Manon Fargetton – Autrice

Rencontre avec

MANON FARGETTON

Autrice

A “la petite librairie” d’Hennebont (56)

Le 26 mars 2022

*****

Le 26 mars dernier, Manon Fargetton était venu présenter son dernier roman, “Tout ce que dit Manon est vrai” à la petite librairie d’Hennebont. Un roman autobiographique, et, si je ne dis pas de bêtises, son premier roman en littérature “adulte”.

Sachant que j’allais la rencontrer, je me suis dit que ça serait bien de lui poser quelques questions, sur sa façon de travailler, ses envies, ses projets… Afin de vous la présenter.

Elle a très gentiment accepté de me répondre. Mes questions ne sont peut-être pas toutes très pertinentes, mais je débute dans l’interview ! ;)

*****

Donc, après les questions-réponses des personnes présentes et la séance de dédicaces, je lui ai posé les questions suivantes :

  • D’où viennent vos histoires ? De votre vie, des personnes rencontrées, de l’actualité, de vos lectures ?

Les idées peuvent venir de plein d’endroits différents, j’ai même écrit des romans à partir de rêves que j’ai fait. Ça peut venir d’expériences personnelles, de choses que d’autres personnes te racontent de leur vie, des témoignages que tu lis, des articles de journaux, des livres que tu as lu, des films que tu as vu…

Et puis souvent, ce n’est pas une idée qui donne un roman. Ce sont plusieurs idées qui s’agglomèrent entre elles et qui donnent un roman. On peut aussi être inspiré par une situation aperçue dans la rue !

  • Et comment procédez-vous ? Vous notez les idées dans un carnet pour les reprendre plus tard ?

Les idées vraiment importantes restent dans la tête. Je commence à noter quand je travaille sur l’histoire.

  • Comment choisissez-vous vos personnages ? Ils existent déjà dans un coin de votre tête, ils se développent au fur et à mesure de l’histoire ?

Quand j’ai une idée de roman, je cherche le meilleur personnage possible pour raconter mon histoire. Tout simplement. Celui qui va me permettre de raconter l’histoire que je veux raconter.

  • Comment construisez-vous vos romans ? Avec des carnets pour la prise de notes, les personnages ? Par quoi ça débute ?

C’est d’abord l’histoire. Je peux avoir des envies de personnages qui traînent mais en fait ils vont être les vaisseaux pour raconter l’histoire. Donc je vais chercher les meilleurs personnages possibles, les personnages les plus différents les uns des autres aussi, pour que leur image du monde se confronte et s’influence parfois et c’est à partir de là que se fait le travail préparatoire.

Je me demande comment le personnage va t-il évoluer ? Quels sont ses défauts, ses désirs, ses besoins ?

*****
  • Quels sont vos projets en cours ?

Les tisseurs de rêves, une série jeunesse en cours dont les tomes 3 et 4 vont sortir prochainement (2022/2023), un gros pavé de fantasy adulte qui sort à l’automne (la série s’appellera “Le cycle des secrets“), le 2ème tome est en cours d’écriture et un album jeunesse (avec l’illustrateur Guillaume Bianco) qui sort à l’automne…

  • Vous avez su très tôt que vous vouliez être écrivain ?

Non, je n’imaginais pas du tout en faire un métier. J’écrivais, j’avais un rapport à l’écriture depuis toute petite, un rapport très intime en fait, j’écrivais toute seule dans mon coin, des chansons en particulier. Et à un moment donné j’ai eu envie de partager les histoires que j’avais dans la tête. Et donc je suis venue à la publication. Mais même là, au début, je ne pensais pas en faire un métier ! C’est vraiment venu petit à petit. (Manon se consacre à plein temps à l’écriture depuis 2 ans et demi)

  • Vous imposez-vous un rythme de travail quotidien, des horaires ?

Je ne peux pas vraiment faire ça, parce qu’il y a des jours où je suis en rencontre scolaire, des jours où je suis sur des salons du livre, des jours où j’ai de l’administratif en retard et où il faut que je fasse de l’administratif toute la journée… Donc ce n’est pas aussi simple. Je me fixe plutôt des objectifs par mois, par exemple, je me dis ce mois-ci j’essaie d’écrire “tant de mots”… Je fonctionne plus comme ça.

