L’étang aux libellules d’Eva Ibbotson

L’étang aux libellules

d’Eva Ibbotson

roman historique adolescent

Albin Michel (Wiz), 2011
978-2-226-20937-5, 17€
456 pages

 

 

L’étang aux libellules était hors du temps, à l’abri de la guerre : protégé, intime, magnifique…
Le roi de Berganie vient d’être assassiné pour s’être opposé à Hitler. Un groupe d’enfants va venir en aide au jeune prince héritier désormais menacé. A leur tête, une fougueuse jeune fille, Tally, éprise de liberté et “résistante” sans le savoir.

 

Quel magnifique roman! Un brin historique sans l’être totalement, poétique et dynamique… une véritable réussite. Sauf que voilà, je l’ai lu il y a déjà un moment… et je n’ai pas eu le temps de faire l’article. Alors voilà aujourd’hui que je me met à écrire, je me souviens clairement que ce roman est un coup de coeur, je me suis laissée complètement porté par l’histoire… mais pour les détails et vous dire vraiment pourquoi, cela va être plus dur. Je déteste cela, car j’ai vraiment envie de vous donner envie de lire ce livre qui a su me toucher… et ses plus faciles avec des arguments. Bon essayons quand même.

Tally est une jeune fille fougueuse, terriblement attachante. D’une famille étrange mais tendre, elle se voit contrainte de partir en pensionnat… pour y poursuivre ses études mais aussi parce que les rumeurs de la guerre atteignent Londres. Un pensionnat bien étrange, mais tellement charmant. Pas de luxe mais la nature et des cours qui la mettent en valeur. Pas de professeurs stricts mais des artistes ou des scientifiques passionnés. Et Mattéo. Professeur intriguant et mystérieux.

Malgré la guerre qui s’approche, une réunion de jeunes européens musiciens est organisée en Berganie, petit royaume du coeur de l’Europe. Alors Tally, éprise de liberté, qui rève de paix, convainc son école de participer. Un long périple, de nombreuses aventures et péripétie, de nouveaux personnages, des rois, des princes, et toujours de magnifiques paysages, du courage, de l’amitié…

Un fameux mélange avec un brin de Fifi Brindacier, un soupçon de Journal d’un princesse, de l’histoire et un grand bol de liberté et de résistance. Un roman décalé qui ne présente pas la guerre comme on a l’habitude de la lire, mais qui offre un regard emprunt de poésie sur cette période difficile. Si on croise bien quelques allemands nous sommes loin des bombes et de la situation française. Trop décalé et inventé peut être pour les puristes de l’histoire, mais moi j’ai vraiment apprécié cette histoire, cet univers poétique, et ces personnages! J’ai même été surprise, par toujours, mais quand même, j’aime les surprises!

En conclusion je ne sais pas si j’aurai su vous inciter à lire ce livre, pourtant il le mérite, sans que je sache l’expliquer. Juste comme ça d’ailleurs, sans explication. Pour le plaisir.

tea2 Première lecture dans le cadre du mois anglais,
organisé par Lou, Cryssilda et Titine (jusqu’au 15 janvier)

Semaine Spéciale Première Guerre Mondiale

En cette semaine du 11 novembre, j’ai décidé de faire une thématique, un peu comme pour Halloween :) Ce n’est donc pas de vampires que nous allons parlé, mais de guerre, de la Grande Guerre, celle de 1914 1918, celle des tranchées : la Première Guerre Mondiale. Le sujet n’est pas très gai, mais je vous présenterai plusieurs livres jeunesses, permettant d’aborder le sujet à tous les âges, ou presque…

Pour aujourd’hui, pas de critiques, mais une bibliographie évolutive, que je compléterais selon vos propositions, et mes découvertes. La liste ne pourra pas être exhaustive bien sûr, mais ce sera toujours un bon début!

