Les papillons bleus de Pascal Ruter

Critique parue sur Instagram @herissonfamily

roman papillons bleus ruterLes papillons bleus
1 1940-1942
2 1942-1945

de Pascal Ruter

Didier jeunesse, 2023

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Thèmes : Seconde Guerre Mondiale, résistance, amour, amitié, guerre

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Alors que l’Allemagne a envahi la France, Philippe et Félix vivent tranquillement dans un petit village de France qui ne semble pas touché par cette guerre. Pourtant les nouvelles ne sont pas très bonnes, les gens fuient. Pour notre héros, en vérité, le roman commence de façon plutôt calme en 1940. Son père est mécanicien et il tient son propre garage, sa mère coiffeuse. Pourtant les différentes rencontres qu’il va faire vont peu à peu éveiller sa conscience sur ce monde envahi par les Allemands et qui change.
Sa rencontre avec Esther une jeune juive qui fuit avec ses parents va par exemple lui permettre de découvrir un peu plus les destins tourmentés. Et puis peu à peu il va découvrir les Allemands qui viennent s’installer dans son village et il va comprendre qu’il y a plusieurs façons d’appréhender cela.
À la manière du père de son meilleur ami en collaborant avec les Allemands ou bien à la manière de son père qui sort la nuit et dont il découvre rapidement qu’il fait partie d’un réseau de résistance.
Tout va ensuite s’accélérer et il sera forcé de faire lui aussi un choix. Un choix qui le conduira au fil des pages à aider de nombreuses personnes à passer la ligne de démarcation, mais qui le conduira aussi finalement à fuir. Paris – Marseille – Nice ou la montagne du Vercors, les lieux seront très variés au fil des années de guerre, les situations de plus en plus dangereuses et les liens qui unissent les personnages vont profondément changer au fil des pages.

Ce qui fait la beauté de ce livre c’est finalement justement ces relations, les histoires d’amour qui se créent entre nos personnages qui grandissent, Philippe Félix Jacqueline Esther, tous les quatre vont passer de l’enfance à l’adolescence à l’âge adulte au cours de ces années de guerre, de façon un peu précipitée peut-être mais cela va leur permettre de se découvrir et de découvrir la nature humaine. De bonnes surprises, de mauvaises surprises, énormément de rencontres, des personnages haut en couleur, qui resteront à jamais dans la mémoire de nos personnages et dans celle du lecteur.

J’ai apprécié de vivre la guerre du point de vue de ces personnages qui fuient et qui ne savent pas toujours exactement ce qui peut se passer ailleurs en France ou dans le monde mais qui essayent peu à peu de s’aider entre eux, mais aussi d’aider les autres. Dans ces deux tomes des Papillons bleus, ils seront régulièrement séparés, malmenés, n’auront pas forcément de nouvelles de leur famille, de leurs amis, de ceux qui ont été emmenés en Allemagne ou plus loin, de ceux qui sont peut-être restés dans le village de leur enfance, de ceux qu’ils ont croisé, qui les ont aidé.

Si le récit est totalement inventé par l’auteur, il est immersif et les faits historiques sont eux bien réels. Un chapitre à la fin de chaque livre permet de resituer les personnages qui ont réellement existé.
Nous avons un seul narrateur, du moins au début du livre, mais peu à peu vont s’ajouter les pages d’un carnet que tient Esther, et cela nous permettra de suivre les différents groupes lorsqu’ils vont devoir se séparer tout en laissant malgré tout de nombreux vides. Les semaines passent, les mois passent, parfois les années passent dans ce récit et c’est au lecteur de combler les manques car seuls les événements importants, ceux qui jalonnent notre récit sont finalement vraiment détaillés. Et l’important, c’est ce qui bouleverse nos personnages, c’est ce qui les change à jamais, ce sont les morts, nombreux, les combats, les trahisons et puis c’est l’art aussi : le dessin pour l’un, la musique pour l’autre. Des choses qui vont profondément les guider tout au long de ces années de guerre et qui en font des enfants, des adolescents comme les autres.

