Lundi découverte 22 – Kana (Manga) – Bakuma et Tokyo Home

Kana est une maison d’édition manga qui existe depuis 1996 en France et en Belgique. Elle est affiliée à Dargaud, et a été crée par Yves Schlirf C’est à peut près à cette époque que les manga sont réellement arrivés en France, même s’il on trouvait depuis des années certains mangas cultes comme Dragon Ball, l’offre était assez réduite, et les lecteurs aussi.

        Depuis les mangas sont devenus un parallèle à la bande dessinée, avec presque autant de titres et de lecteurs, surtout chez les jeunes. J’étais au collège quand j’ai commencé à compter des fans dans mes amis, qui m’ont fait découvrir, mais à l’époque pas de manga en CDI ou bibliothèque! Les temps ont bien changé, et même si je lis pas mal de manga, je ne suis pas une aussi grande fan que ma petite soeur ou certains amis et élèves.

Du coup pour alimenter le CDI en séries sympa j’écume les catalogues, et j’attends les conseils… Le titre qui revient le plus souvent ? Naruto bien sûr! Vous connaissez? Et bien voilà, vous connaissez la maison d’édition Kana ! Une incontournable en manga, qu’on aime un peu, beaucoup ou passionnément!

     Kana c’est aussi l’éditeur français de Death Note, Yu gi ohDetective Konan, et pleins d’autres, plus ou moins connus!

     
Kana développe de nombreuses collections, Kana, Dark Kana, Pink Kana, Made In, qui correspondent aux différents types de manga et leur public. Je ne rentre pas plus dans les détails, je risque de m’embrouiller, mais il faut savoir qu’il y a des manga typé garçon, fille, sport, bataille, relations, histoire… La maison d’édition Kana réuni tous les styles pour un catalogue très varié, que je vous laisse découvrir.

Bien que je sois fan de La rose de Versailles (version d’origine du manga Lady Oscar, qui vient juste d’être rééditée) et de Paradise Kiss [je conseille d’ailleurs en collège, mes élèves filles aiment beaucoup!], c’est vers deux autres manga que mon choix c’est tourné aujourd’hui! – manga ou mangas au pluriel? – Pour un peu j’allais dire, un pour garçon, un pour fille, mais en fait ça serait un peu faux, car mes élèves filles ont lu les deux – et les ont aimés-

 

Le premier est de fait facile à conseiller à tous, filles, garçons, fans de manga ou non! Il s’agit de Bakuman de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata. Les noms ne vous disent peut être rien -surtout si vous avez autant de mal que moi à
retenir les noms étrangers- mais il s’agit des auteurs de Death Note… pas vraiment des débutants donc, et pourtant ils traitent un thème qui pourrait le laisser croire : comment devenir mangaka!

Un mangaka est un auteur de manga, qu’il ne fasse qu’écrire, que dessiner, ou qu’il fasse les deux!

En effet dans cette série (5 tomes actuellement parus, le 6ème pour bientôt) on va suivre Mashiro un élève japonais qui possède un véritable don pour le dessin. Une rencontre improbable avec Tagaki le meilleur élève de sa classe va transformer sa passion pour le dessin en obsession, puisqu’ils décident de réaliser un manga… un vrai manga qui pourrait être édité, pas juste un petit cahier pour s’amuser. En suivant ces deux garçons attachants dans leur vie de tous les jours et surtout dans leur rapport au dessin et à l’écriture, on sent toute la difficulté qu’il peut y avoir à faire d’une passion un travail ! Il ne suffit pas d’aimer griffonner dans un coin de cahier en classe pour devenir mangaka… et pourtant cela donne envie!

        Un ensemble très bien mené par des auteurs confirmés, mais qui savent très bien montré les difficultés et les interrogations des débuts ! Des dessins clairs, avec des traits précis et un découpage dynamique qui servent très bien des personnages expressifs, et un scénario qui accroche, grâce à des petits riens en plus, des à cotés à l’histoire principale qui font grandir les personnages et leur détermination…

Les relations entre les personnages sont traités de façon très adolescentes, parfois un peu “faciles” peut être d’un point de vue adulte, mais rien qui ne puisse gêner la lecture !