Quelques ressources numériques sur la première guerre mondiale

Le site spécialisé de France 5 : Curiosphère
Herodote

L’histoire en questions :
Des anectodes sur la première guerre mondiale, mais pas seulement. (attention site personnel, avec présence de publicité) – Conseillé par Soie

Navires de la Grande Guerre : www.navires-14-18.com/ (Conseillé par Malyss)

 

Littérature jeunesse :
Albums :

Un brave soldat de Nicolas Debon
L’ennemi de Davide Cali et Serge Bloch
L’étoile, le journal d’une petite fille pendant la guerre par Eliane Stern
L’horizon bleu de Dorothée Piatek (existe aussi en roman)
Lulu et la Grande Guerre de Fabian Grégoire
La nuit D’Ylang Ylang de Frederic Toussaint
Zappe la guerre de Pef

 

Romans école (8-11 ans) :

De la guerre à la mer de Gilles Fresse
Grandes vacances 14 – 18 de Jeanne Lebrun
La trêve de Noel de Morpurgo (conseillé par Heureuse)
Les soldats qui ne voulaient plus se faire la guerre d’Eric Simard

 

Romans collège (11-15 ans) :

Rose, France 14 -18 de Thierry Aprile
Le bonheur d’Eliane de Philippe Barbeau
Le Grand théâtre de Colette Blanluet
Le journal d’Adèle de Paule du Bouchet
A la vie, à la mort de Paule du Bouchet (nouvelles)
Bleu, chien soleil des tranchées de Patrick Bousquet
Spirit Lake de Sylvie Brien
La maison aux 52 portes d’Evelyne Brissou Pellen
Une soupe aux herbes sauvages
d’Emilie Carles

Frères de guerre de Catherine Cuenca
La marraine de guerre de Catherine Cuenca
Un petit regain d’enfer de Robert Deleuse
La guerre sous mon toit d’Anne Fine
Haumont 14-16 l’Or et la boue de Christophe Lambert
Le bruit du vent d’Hubert Mingarelli
Soldat Peaceful de Michael Morpugo
Cheval de guerre de Michael Morpugo
Loïse en sabots d’Anne Pierjean
Verdun 1916, Un tirailleur en enfer d’Yves Pinguilly
Promenade par temps de guerre d’Anne Marie Pol
La prophétie de l’oiseau noir de Marcus Sedgwick
Il s’appelait le soldat inconnu d’Arthur Ténor
Mémoire à vif d’un poilu de 15 ans d’Arthur Ténor

Documentaires :

Horreur dans les tranchées. 1914-1918 – Milan (Quelle Histoire)
La première guerre mondiale – Gallimard (les Yeux de la Découverte)
14-18 des hommes dans la grande guerre – Casterman
La guerre 1914-1918 – Fleurus (Grande Imagerie)
J’ai vécu la première guerre mondiale – Bayard jeunesse (j’ai vécu)
La première guerre mondiale – Fleurus (Voir l’histoire) avec DVD Rom


Littérature adulte
(uniquement des romans) :

Aurélien de Louis Aragon
Le feu d’Henri Barbusse
Joyeux Noel de Christian Carion
La der des ders de Didier Daeninckx
Les croix de bois de Roland Dorgelès
La chambre des officiers de Marc Dugain
Dans la guerre d’Alice Ferney
Ceux de 14 de Maurice Genevoix
Le grand troupeau de Jean Giono
Derrière la colline de Xavier Hanotte (conseillé par Manu)
L’adieu aux armes d’Ersnest Hemingway
Un long dimanche de fiançailles de Sebastien Japrisot article chez Soie
Orage d’acier d’Ernst Junger
L’équipage de Joseph Kessel
La rafale des tambours de Carole Ann Lee (conseillé par Leillona, Article chez Cynthia)
A l’ouest rien de nouveau de E. M. Remarque
Paroles de Poilus article sur mon blog 
La peur de Gabriel Chevalier (conseillé par Margaux)
Les enfants de la patrie de Pierre Miquel (une série en 4 tomes) (conseillé par Margaux)

BD

Putain de guerre (2tomes) de Tardi (conseillées par Alex)

N’hésitez pas à conseiller d’autres livres ou bien à donner vos liens ! 

