littéraire 2013, 
avis de lecteurs 

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Roman adulte
Rentrée littéraire 2013

Muette

d’Eric Pessan

Albin Michel, août 2013
224 pages

Muette n’est pas un adjectif ici, c’est un nom. Celui de la narratrice. Il ne la qualifie pas d’ailleurs, puisque cette grande adolescente n’est pas muette. Elle est plutôt rendue muette.

Muette est en fuite. Elle fugue. Non loin de chez elle, dans la campagne qu’elle connait bien. Elle s’est préparée, semble réfléchie. En la suivant dans sa fuite nous allons découvrir son quotidien, ses obstacles et ses peurs mais surtout nous allons tisser la toile de son passé, apprendre peu à peu à la connaître et à  comprendre cette fugue.

Une histoire assez banale en apparence que celle de cette jeune femme qui ne se sent pas à sa place, mais c’est beaucoup plus que cela. Coincé entre un père présent mais trop occupé et une mère au contraire omniprésente, Muette n’a pas la place d’exister. Et cette mère omniprésente nous la côtoyons un peu aussi, d’une certaine manière….

La grande force de ce roman, ce qui fait son originalité et son attrait, c’est le jeu de la narration. Eric Pessan pour nous faire ressentir le mal être de Muette et l’omniprésence aliénante de la mère insère dans le récit des réflexions maternelles, en italique. Celles que la mère aurait pu faire / aurait fait / a fait à ce moment là, dans cette situation là. Ces phrases en italique coupent réellement le récit, n’hésitant pas à s’interposer au milieu des phrases, des pensées, des situations. Et pourtant ses phrases s’intègrent aussi souvent comme une continuité des pensées de Muette. La résistance de cette jeune fille contre la vie qu’on lui impose se fait sentir dans son désir profond de s’intégrer dans la nature, de disparaître.

Omniprésence parentale donc qui sonne dans l’absence et impose un rythme très particulier au récit, sans pour autant le rendre bancal. En cassant l’apparente monotonie de cette histoire simple, Eric Pessan touche le lecteur, le surprend avec de magnifiques moments d’émotion mais aussi avec une douce tristesse.

« La nuit, déjà, et Muette écoute vibrer les insectes, glissée jusqu’au nez dans son sac de couchage. Elle a chaud mais ne peut se résoudre à se découvrir. Dehors, dans le grand monde, des gens courent à sa recherche, elle n’a plus de doute à ce sujet. Elle y est. Elle a grand ouvert les portes de sa vie. »

Rentrée 2013 +Un coup de coeur pour  Jostein

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2013

+ D’autres titres de l’auteur : Incident de personne (Albin Michel, 2010)