La revanche des princesses d’Anne-Fleur Multon, Alice Brière-Haquet, Carole Trébor, Clémentine Beauvais, Charlotte Bousquet et Sandrine Beau

Des princesses hors normes, qu’elles soient de sang bleu ou jeunes filles rebelles. Un recueil délicieusement féministe!

Roman illustré à partir de 8 ans

La revanche des princesses

d’Anne-Fleur Multon,
Alice Brière-Haquet,
Carole Trébor,
Charlotte Bousquet,
Sandrine Beau
et Clémentine Beauvais

 

Editions Poulpe fictions,
illustrations de Kim Consigny
14,95 euros

Thèmes: conte, féminisme, humour, princesses rebelles

 

« 6 grandes voix de la littérature de jeunesse. 6 histoires de princesses audacieuses et décalées!

Parce que les princesses ne sont pas toutes de belles endormies, de délicates rêveuses, de romantiques filles sages, ou pas seulement, ou pas toujours… Les princesses prennent leur revanche!

Ici, lassées d’attendre qu’un prince vienne enfin les rejoindre, elles partent elles-mêmes à l’aventure! Tour à tour espiègles, courageuses et rebelles, au théâtre comme en forêt profonde, rien ne les arrête.

Un beau recueil richement illustré à offrir aux lecteurs à partir de 8 ans, signé par 6 autrices:

Sandrine Beau: «Tapisserie, jarrets dodus & dragon rugissant»,

Clémentine Beauvais: «La Belle et la Bête»,

Charlotte Bousquet: «La Flamme de cristal»,

Alice Brière-Haquet: «#Charming»,

Anne-Fleur Multon: «La Princesse est en colère»,

Et Carole Trébor: «La Princesse aux mille et un reflets». »

 

« La revanche des princesses » est une très  belle découverte ! Ce recueil fait parfaitement écho à l’actualité, les jeunes femmes présentées ici se battent pour le droit des femmes en général puisque leurs revendications ne concernent pas uniquement la royauté.

Elles crient haut et fort leur ras-le-bol et n’hésitent pas à bousculer les codes pour faire valoir leurs droits. Notamment le droit de ne pas être une belle poupée qui attend patiemment l’arrivée du prince charmant. Mais aussi le droit de ne pas être parfaite en toutes circonstances (j’ai beaucoup ri en lisant le passage où une certaine princesse refuse de s’épiler les jambes).

Dans « La revanche des princesses », ces dernières démontrent qu’elles sont maîtresses de leur propre vie. Peu importe les dangers qu’elles encourent et les détracteurs qu’elles rencontrent.

Originalité supplémentaire: les différents tons des récits. En effet, étant donné qu’il y a six histoires, il y a bien évidemment six styles différents. Les autrices apportent leur vision du monde et du combat à mener. On passe de l’humour à la contestation sans que le dessin n’en pâtisse.

En effet, Kim Consigny retranscrit à merveille l’atmosphère de chaque univers dans ses illustrations. Illustrations d’ailleurs très douces, aux multiples détails. Les jeux d’ombre insufflent le dynamisme nécessaire, les couleurs deviennent donc superflues. C’est pourquoi le fait que tous les dessins soient en noir et blanc, excepté l’illustration de couverture, n’est pas déplaisant.

De l’humour il y en a donc à revendre dans »La revanche des princesses » mais aussi des messages forts pour les petites lectrices, petites princesses en devenir.

A dévorer sans modération!

~Melissande~

 

+ Une autre histoire de princesses modernes à découvrir ici

+ Clémentine Beauvais nous parle de son héroïne

+ Le site de l’éditeur (avec une vidéo de présentation et un extrait)

+ D’autres livres des autrices présentés sur Délivrer des Livres : Carole Trebor, Clémentine Beauvais, Sandrine Beau, Charlotte Bousquet – que de chouettes auteures dont nous avons présentés plein de supers livres très variés au fil des années !