Le journal d’Adèle de Paule Du Bouchet

Roman  jeunesse autour de la première guerre mondiale

Le journal d’Adèle
Paule du Bouchet

 Gallimard Jeunesse, 2007
Folio Junior 876, 140 pages
 978-2-07-061296-3, 5,50 €

  

Thèmes :  Mort – Histoire – Amitié – Amour – Famille – Ferme – France – Première Guerre mondiale – Journal intime

Présentation de l’éditeur :
“Jeudi 30 juillet 1914…
Adèle commence le journal qu’elle a reçu pour Noël : un ami auquel elle peut raconter sa vie, confier ses espoirs, ses craintes et ses secrets. Les années passent dans le petit village de Crécy, en Bourgogne, rythmées par les travaux des champs, les nouvelles du front… La guerre tue, mutile les soldats, affame les gens de ” l’arrière “, endeuille les campagnes. Adèle grandit et rêve de devenir institutrice dans un monde meilleur…”

Résumé :

Tout au long de la guerre, Adèle, jeune adolescente va tenir son journal intime. Nous allons donc la suivre, non pas pas à pas, au jour le jour, mais au gré de ses envies, et de évènements de sa vie. En effet nous sautons parfois de longue période. Adèle va suivre des cours, aider à s’occuper de la ferme, et même devenir Marraine de Guerre.

Avis :

Un livre très facile, abordable même pour les faibles lecteurs. Le fait que le journal intime ne soit utilisé que pour certains passages de sa vie rend le livre dynamique et permet d’accrocher facilement à l’histoire. Des élèves de 3ème ont été ravi, des élèves de 6ème aussi… comme quoi…

Personnellement j’ai trouvé l’histoire belle, pleine d’humanité, et traitant de façon très juste de la guerre, sans pour autant se situer dans les tranchées, comme beaucoup de livre sur cette période. Voir la vie quotidienne à l’arrière, c’est très intéressant aussi, cela permet mieux se rendre compte de l’ampleur des dégâts d’une guerre…


Extraits :
Extrait audio de Gallimard jeunesse

 La Fiche pédagogique du Journal d’Adèle pour une utilisation scolairesur le site du Cercle de l’enseigment, Gallimard Jeunesse

+ Les avis de Stephie, Esmeraldae, Pimprenelle,

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Paroles de Poilus

Paroles de Poilus : lettres et carnets du front 1914 – 1918

Sous la direction de Jean-Pierre Guéno

 Librio / France Bleu, 1998

Collection : Documents
 186 p.
9782290335345,  3€


Documentaire / Oeuvre épistolaire

Thèmes : Première Guerre Mondiale, Lettres, Poilus

Présentation de l’éditeur :
Ils avaient dix-sept ou vingt-cinq ans. Se prénommaient Gaston, Louis, René. Ils étaient palefreniers, boulangers, colporteurs, bourgeois ou ouvriers. Ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers…

Voyageurs sans bagage, ils durent quitter leurs femmes et leurs enfants et revêtir l’uniforme mal coupé, chausser les godillots cloutés… Sur huit millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de deux millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de quatre millions subirent de graves blessures..

Huit mille personnes ont répondu à l’appel de Radio France visant à collecter les lettres, jusqu’ici éparpillées, de ces Poilus. Cet ouvrage en présente une centaine.