        Un manga idéal pour les adolescents qui permet de découvrir les coulisses du manga, sans être didactique ou lassant! Pour adolescents ? J’ai été emportée par l’histoire, et il m’est donc facile de le recommander aux adolescents… mais aux adultes aussi ! Pour le moment je n’ai que 3 tomes au CDI, et personne ne s’en lasse, ni les élèves… ni moi! La suite à la prochaine commande!

      Le deuxième titre est plus nettement pour fille, sa couverture annonce tout de suite la couleur.

Tokyo Home de Cyrielle et Thierry Gloris est un one-shot (bonne nouvelle pour les documentalistes ;) passionnant que j’ai dévoré! Dans un format un peu plus grand qu’un manga “de poche”, avec une couverture cartonnée et un sens de lecture “à la française” il permet de s’embarquer dans l’histoire sans presque se
rendre compte que l’on lit un manga (j’ai piégé une élève -shame on me- qui ne voulait pas lire de manga!) et c’est vrai que la différence n’existe pas vraiment entre BD et Manga puisque c’est surtout une question de format et de provenance me semble t-il. Ici nous avons donc affaire à un manga français, mais qui va nous mener tout droit à Tokyo!

La couverture rend moins bien qu’en vrai ici puisqu’elle est à petits points jaune ton sur ton brillants !

Julie Wallon, 17 ans, débarque au Japon afin de prendre un nouveau départ, loin de sa mère et de la France. Elle ne parle pas un mot de japonais, mais ne s’en inquiète pas, puisqu’elle va rejoindre son père qui vit là bas. Sauf que l’arrivée ne sera pas aussi idyllique qu’elle l’espère et sa nouvelle vie pas aussi facile que prévu… Elle va devoir partir à la découverte d’un pays inconnu, loin des idées reçues, et y trouver sa place! Un manga pétillant, plein de la passion et de l’énergie de Julie, de ses découvertes, ses larmes et ses joies, ses amitiés et ses amours… Un ensemble attachant, enrichissant, qui donne la pèche… et envie d’aller voir par soi même! La couverture est à l’image de l’histoire, adorable et dynamique – même si l’intérieur est en noir et blanc – Le dessin de Cyrielle apporte une
touche de candeur et de douceur très enfantine au scénario de Gloris, pour un ensemble qui est un véritable coup de coeur!

Les collégiennes sont aussi fan que moi semble t’il, puisqu’il n’est plus jamais disponible O_ô je n’ai donc pas pu le
relire avant d’écrire cet article :(

Et vous quels sont vos mangas préférés, qu’est ce que vous pourriez me conseiller pour des collégiens ? Je suis encore plus preneuse de One Shot ou de courtes séries, pour ne pas trop les frustrer avec des débuts de séries, car je n’ai pas assez de budget pour tout acheter!

Je ferais un article avec vos propositions s’il n’y en a pas trop, alors autant que possible donner moi les auteurs ou titre complet, indiquez moi quand il s’agit de série, si c’est pour collégiens ou non, et le résumé si vous avez ou le lien vers vos critiques ;)

Nous suivre et partager :

Tout près, le bout du monde de Maud Lethielleux

tout près, le bout du mondeTout près, le bout du monde

de  Maud Lethielleux

Roman adolescent / adulte

Flammarion (Tribal), – 17/11/2010
508 p., 10,00 €
ISBN
978-2-08-124850-2

Thèmes : Adolescence, Famille d’accueil, Reconstruction, Écriture

Avis

Attention coup de coeur !