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Libérez l’ours en vous – Carole Trébor

Libérez l'ours en vousRoman pour adolescents, dès 13 ans
Vie quotidienne et théâtre

Libérez l’ours en vous

de Carole Trébor

Syros, 2018
9782748521306 – 17,95€

Loin de ses récits fantastiques comme Nina Volkovitch ou de science-fiction avec U4, Carole Trébor nous propose avec Libérez l’ours en vous un récit contemporain, une tranche de vie d’adolescents d’aujourd’hui. Petit clin d’oeil à la Russie tout de même, avec un personnage d’origine russe, Kolia, mais pour le reste, on est dans la campagne française. La campagne viticole, facilement raciste, ou tout du moins prompte à ne pas accepter l’étranger.

Libérez l’ours en vous est un récit complexe, avec trois histoires principales imbriquées. Celle d’un groupe de lycéens, impliqués dans un club théâtre. Celle de leur professeur de théâtre, cette année absente pour maladie. Et celle de la pièce de théâtre Merci l’ours écrite par cette professeur de théâtre, et qui raconte sa propre jeunesse. Trois histoires qui ne font que se couper, se mêler, s’entremêler. Des résonances apparaissent entre toutes ces histoires, entre toute ces personnalités et avec Merci l’ours, la pièce de théâtre que les adolescents vont découvrir peu à peu et monter. Les thématiques qui les rapprochent, les font bondir ou exploser…

Dans Libérez l’ours en vous, la galerie de personnages est très large, et tous sont les propres narrateurs, en alternance. Cette profusion de narrateurs, aux histoires complexes, m’a désarçonné. Si j’aime les récits alternés, j’ai trouvé ici que cela desservait parfois l’histoire, car on ne prend pas le temps de s’attacher aux personnages. Kolia par exemple, qui est un des personnages centraux, nous raconte une grande partie de sa vie : la perte de sa mère et de sa grand-mère, sa nouvelle belle-mère, son père qui ne comprend pas sa passion… Pourtant le tout manque d’un petit quelque chose pour que le déclic se fasse réellement. Finalement je crois que ce récit fonctionne un peu comme ça. Soit vous adhérez à Kolia (et Lisa), et vous adhérerez au livre, soit non, et le récit perd une partie de son intérêt.

J’ai lu ce livre en lecture commune avec Lael, ce qui nous a permis d’échanger sur notre ressenti, et la problématique des personnages est vraiment celle qui me semble centrale dans l’appréciation de ce roman. Le côté théâtre, les thématiques abordées, tout le reste est intéressant et offre un beau récit, je regrette donc d’être restée sur ma faim, au point de préférer les petites soeurs aux personnages principaux… Les relations parents – enfants, souvent mises en avant par les personnages, l’immigration, l’humour, tout un tas de petites choses qui font que ce livre reste une belle lecture. Les modalités du récit sont variées, théâtre et narration bien sûr, mais aussi mail, sms, chanson, articles de presse… un mélange réussi.

Libérez l’ours en vous est un roman contemporain qui réussit habilement à allier théâtre et récit moderne, pour autant la galerie de personnage n’a pas réussi à m’entraîner au coeur de cette histoire.


+ la pièce Merci l’ours existe vraiment et a été écrite par Carole Trébor. On peut la retrouver via l’application Syros Live, de même que les chansons qui en font partie.

+ Découvrez l’avis de Lael, qui a, elle, apprécié le personnage de Kolia !

+ Pour la petite anecdote, chaque fois que je parle de ce roman, je veux l’appeler Libérez-vous de l’ours. Un lapsus sans doute révélateur d’une partie du récit, où l’ours n’est pas forcément celui qu’on croit !

