Blanc autour – BD sur la ségrégation

blanc
Et si l’éducation pour tous devenait une priorité ?
BD Ados/Adultes

BLANC AUTOUR

Wilfrid Lupano & Stéphane Fert

Dargaud (2020)

* *** *

Blanc autour, c’est l’histoire d’une école pour jeunes filles. Et ça se passe aux États-Unis, à Canterbury, en 1832. La directrice de l’école, Melle Prudence Crandall, est une jeune femme très ouverte. Alors quand Sarah, une jeune fille noire intelligente et très curieuse, vient lui poser des questions (entre autre sur la réfraction de la lumière), elle décide de lui ouvrir les portes de l’école. Mais, bien évidemment, ça ne va pas plaire à tout le monde ! D’autant plus qu’elle ne va pas s’arrêter là…

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Une préface assez courte (une page à peine) nous explique d’où vient cette histoire. Et une postface de plusieurs pages, signée Joanie DiMartino, Conservatrice du musée Prudence Crandall, nous raconte la vie de ces jeunes filles prêtes à risquer leur vie pour apprendre.

Comme à chaque fois que je lis quelque chose à propos de racisme ou de ségrégation, je suis outrée. Je n’ai jamais compris comment on pouvait reprocher à quelqu’un sa couleur de peau. C’est tellement loin de la façon dont j’ai été élevée ! Bref.

Une lecture intéressante qui m’a appris des choses (j’aime !)

+ un dessin aux couleurs douces (et des cases sans “tour”, j’aime aussi)

= Un très bon moment de lecture !

Et une bd que l’on devrait trouver dans les CDI des collèges et lycées…

https://www.dargaud.com/sites/dargaud.com/files/styles/landscape_w800/public/2020-12/71_BLANCAUTOUR_00.jpg?itok=GEx75eIY

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Lire les premières pages (site de l’éditeur)

Une interview de Wilfrid Lupano

Pour en savoir un peu plus sur Nat Turner

De Wilfried Lupano, nous vous avons présenté : Le singe de Hartlepool (Sophie) (Nathalie), Ma révérence, Les vieux fourneaux, Un océan d’amour et Communardes !

De Stéphane Fert, déjà présenté sur ce blog : Peau de Mille Bêtes et Morgane

Et si je ne vous ai pas convaincu, allez voir les avis de Jérôme, Noukette ou Bidib !

https://www.actuabd.com/local/cache-vignettes/L672xH560/672x560_actuabd_laureat_21-874e0.jpg?1623193183

Cette semaine, nous sommes chez Moka au milieu des livres

Ruby tête haute – Album sur la ségrégation

RubyHistoire d’une fillette qui voulait aller à l’école
Album à partir de 9 ans

RUBY TÊTE HAUTE

Irène Cohen-Janca & Marc Daniau

Les éditions des éléphants (2017)

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Avec le soutien d’Amnesty International

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Comme tous les jeudis matin, la maîtresse nous montre la reproduction d’un tableau. Aujourd’hui, c’est une petite fille qui porte des livres et qui est entourée de 4 policiers. Elle nous demande ce qu’on en pense. Les réponses fusent : “Ses parents sont riches et ils ont peur qu’elle se fasse kidnapper.” “Non, elle a fait une bêtise et on l’emmène en prison”. “Elle ne veut pas aller à l’école, alors on a envoyé les policiers la chercher…”

Dès le lendemain, la maîtresse nous a expliqué l’origine du tableau. En 1960, Ruby Bridges avait 6 ans et elle habitait en Louisiane, un état du sud des États-Unis. Après avoir passé un examen difficile, elle a été accepté dans une école de “blancs”. Le jour de la rentrée, elle avait mis sa plus belle robe. Il y avait beaucoup de gens dans les rues et Ruby s’est même demandé si ça n’était pas le carnaval, car ils faisaient beaucoup de bruit et de grimaces…

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https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/e/ed/The-problem-we-all-live-with-norman-rockwell.jpg/300px-The-problem-we-all-live-with-norman-rockwell.jpg

The problem we all live with – Norman Rockwell (1964)

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Heureusement pour elle, ce jour-là, cette petite fille, Ruby, n’a pas compris que tous ces cris lui étaient destinés. Tout ça parce qu’elle était noire… J’avoue que c’est quelque chose que je n’ai jamais compris. On peut reprocher à quelqu’un son comportement, son caractère mais comment lui reprocher quelque chose dont il n’est absolument pas responsable (et à laquelle il ne peut apporter aucun changement !), comme la couleur de sa peau ? Je trouve ça insupportable.

Bref. L’histoire est amenée de façon très intelligente et le fait que ce soit la petite fille qui la raconte, la met à hauteur d’enfant. Les illustrations sont très colorées et expressives. Et à part une ou deux illustrations, elles sont plutôt gaies et reflètent l’énergie de cette petite fille.

A la fin de l’album, une page documentaire revient sur la ségrégation aux États-Unis, sur le tableau de Norman Rockwell et sur quelques faits liés à cette histoire (avec une photo de Ruby vers 6 ans, adorable !)