  • Qu’est-ce que l’écriture pour vous ? Un plaisir, une libération, un jeu, une passion ?

Un plaisir, mais pas tous les jours, il y a des jours où je galère, comme tout le monde, ce n’est pas une entreprise très simple d’écrire un roman donc il y a des fois où on galère, heureusement que c’est quand même un plaisir.

  • Auriez-vous un conseil de lecture ? Un auteur ou un livre que vous aimez particulièrement ou que vous souhaiteriez faire découvrir ?

Déluge d’Henri Bauchau (sur la création)

Merci beaucoup à Manon d’avoir accepté de répondre à mes questions avec autant de gentillesse !

Une conversation qui m’a donné encore plus envie de lire ses romans, je vous en présenterai donc plusieurs dans les prochains mois.

*****

Si vous voulez en savoir un peu plus : Sa page Facebook – Son compte Instagram

Romans de Manon déjà présentés sur ce blog :

Le convoyeur – Monde post-apocalyptique

convoyeurViolence d’un monde post-apocalyptique
BD Ado/Adulte

LE CONVOYEUR

Armand & Roulot

Le Lombard (2021)

*****

Série en cours- 2 tomes parus

T1 : Nymphe – T2 : La cité des mille flèches

*****

Le convoyeur était enfant lorsque la rouille est arrivée. La rouille, cette bactérie qui a modifié le fer, le rendant fragile, friable. Celui présent dans les armatures des bâtiments, des voitures, des armes. Et aussi celui présent dans le sang des êtres vivants, amenant de terribles mutations chez les humains. Pour survivre, certains se sont isolés, d’autres se sont mis en bande pour piller plus facilement ou monnayer leur protection. Le convoyeur, lui, livre des colis ou retrouve des personnes. Et il respecte toujours ses contrats. “Sa parole est sa loi”. En échange, il n’a qu’une seule exigence : que les personnes lui ayant demandé un service avale un œuf…

*****

J’ai bien aimé ce premier tome. Armand est un illustrateur que j’aime beaucoup, tant pour ses paysages souvent dévastés, que pour ses personnages, qui ont de vraies “gueules”. L’univers de cette histoire est sombre mais je crois que c’est une bd qui plaira aux amateurs de westerns tragiques ou de thriller fantastique. Quand au héros de l’histoire, le convoyeur, on a du mal à savoir qui il est en réalité. De quel côté penche t-il ? Le bien, le mal ? Ou est-ce qu’il essaie simplement de survivre comme les autres ? On ne sait pas non plus exactement ce que font ses “œufs” aux personnes qui les avalent… Bref, j’ai hâte de lire la suite, et comme le tome 2 est à côté de moi…

Un univers très sombre, un personnage mystérieux mélange de “cow-boy solitaire” et de Mad Max et un premier tome  qui nous laisse avec de nombreuses questions…

Ajout du 14/10/22 : J’ai été très déçu par le 3ème tome… L’histoire d’amour ne m’a pas convaincue.

https://www.lelombard.com/uploads/actualite/BD-CONVOYEUR-DimitriArmand-TristanRoulot-Extrait-A.jpg

Voir quelques pages (site de l’éditeur)

Illustré par Dimitri Armand, nous vous avons déjà présenté : Texas Jack et Sykes

Le blog de Dimitri Armand (plus en service ?)

Une interview des deux auteurs

Cette semaine nous sommes Au milieu des livres chez Moka

Nina Simone, mélodie de la lutte ♥

NinaNina Simone, mélodie de la lutte

Jeune, douée et noire : l’origine d’une légende

Sophie Adriansen

Coll. Les indomptées

Éd. Charleston (2022)

*****

Lecture Commune avec Blandine

Enna l’a lu avant nous !

*****

Mary Kate est mariée et elle a des enfants. Pour compléter les revenus rapportés au foyer par son mari, elle fait le ménage chez une femme, Mrs Miller. Mary Kate a une fille, Eunice, qui adore la musique et joue du piano. Elle en joue tellement bien que Mrs Miller décide de payer à Eunice des leçons de piano pendant un an.