J’avais aimé Dis oui Ninon, et je vous en ai parlé, mais ce livre est encore au dessus selon moi !coeur.gif Comme toujours ce n’est que mon avis , je suis sensible, et j’aime les livres qui le sont aussi. Comment un livre peut-il être sensible? En mettant en scène des personnages attachants, avec sensibilité à fleur de peau, sans pour autant tomber dans le pathos… Dans ce roman nous suivons Malo, 10 ans, Jul. et Solam 17 ans environ, 3 adolescents ou presque. Ils sont aussi différents que peuvent l’être un jeune garçon de 10 ans à l’autorité parentale extravagante, une jeune fille qui a vécu dans la rue avant de se retrouver à l’hôpital couverte de bleue, et un ado rebelle. Pourtant ils vont se reconstruire côte à côte dans la maison campagnarde de Marlène, “le bout du monde”. Marlène c’est un p’ti bout de femme qui semble bien différente des familles d’accueil habituelles. Elle les accueille avec deux projets : rénover la grange, et écrire, 1 page chaque jour.

Tous les 3 font plus ou moins facilement se plier à ce journal intime, chacun à sa façon.

Pour Malo, c’est un reflet de ce qui se passe autour de lui, avec ses hésitations :

” Moi j’aime bien l’idée du journal.
Il paraît que personne ne lira ce que j’écris alors je peux tout dire, c’est pratique, j’aime bien tout dire quand personne ne peut l’entendre.[…] Je sais pas si je peux parler de Jul et de Solam. Je sais pas si je dois expliquer pourquoi je suis là, toute façon, je suis pas sûr et certain de savoir.”

Jul. écrit d’elle même de toute façon, sous forme de lettre, à celui qu’elle aime :

“Ley.
Je vais partir cette nuit, je ne sais pas où exactement. La seule chose dont je suis sûre  c’est que tu n’auras pas mon adresse. Ils m’ont fait promettre de ne pas te chercher, ni de t’écrire, j’ai dit oui pour avoir la pais mais tu t’en doutes, je n’en pense pas un mot. […]
La ferme, je l’imaginais pleine de monde, une sorte de communauté avec des jeunes qui se passent les pelles à la chaîne. […] Je n’imaginais pas du tout ici ainsi. C’est calme et désert, je regarde par la fenêtre de ma petite chambre et je ne vois que des champs nus, des étendues immenses aux dégradés de vert.”

Quand à Solam, ce n’est pas pour rien un adolescent rebelle, blessé, et son écriture le montre clairement :

” […]Vieille meuf tu fais pitié à voir. T’es misérable dans ton pull de vioque, t’es moche à crever. Tu t’en fous des fautes d’orthographe ? Tu vas être gâtée, grognasse, fallait pas me la faire anti scolaire. Comment tu vas regretter ta décision ! […] Tu veux me connaître, eh ben tu vas me connaître ! Tes champs de bouseux, je vais te les labourer avec les dents tellement j’ai la haine.”

Et c’est la force de Tout près, le bout du monde, puisque que toute l’histoire ne va se dérouler sous nos yeux que grâce à ces trois témoignages de la vie quotidienne. Typo différentes pour chacun, mais aussi écritures différentes, mais qui racontent la même histoire, celle de leur vie, au quotidien ou presque, avec leurs secrets, leurs interrogations, leurs façons d’avancer et de se lier les uns aux autres. Ce sont les omissions qui font de ce livre une histoire aussi prenante,
car on ne découvre que ce que veulent bien nous en dire les personnages !

Ces trois destins liés (et un quatrième sous-jacent) forment un ensemble atypique mais poignant, qui évolue vite mais souvent de façon inattendue… et quelle fin ! Je ne peux vous en dire plus sur ce que j’ai aimé sans vous gâcher le plaisir de la découverte!

Pour ceux qui ont encore besoin d’être convaincu par Tout près, le bout du monde :

– Une histoire prenante

– On aimerait les suivre, les accompagner, les aider

– Ça donne envie d’écrire!

– Un petit prix pour un livre grand format, à la couverture et à l’écriture qui plairont à mon avis tout à fait aux adultes – mais aussi aux adolescents bien sûr –

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

Nous suivre et partager :