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Littérature jeunesse et droit d’auteur

Droit d'auteur 1 Droit d'auteur 2 Droit d'auteur 3 Droit d'auteur 4

Littérature jeunesse et droit d’auteur

Vous, je ne sais pas, mais moi la littérature jeunesse, j’adore… Bon, j’adore lire de manière générale, mais j’ai toujours énormément de plaisir à lire des albums par exemple et malgré le nombre de livres qui sortent chaque année, je suis toujours surprise par les trouvailles des auteurs, leur imagination (Épik au pays des hautes herbes), leurs délires (voir Gilles Bachelet et les tongs…), leur vision des choses (voir Christian Voltz et ses boulons)…

Et je suis sûre que vos enfants, petits ou grands, aiment que vous leur racontiez des histoires. Je suis sûre aussi que s’ils ont eu la chance de rencontrer, soit à l’école, soit à la bibliothèque, un auteur, ils sont, ce jour-là, rentrés à la maison avec des étoiles plein les yeux et un grand sourire…

Si je vous dis ça aujourd’hui, c’est parce que les auteurs sont un peu en colère et j’avoue que je les comprends. Écrire, réécrire, dessiner, gommer, raturer, trouver le bon mot, la bonne rime, la bonne chute, bref créer, ça prend du temps et de l’énergie.

C’est un travail. Vous trouveriez normal qu’un vendeur de vêtements pour enfants gagne moins qu’un vendeur de vêtements pour adulte ? A part la taille des vêtements, le travail est le même, non ? Votre travail, que vous l’aimiez ou non, doit pouvoir vous permettre de vous nourrir et de payer les factures. Pourquoi est-ce que ça devrait être différent pour un auteur jeunesse ?

Bref. Vous avez compris. Pour plus de précision, regardez les schémas sur les images : un auteur « jeunesse » gagne environ 6% du prix d’un livre (6% à diviser par deux si il y a un auteur + un illustrateur !) alors que leurs confrères en littérature « adulte » gagnent 10 à 12%. Cherchez l’erreur…

Dans un article très instructif, Carole Trébor (auteure entre autre de U4. Jules ou encore Nina Volkovitch et actuelle présidente de la Charte) défend ici la cause des auteurs jeunesse.

Vous trouverez ici la pétition de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse qui se bat pour une plus juste rémunération des auteurs et que je ne peux que vous encourager à signer.

A voir, 12 petites vidéos (4/5 minutes chaque) où l’auteur Guillaume Guéraud (connu entre autre pour « Je ne mourrai pas gibier« ) nous raconte avec humour son quotidien d’auteur…

J’avoue être assez mal placée pour donner des conseils d’achat (je vais à la bibliothèque et n’achète que des bouquins d’occasion, faute de moyens) mais si vous le pouvez, privilégiez les petites librairies proches de chez vous, écoutez leurs conseils (ce sont bien souvent des connaisseurs et des passionnés) et surtout, surtout, lisez !

SignatureNat

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U4 * Yannis * Stephane * Koridwen

 

U4U4.YANNIS — Florence Hinckel

U4.STEPHANE — Vincent Villeminot

U4.KORIDWEN — Yves Grevet

U4.JULES — Carole Trébor

 Syros/Nathan (à paraître le 27 août 2015)

Ξ Ξ Ξ

4 auteurs réunis autour d’un projet commun, soutenus par 2 maisons d’éditions = 4 romans et 4 personnages pour 4 histoires (une « même » histoire vécue différemment par chacun !)

Les auteurs ont créé les personnages féminins et les auteures se sont chargées des personnages masculins.

Dans une interview à 4 voix (plus celle qui pose les questions !) les auteurs nous expliquent la naissance du projet : Une rencontre sur un salon en 2013, où un joyeux groupe se forme, des idées jaillissent et décision est prise d’un projet commun.

Dans un petit livret très chouette les deux maisons d’édition nous présentent l’univers post-apocalyptique de ces romans puis chaque roman séparément ainsi que quelques mots de chaque auteur.