Dit comme ça, ça paraît banal. Sauf que nous sommes aux États-Unis, en Caroline du Nord, dans les années 40. Que Mrs Miller est blanche et que Mary Kate, sa femme de ménage, est noire. Eunice, grâce à son talent, et à cette femme, va donc avoir la chance de prendre des cours de piano auprès d’un bon professeur. Alors même qu’elle doit manger son sandwich au fromage à l’extérieur du drugstore parce que les Noirs n’ont pas le droit de s’asseoir à l’intérieur…

Eunice, vous l’aurez compris, c’est Nina Simone. Une merveilleuse musicienne (et chanteuse !) qui deviendra la femme engagée que l’on connaît.

*****

Même si j’aime les chansons de Nina Simone depuis très longtemps, je connaissais très peu sa vie.

Dans cette biographie (partielle) qui se lit comme un roman, j’ai appris beaucoup de choses et j’ai été franchement désolée pour elle. Car, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres personnes d’ailleurs, sa vie aurait sans doute été très différente avec une autre couleur de peau.

Et ça, c’est juste terrible ! Car comme dit Maxime Le Forestier “Être né quelque part, pour celui qui est né – C’est toujours un hasard”.

Nina Simone, j’ai eu la chance de la voir en concert à Paris à la fin des années 80. Cadeau de rupture de mon petit ami de l’époque (Salut Thierry !) Je me souviens avoir été assez déçue en la voyant arriver. Elle était très en retard, sa robe était tâchée et elle avait l’air malade. Mais quand elle s’est mise au piano, tout le monde s’est tu.

*****

Extrait : Quand, noirs ou blancs, les individus se rencontrent vraiment, ils peuvent mesurer leur valeur. C’est ce qui s’est passé à la chapelle, un dimanche de cette étrange année 1939, lorsque Mrs Miller est venue écouter Eunice jouer du piano. Elle l’a écoutée véritablement. Pour cela, le mieux est de fermer les yeux. On se rend compte alors que la musique n’a pas de couleur. Elle peut venir de l’âme, elle peut venir du cœur, peu importe, les organes sont identiques chez tous les êtres humains.

L’autrice nous explique en quelques pages à la fin pourquoi elle a choisi d’écrire sur Nina Simone.

Un ouvrage facile d’accès et très agréable à lire, avec des repères sur la société de l’époque.

Ça m’a beaucoup plu !

*****

De Sophie Adriansen déjà présenté sur ce blog : La remplaçante (BD sur la maternité), J’ai passé l’âge de la colo, Je vous emmène au bout de la ligne (témoignage) et Quart de frère – Quart de sœur

Le  site de Sophie AdriansenSon blog – Sa page Facebook – Son Instagram

La chanson qui me hérisse les poils à chaque fois que je l’entends : Strange fruit

 

Nouvelles de littérature japonaise – Manga

Manga adulte

Nouvelles de

LITTERATURE JAPONAISE

Ryoichi Ikegami (ill.)

D’après les œuvres des auteurs cités ci-dessous

Éditions Tonkam (2006)

*****

Ce recueil se compose de cinq nouvelles d’auteurs “classiques” japonais adaptées et illustrées par Ryoichi Ikegami (1944-)

 

Figures infernales de Ryunosuke Akutagawa (1918)

Madame Osei de Ranpo Edogawa (1926)

L’amour de Tojuro de Kan Kikuchi (1919)

La porte de Matsukaze de Shugoro Yamamoto (1940)

L’histoire du donjon de Kyoka Izumi (1917)

 

Ce manga a un sens de lecture “français”. Il y a un sommaire, puis 5 magnifiques illustrations en couleurs (voir la 1ère plus bas à droite). On a ensuite la source des œuvres lors de leur prépublication en BD au Japon (dans Big Comic, entre 1995 et 1997), viennent ensuite les nouvelles, puis une postface de Philippe Marcel clôt ce recueil.