La Seconde Guerre mondiale est une période historique riche pour laquelle on trouve déjà de nombreux récits mais j’ai apprécié ce point de vue d’adolescent qui ne s’appesantit pas sur les événements, sur les camps de concentration mais parle plus du quotidien des Français et de la résistance.
Le deuxième tome de cette dualogie vient de paraître, le tome 1 lui ne date que de cet été. Attention il est grandement impossible de s’arrêter à la fin du premier tome, et je suis bien heureuse d’avoir pu enchaîner les 2 pour suivre les destins bouleversés de nos 4 héros!

Ces Papillons bleus sont des romans prenants, relativement faciles à lire malgré les narrations croisées et les ellipses, qui devraient plaire aux collégiens !

Les lecteurs sont arrivés en cherchant :

HINTERLAND – T1

Hinterland
Une fratrie à la recherche de son passé…
A partir de 13 ans (éditeur)

HINTERLAND

T1 : Le secret de Sanarshel

Andrew Bonzon

Illustrations de Myrtille Vardelle

Éditions Novel (2023)

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La sortie du tome 2 est prévue pour avril 2023

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Marcel, Billie, Colin et Esther habitent une étrange demeure. Il s’agit d’un arbre creux, dont la partie qui donne sur la rue est couverte d’une façade tout à fait normale. Ils vivent seuls (ou presque ! Il y a quand même Hermès, petit dieu aux pouvoirs limités et un automate qui fait la cuisine). Ce jour-là, ils sont interpellés par leurs parents (ils sont morts mais apparaissent parfois dans un tableau) qui leur demandent de partir à la rescousse de leur grand-oncle Arcadius, le gardien de Sanarshel dont ils sont sans nouvelles…

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La couverture, déjà, attire le regard ! Bleue foncée, presque violette, avec des circonvolutions florales brillantes. Elle est gaufrée (légèrement en relief) et dorée. Bref, très jolie ! Une 2ème chose m’a interpellée, c’est le nom de l’auteur… Bonzon, ça me disait quelque chose ! Évidemment, je pensais à Paul-Jacques Bonzon, l’auteur jeunesse connu surtout pour la série “Les six compagnons“. Andrew est son petit-fils et “Hinterland” est son premier roman jeunesse.

Mais revenons au roman… Qui m’a bien plu ! C’est le premier tome d’une trilogie, donc on fait connaissance avec les personnages principaux, l’endroit où ils vivent (très spécial, mais ça me plairait bien !) et on commence à cerner les contours de l’histoire. Pour autant, on n’a pas le temps de s’ennuyer, les péripéties s’enchainent.

Bref, c’est une lecture que j’ai trouvé tout à fait plaisante ! Et qui parle de la mémoire et de l’importance de la transmission pour éviter de refaire les erreurs du passé. Il y a un petit côté “Steampunk” avec les machines bricolées par Marcel, un petit côté mythologie aussi (avec les “petits” dieux) et le tout fait un peu penser à un conte

Mon seul bémol concerne l’âge indiqué par l’éditeur. Je pense qu’il peut tout à fait se lire à partir de 10/11 ans.

“En apparence, c’est une maison. La plus étroite et, dit-on, la plus ancienne de Paris. Quatre pièces, une par étage, une par enfant. Une maison tout en hauteur, comme une tour, si vous préférez. Mais il faut apprendre à se méfier des apparences. Pour ceux qui savent observer, la porte raconte déjà beaucoup.

Une porte sculptée selon les règles des meilleurs ébénistes de la ville, ornée de plusieurs scarabées en métal, eux-mêmes entourés de libellules en nacre qui offrent les soirs de pleine lune une lumière troublante. Et si vous fixez intensément cette porte, peut-être verrez-vous bouger ces bestioles.”

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Un autre avis chez Lirado (qui a été déstabilisée par le fait qu’on ne sache pas à quelle époque se déroule l’histoire, moi ça ne m’a pas gênée !)

Un autre roman pour la même tranche d’âge qui parle de la mémoire également : Le tome 1 de “Mémoires de la forêt

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LE TEMPS DES ROMAINS vu par un ado

100% Bio
Des docs qui se lisent comme des romans

LE TEMPS DES ROMAINS

VU PAR UN ADO

et par sa cousine !

Julien Hervieux

Illustrations de Robin Raffalli

Poulpe Fictions (2021)

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Maxime, 13 ans, est en vacances à Naples, dans le sud de l’Italie. Il est venu, comme il dit, pour des vacances “pâtes bolos et pieds dans l’eau”. Son rêve dans la vie ? Devenir pompier ou footballeur. Alors il est carrément ravi d’être en Italie, le pays des super clubs de foot !