Un très bel album ♥

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Pour feuilleter quelques pages (site de l’éditeur)

Sur ce blog, déjà présentés :

Écrit par Irène Cohen-Janca : La tour Eiffel est amoureuse

Illustré par Marc Daniau : Les mille oiseaux de Sadako

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C’est ma quatrième participation au challenge d’Enna, le African American History Month

https://lh3.googleusercontent.com/NJnOLTnUE8fkiZsVl1i1izT7vOHXNGOPHLQjqRId1JpfEFqKWAcUwN5n7GBF_e58zQILzh0WGngvDgQS7ipzPnq9H67GtMd2qXxvM9zbKIbK_MQ3_JAAldd8gaT1e7A3aGkZOMXBvjNJgJZlVIaJ2ATzFmtXj99njz-Et0r3dZ4THrCRoy_YbsiQ7fSYXRv0jyFRP-cYo9yrOw1F__P_zwu6bT0jzmZMF14ZCqb6n9Zz3x0jbt7DYh3OG3VQtqiRyWq5rcm2oI3OQIRVT4GvZXKW-4SyeXbYRAcg5ULbp8QTzveC_2a3NHvwpM5qtgbC0z4XoSSvjTcmO1pxLDrTSFF5fiLh_k_XRaydonBbOofIkq454r8re2zHzgpCLyVwRsvlDPDOoDT_exPnPqM8PFBqZJIXEH_rIe8vt9pZ_3i-YNaqssjQ-ucvhjNVg3XWErvt3XlJpnpfxrU-YGBrykRPrtRiKfXdYecBMXdtE2aw55_lZbv94o058_3V7qw9ovoNWHlwZyTCIYj4YuVSsfkmZxfwrUgVt2WrY0OlW_o2X7JhdY6OlRkWvMobupkxBuGk5pWynXfj1bmXegYuyYl66dl4esZ-rJCgvH01dIMRZquQ28bawqjhlidFq8mkCOjRWrMW_Z46OeCQtp1sRNOt4aWUHVNz=w960-h480-no

D’autres livres, présentés sur ce blog, sur la ségrégation raciale aux États-Unis :

Les Romans

Les Romans jeunesse

Les albums

Les Bandes Dessinées

Les documentaires

En bonus, une chanson qui m’a toujours donné des frissons : “Strange fruit” une chanson écrite par Abel Meeropol et interprétée par Billy Holiday (les paroles et la chanson traduite ici)

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Les 9 de Little Rock – Roman jeunesse

9Neuf lycéens noirs doivent être protégés par l’armée pour aller au lycée…
A partir de 11/12 ans

LES 9 DE LITTLE ROCK
Élise Fontenaille

Collection Histoire et Société

Oskar (2019)

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La photo de couverture est surprenante. Pourquoi ces jeunes lycéens (noirs) sont-ils entourés de soldats armés ? Nous sommes aux États-Unis, en Arkansas, le 4 septembre 1957. C’est le jour de la rentrée scolaire à Little Rock. Neuf jeunes noirs ont été admis (et même soigneusement sélectionnés !) au plus beau et plus ancien lycée de la ville, Central High. Un lycée jusque là exclusivement réservé aux blancs… Mais si la loi dit qu’ils ont le droit d’aller étudier dans ce lycée, la foule est d’un autre avis.

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Qu’a t-il fait ?

Ce jeune homme que vous voyez sortir d’une voiture encadré par des soldats armés n’a rien fait de mal. Il veut juste aller à l’école. Mais à cette époque, avec la ségrégation, bon nombre de bons citoyens de la ville n’étaient pas d’accord et il a fallu que l’armée protège ces jeunes étudiants.

J’ai déjà lu de nombreux textes qui parlent de la ségrégation. Ce qui me perturbe le plus à chaque fois (en dehors du fait que c’est abominable bien évidemment !), c’est que c’est très récent !

1957, ce n’est pas si vieux, cela fait seulement 63 ans !! Si vous n’étiez pas nés (et moi non plus) vos parents, vos grands-parents ont connu cette époque. Et malheureusement, si la ségrégation n’existe plus (officiellement), le racisme, lui, a encore de nombreux adeptes…

Si ce roman-là donne plus de détails politiques et sur la société de l’époque, j’ai malgré tout préféré l’autre roman de cette autrice :  “Dorothy Counts“. On ressentait plus la peur de la jeune fille, c’était plus poignant. Mais vous pouvez lire les deux !