***

Figures infernales de Ryunosuke Akutagawa (1892-1927)

Le seigneur de Horikawa était un homme bon et généreux avec son peuple. Pourtant un jour, il se mit en colère. Yoshidide était un peintre inégalé dans son domaine. Mais c’était un être odieux. Avare, dur, paresseux, cupide, il ne connaissait pas la honte. Il était de plus arrogant et orgueilleux. Le seigneur lui demanda de peindre un paravent sur les figures infernales. Après plusieurs mois, le peintre, qui n’arrivait pas à peindre ce qu’il voulait, fit une terrible demande au seigneur.

La fin de cette histoire est tout bonnement monstrueuse !! Et digne d’un film d’horreur…

Et après avoir lu ce manga, je me suis aperçue que j’avais un recueil de nouvelles “L’iris fou” dans lequel il y en a une de cet auteur “Le tableau d’une montagne”. Je la lirai bientôt.

***

Madame Osei de Ranpo Edogawa, appelée aussi “L’apparition d’Osei”

Ranpo Edogawa (1894-1965) grand admirateur d’Edgar Allan Poe, il est considéré comme l’un des fondateurs principaux de la littérature policière au Japon.

Kakutaro, le mari de Madame Osei, était tuberculeux. Chaque jour, sa femme se maquillait, se faisait belle et sous un prétexte ou un autre, sortait. Et il restait seul. Il savait bien que sa femme était infidèle, mais il refusait de divorcer. Un jour que sa femme était sortie, leur fils demanda l’autorisation d’inviter des amis. Le père accepta et se mit même à jouer avec eux.

Quelque chose va mal tourner, mais quoi et pour qui, vous le saurez en lisant cette nouvelle ! Dont la fin est à peine moins horrible que la précédente…

***

L’amour de Tojuro de Kan Kikuchi (1888-1948)

1697. Un célèbre acteur de Kabuki doit jouer le rôle d’un amant adultère. Or, si c’est un homme à femmes, il n’a jamais couché avec une femme mariée (ce qui est puni de mort). Et il a peur que son jeu s’en ressente. Il va se débrouiller pour arriver à ses fins…

Un homme sans pitié s’il en est !

***

La porte de Matsukaze de Shugoro Yamamoto (1903- 1967)

1670. Parti à Edo à l’âge de 11 ans, un homme revient sur ses terres d’origine pour succéder à son père et être le nouveau Daimyo de la région. Cet homme a un secret. Il est borgne et n’a jamais dit à personne comment c’était arrivé.

C’est une histoire de culpabilité. De fidélité aussi. J’avoue que c’est celle que j’ai le moins aimé !

***

L’histoire du donjon de Kyoka Izumi (1873-1939)

Un des samouraïs du seigneur est chargé d’aller inspecter le 5ème étage d’un donjon. Alors même que personne ne s’y est aventuré depuis plus de 100 ans. L’esprit qui vit là le laisse repartir, mais le prévient de ne jamais revenir sinon il mourra. L’esprit étant une belle femme, devinez ce que va faire le samouraï ?

Une histoire fantastique, pleine de violence (mains coupées au sabre !) mais que j’ai trouvé plutôt belle !

*****

Ryōichi Ikegami est notamment connu pour avoir illustré “Crying Freeman” (avec Kazuo Koike au scénario) et Sanctuary (avec Buronson au scénario).

Je ne suis pas une grande lectrice de mangas, loin s’en faut. J’ai lu quelques Taniguchi (non présentés ici) et aussi :

Kasane, la voleuse de visageCelle que je ne suis pasDans l’abime du temps

Mais je dois dire que celui-ci a vraiment été une excellente surprise !

Tant au niveau des histoires, très bien écrites, que des illustrations, que j’ai trouvé très belles.

Une lecture que je vous recommande vivement.

Cette version-ci ne doit plus être disponible, mais Delcourt en a sorti une nouvelle version avec 8 nouvelles au lieu de 5.  Yuko

***

Cette semaine nous sommes chez Moka Au milieu des livres

*

Un manga qui participe également au Mois du Japon

Chez Lou et Hilde

*

Au tour du monde en 80 jours livres (Japon) chez Bidib

monde

*

au challenge 2022 en classiques ici et chez Blandine

 

*

Ainsi qu’au challenge Les adaptations littéraires chez Lydia