Ξ Ξ Ξ

U4Yannis

U4.YANNIS Florence Hinckel

Yannis vit à Marseille. Ses parents et sa petite sœur sont morts. Maintenant, il voit leurs fantômes un peu partout– peut-être qu’il devient fou ? Quand il sort de chez lui, terrifié, son chien Happy à ses côtés, il découvre une ville prise d’assaut par les rats et les goélands, et par des jeunes prêts à tuer tous ceux qui ne font pas partie de leur bande. Yannis se cache, réussit à échapper aux patrouilles, à manger… Mais à peine a-t-il retrouvé son meilleur ami que ce dernier se fait tuer sous ses yeux. Il décide alors de fuir Marseille et de s’accrocher à son dernier espoir : un rendez-vous fixé à Paris…

Mon avis : Yannis est un personnage sympathique, assez « timide » au début, il s’affirme au fil des pages. L’histoire en elle-même n’a rien d’extraordinaire, mais les personnages, l’ambiance, font que l’on y croit et qu’on tourne les pages pour connaître la suite. La fin, qui n’en est pas une, m’a un peu déçue, mais j’attends de lire le 2ème roman (Stéphane) pour avoir une idée plus globale puisque les 4 romans vont ensemble…

Ξ Ξ Ξ 

 

U4.SU4-StéphaneTEPHANE Vincent Villeminot

Stéphane vit à Lyon avec son père, un éminent épidémiologiste. Si des adultes ont survécu, son père en fait partie, elle en est convaincue. Alors elle refuse de rejoindre le R-Point, ce lieu où des ados commencent à s’organiser pour survivre. Elle préfère attendre seule, chez elle, que son père vienne la chercher. Et s’il ne le fait pas ? Et si les pillards qui contrôlent déjà le quartier débarquent avant lui ? Tout espoir s’écroulera, à l’exception d’un seul : un rendez-vous fixé à Paris…

Mon avis : Finalement, j’ai préféré le premier tome que j’ai lu. Tout simplement parce que j’ai préféré le personnage de Yannis, plus humain, à celui de Stéphane, plus dure. Et puis Yannis est un ado équilibré, il a été aimé, il est gentil, il veut juste s’en sortir, rebâtir quelque chose. Alors que Stéphane a plus souffert, on ne sait rien de sa mère, elle a le sentiment que son père s’est plus occupé de son boulot que d’elle, elle pense plus à elle-même qu’aux autres. Je l’ai trouvée beaucoup moins sympathique que Yannis…

Au final, une idée intéressante, des romans agréables à lire, mais le tout ne me laissera pas un souvenir inoubliable… Je ne peux pas en dire beaucoup plus pour ne pas dévoiler l’histoire, mais il y a une sorte de « non-fin » qui ne m’a pas plu ! On reste sur sa faim si je puis dire… Sauf, sauf… s’il y a une suite de prévu ?  

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U4. KORIDWEN — Yves Grevet

Koridwen est une jeune bretonne, que l’on va suivre dans cette aventure. Vivre seule, appréhender ce qui l’entoure. Koridwen est touchante, par son côté très sympathique et attentif aux autres. Elle va se faire accompagner dans son périple par son cousin, handicapé mental, qu’elle n’a pas voulu laisser derrière elle. Mais ce qui fait la force de Koridwen, ce sont ses origines. Son nom, donné par sa grand mère, un peu sorcière, et les secrets de cette dernière qui l’aide à s’adapter à ce nouveau monde.

Koridwen va faire de nombreuses rencontres sur sa route, des personnages sympathiques, d’autres moins… mais tous ont un fort potentiel qui donne un véritable peps à cette histoire ! On croisera aussi bien sûr les trois autres héros, mais sans trop en dévoiler sur eux. Juste assez pour avoir envie de lire les autres tomes pour les découvrir, et avoir leur point de vue sur certaines situations.

Le mystère est présent tout au long du livre, et il ne faut pas s’attendre à avoir trop de réponses… mais la fin m’a suffit comme elle est, dans les secrets qu’elle renferme et ceux qu’elle met en lumière !

J’ai maintenant hâte de découvrir les autres personnages, même si j’ai peur qu’ils me plaisent moins.

U4 est une série originale qui tire toute sa force de ses personnages, des personnages que l’on découvre peu à peu, au fil des tomes. Une quadrilogie dystopique prenante qui renferme bien des mystères… et des surprises !

Sophie Hérisson

+ L’avis d’Azilis

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