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C’est ma troisième participation au challenge d’Enna, le African American History Month

https://lh3.googleusercontent.com/NJnOLTnUE8fkiZsVl1i1izT7vOHXNGOPHLQjqRId1JpfEFqKWAcUwN5n7GBF_e58zQILzh0WGngvDgQS7ipzPnq9H67GtMd2qXxvM9zbKIbK_MQ3_JAAldd8gaT1e7A3aGkZOMXBvjNJgJZlVIaJ2ATzFmtXj99njz-Et0r3dZ4THrCRoy_YbsiQ7fSYXRv0jyFRP-cYo9yrOw1F__P_zwu6bT0jzmZMF14ZCqb6n9Zz3x0jbt7DYh3OG3VQtqiRyWq5rcm2oI3OQIRVT4GvZXKW-4SyeXbYRAcg5ULbp8QTzveC_2a3NHvwpM5qtgbC0z4XoSSvjTcmO1pxLDrTSFF5fiLh_k_XRaydonBbOofIkq454r8re2zHzgpCLyVwRsvlDPDOoDT_exPnPqM8PFBqZJIXEH_rIe8vt9pZ_3i-YNaqssjQ-ucvhjNVg3XWErvt3XlJpnpfxrU-YGBrykRPrtRiKfXdYecBMXdtE2aw55_lZbv94o058_3V7qw9ovoNWHlwZyTCIYj4YuVSsfkmZxfwrUgVt2WrY0OlW_o2X7JhdY6OlRkWvMobupkxBuGk5pWynXfj1bmXegYuyYl66dl4esZ-rJCgvH01dIMRZquQ28bawqjhlidFq8mkCOjRWrMW_Z46OeCQtp1sRNOt4aWUHVNz=w960-h480-no

Chez le même éditeur, sur la ségrégation également : Deux livres qui parlent de Martin Luther King

D’Élise Fontenaille, déjà présenté sur ce blog (pour les plus jeunes) : On a volé les poules de Clémentine ! et Dorothy Counts, affronter la haine raciale.

Une brève biographie d’Élise Fontenaille sur le site de la Maison des écrivains et de la littérature.

La musique réalisée par Charles Mingus (je la connais depuis très longtemps : père et grand-père fans de jazz oblige ! Mais je ne connaissais pas du tout l’histoire derrière la musique, ni la chanson.) Je n’ai pas trouvé de version chantée… En fait, si, la voilà !

Le bruissement du papier et des désirs – Roman

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Avis aux nostalgiques de “Anne… La maison aux pignons verts” !

Romance historique et familiale

Le bruissement du papier et des désirs
Sarah McCoy

Michel Lafon (2019)

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1837. Canada. Île-du-Prince-Édouard. La famille Cuthbert mène une vie paisible et campagnarde dans sa maison aux pignons verts. Le fils, Matthew, 21 ans, s’occupe des champs et des bêtes avec le père, Hugh. La fille, Marilla, n’a que 13 ans, mais elle a quitté provisoirement l’école pour aider sa mère à la maison. En effet, celle-ci est enceinte de 8 mois et doit rester couchée le plus possible, ayant fait, par le passé, de nombreuses fausses couches. Ce jour-là, Marilla est un peu nerveuse, car ils attendent la venue de la sœur de sa mère, sa tante Izzy, qu’elle n’a pas vu depuis l’âge de quatre ans et dont elle n’a absolument aucun souvenir…

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Si vous avez lu le roman “Anne… la maison aux pignons verts“, le résumé ci-dessus a dû vous rappeler quelque chose. Dans “la maison aux pignons verts“, Matthew et Marilla, se sentant vieillir, décident d’adopter un petit orphelin pour les aider à la ferme.

Dans ce roman-ci, sorte de “prequel”, on retrouve ces mêmes personnages, Matthew et Marilla, mais ils sont beaucoup plus jeunes.

Je ne suis pas une spécialiste d’Anne, la maison… Mais en lisant cette histoire, j’ai retrouvé ce côté “nature” et désuet qui m’avait beaucoup plu dans l’histoire d’Anne. Et cela m’a de nouveau donné envie d’aller là-bas ! Bon, il y a aussi des moments où j’ai eu bien envie de mettre quelques claques à Marilla… Preuve que j’étais totalement immergée dans cette histoire qui m’a beaucoup plu !

Par contre, pourquoi ce titre “Le bruissement du papier et des désirs” qui ne veut rien dire ? Il aurait été plus judicieux de traduire simplement le titre anglais “Marilla of Green Gables”…

A mon avis, Sophie ne saurait tarder à nous donner le sien, et, elle, c’est une connaisseuse !!

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Extrait :

“Pourtant, certains jours, Marilla n’avait pas envie de coudre à côté de sa mère, ni de suivre son frère dans leur jardin à la lisière du pâturage. Certains jours, aussi immoral que cela pût être, Marilla voulait profiter de la journée comme il lui plaisait. Quand elle parvenait à se libérer, elle courait dans les bois de sapins baumiers avec ses magazines et suivait le ruisseau vers l’endroit où il se jetait dans une petite mare séparée en deux par un érable qui poussait en plein milieu. Elle s’asseyait sur son île avec l’eau qui clapotait autour d’elle et lisait jusqu’à ce que le soleil commence à filtrer à travers les arbres.”

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Du même auteur, j’ai lu (présentés sur un autre blog à l’époque) :

Le souffle des feuilles et des promesses (2017)

Un parfum d’encre et de liberté (2016)

Et mon préféré : Un goût de cannelle et d’espoir (2014)

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Ce roman participe à deux challenges (les deux chez Enna !!) L’African-American History Month et le Petit Bac catégorie “Lecture”