Mais sa cousine Giulia va lui faire faire un voyage dans le temps. Elle va l’emmener visiter Pompéi. Pourtant pas fan d’histoire à l’école, le garçon va se passionner pour la Rome antique et la vie des romains.

Avec cette visite et à l’aide de sa cousine (qui veut devenir archéologue) il va apprendre des tas de choses. Comment vivaient les romains, comment étaient leurs maisons, leur façon de manger, de se laver, de faire les courses ou de la politique… Et comment ils s’amusaient aussi !

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Présenté comme une suite de vidéo youtube réalisé par le jeune garçon, ce docu-roman ou roman documentaire est facile et très agréable à lire. Plein d’anecdotes et d’humour, on y apprend une foule de choses sur les romains et leur quotidien. Ainsi que sur  la naissance de Rome et le déclin de l’Empire romain. C’est vraiment intéressant et ça donne franchement très très envie d’aller en Italie !! (Pompéï, Rome, j’arriiiive !!!)

De nombreuses illustrations rigolotes et des photos en noir et blanc agrémentent les pages. Et sur le site de Poulpe fictions, il y a des bonus en vidéo pour en savoir plus.

Et, même si je ne suis pas le public visé, j’ai vraiment apprécié ma lecture !

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Dans cette collection 100% Bio, nous vous avons déjà présenté : Les femmes de sciences vues par une ado et Cléopatre vue par une ado

Ce docu-roman ado est arrivé 2ème de sa catégorie (Romans 6è/5è) lors du Prix Littérature Jeunesse Antiquité

Péristyle et piscine de la maison des Vettii à Pompéi

BNF Passerelles La maison romaine

Seul sur la mer immense

seulRoman à partir de 11 ans

Seul sur la mer immense

Michael Morpurgo

Traduit de l’anglais par Diane Ménard

Folio Junior

Gallimard Jeunesse (2012 / vo 2006)

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LC avec Isabelle (Une ribambelle d’histoires)

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Au début de cette histoire, Arthur Hobhouse nous parle de son enfance. Enfance dont il ne connaît pas les débuts. Il a forcément eu un père et une mère, mais ne s’en souvient pas. Cependant, il sait qu’il n’était pas seul, qu’il avait une sœur, Kitty. Et il sait aussi qu’il est né vers 1940 du côté de Bermondsey, à Londres.

Son seul souvenir de l’Angleterre, c’est le jour de son départ. Avec une douzaine d’autres enfants, ils sont embarqués sur un grand paquebot qui a trois cheminées rouge vif. On les emmène en Australie. Il y a trois choses qui empêchent Arthur de désespérer : La clé qu’il a autour du cou, donné par sa sœur Kitty, une chanson qu’il adore et la mer immense autour de lui.

Arrivé en Australie, il va vivre des années difficiles. Puis de très belles années. D’autres années difficiles encore… Une vie quoi, avec ses hauts et ses bas, des bas parfois très bas. Il finira par se marier, fonder une famille et transmettre sa passion de l’océan. Retrouvera t-il ses origines ? Sa sœur Kitty existe t-elle ? Rentrera t-il en Angleterre ? Autant de questions dont vous aurez les réponses en lisant ce beau roman !

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C’est un roman vraiment difficile à lâcher une fois commencé. On passe par toutes les émotions au fil des chapitres. La colère, le dégout, l’indignation, la tristesse puis la joie. La surprise et la tristesse de nouveau, le soulagement enfin… C’est une vie avec des hauts et des bas, mais une vie pas franchement facile…

Mais c’est très bien écrit, ça ne laisse pas indifférent (oui, j’ai pleuré !), ça transporte ! Et c’est tout le pouvoir magique d’une belle écriture et d’une belle histoire.

A lire bien sûr !
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Une lecture qui donne envie d’écouter “London Bridge is Falling Down” et de lire “Le Dit du Vieux Marin” (1798) de Samuel Taylor Coleridge.

Du même auteur également présentés sur ce blog : Soldat Peaceful , Le plus grand peintre du monde, Notre Jack, Cheval de guerre et Jeanne d’Arc

Le site de Michael Morpurgo

C’est ma 3ème participation au Mois Anglais (groupe FB)

Chez Lou et Titine

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