Des mots écrits dans la boue et qui n’ont pas vieilli d’un jour. Des mots déchirants, qui devraient inciter les générations futures au devoir de mémoire, au devoir de vigilance comme au devoir d’humanité…

Résumé / Avis

Rangées en fonction des saisons, les dates se mélangent, mais les mots sont tendres et durs à la fois, parfois trompeurs, souvent  ravageurs. Quelle puissance dans ces mots, de ces inconnus, qui ne sont pas écrivains. Ce sont des gens comme tout le monde, témoins bien contre eux de leur temps, de cette guerre. Par leurs lettres, leurs carnets, ils ont écrit le monde, le monde du sang et de la guerre, des tranchées, des poux, des rats… Mais c’est aussi toute la tendresse, l’amour qui se dégage de ces mots qui font de ce recueil une petite perle d’humanité. Avant beaucoup de ces lettres, quelques lignes italiques nous narrent la vie du poilu qui écrit, son âge, son origine, sa position dans l’armée et sur le front, et puis malheureusement, bien souvent, la date à laquelle il a été tué au combat.


Extraits :
Mercredi 5 mai
1915.

Chérie,Voila le baptême du feu, c’est chose tout à fait agréable, tu peux le croire, mais je préférerais être bien loin d’ici plutôt que de vivre dans un vacarme pareil. C’est un véritable enfer. L’air est sillonné d’obus, on n’en a pas peur pourtant:nous arrivons dans un petit village, ou se fait le ravitaillement; là, on trouve dans des casemates enfoncés dans la terre les gros canons de 155 ; il faudrait que tu les entendes cracher,  ceux-la; ils sont à cinq kilomètres des lignes, ils tirent à 115 sur l’artillerie “boche”.On sort du village à l’abri d’une petite crête, là commencent les boyaux de communication; ce sont de grands fossés de 1 mètres de large et de deux mètres de profondeur; nous faisons trois kilomètres dans ces fossés, après on arrive aux tranchées qui sont assez confortables.De temps en temps, on entend siffler quelques balles, les “boches” nous envoient quelques bombes peu redoutables; nous sommes à deux cents mètres des “boches”, ils ne sont pas trop méchants. Je me suis promené à huit cents mètres sur une route, à peine si j’en ai entendu deux siffler; nous avons affaire à des Bavarois qui doivent en avoir assez de la guerre, ça va changer d’ici quelques jours.Nous faisons des préparatifs formidables en vue des prochaines attaques. Que se passera-t-il alors, je n’en sais rien, mais ce sera terrible car à tout ce que nous faisons nous prévoyons une chaude affaire. J’ai le coeur gros mais j’attends toujours confiant ; nous prévoyons le coup prévu avant dimanche.Si tu n’avait pas de mes nouvelles après ce  jour,c’est qu’il me sera arrivé quelque chose, d’ailleurs tu en seras avertie par un de mes camarades.Il ne faut pas se le dissimuler, nous sommes en danger et on peut prévoir la catastrophe; sois toujours confiante malgré cela parce que tous n’y restent pas.
Alphonse.

Neuf jours après avoir écrit cette lettre ,Alphonse a été tué par un obus.

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13 novembre
1916

Chers
parents,

[…] Il y a beaucoup de poilus qui se font encore évacuer aujourd’hui pour pieds gelés. Quant aux miens, ils ne veulent pas geler, malheureusement car je voudrais bien une évacuation aussi. Il n’y fait pas bon ici en arrière : ce sont les avions qui font des ravages terribles et en avant c’est loin de marcher comme les journaux vous annoncent. Ceux-ci sont des bourreurs de crâne pour encourager le civil, n’y croyez rien, comme je vous ai déjà dit, c’est la guerre d’usure en bonshommes, en tout. Je termine pour aujourd’hui en vous embrassant de grand coeur.

Votre fils
dévoué,

Auxence

Auxence avait 21 ans, il est mort en avril 1918, dans la Somme.”

 

Je vous conseille vraiment de lire ce livre… Il est à la fois très peu cher et vraiment facile à lire, puisqu’il est tout à fait possible de ne lire qu’une ou deux lettres…

 Ce livre existe aussi en version BD, mais je n’ai pas eu l’occasion de le lire.

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :